vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2404973 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (2) |
| Avocat requérant | PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, et des pièces enregistrées le 7 août 2024, M. A B, représenté par Me Perez, demande au tribunal :
1) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a refusé de renouveler son droit au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin, dans un délai d'un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", subsidiairement, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et sous astreinte de 50 euros par jour, et de lui délivrer, durant l'instruction, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxes au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
Sur le refus de renouvellement du titre de séjour :
- son droit d'être entendu a été méconnu ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle se fonde sur une décision illégale ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Sur le pays de renvoi :
- la décision se fonde sur une décision illégale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision se fonde sur une décision illégale ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, et au rejet du surplus de la requête. Elle soutient d'une part que la décision d'interdiction de retour a été retirée par un arrêté du 9 septembre 2024, d'autre part que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
En application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le président du tribunal a désigné Mme Merri pour statuer sur les litiges visés par cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Merri, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né en 1980, est entré en France le 28 mars 2022. Le 23 mai suivant, il a sollicité l'asile. Sa demande a été rejetée comme irrecevable par l'Ofpra le 7 février 2023, puis par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 9 avril 2024. Par un arrêté du 18 juin 2024, dont le requérant sollicite l'annulation, la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de son éloignement, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Sur l'admission au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce et en raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre le requérant au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
3. Il ne ressort ni de la décision en litige, ni des pièces du dossier, que M. B ait sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement contester la légalité d'un refus de délivrance de titre.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé au point 3 que le requérant ne saurait exciper de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour au soutien des conclusions en annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire.
5. En deuxième lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est dès lors régulièrement motivée. En outre, il ne résulte d'aucun des termes de la décision contestée que celle-serait entachée d'un défaut d'examen, y compris sous l'angle de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète n'étant pas tenue à peine d'irrégularité de se prononcer d'office sur ce fondement.
6. En troisième lieu, M. B soutient que la préfète du Bas-Rhin a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est présenté comme étant célibataire, et père d'un enfant majeur résidant hors du territoire. S'il soutient vivre en concubinage avec une ressortissante française, et qu'un enfant est né de cette union le 30 novembre 2022, le lien de filiation avec cet enfant ne saurait se déduire de la seule circonstance que ce dernier a le même patronyme que le requérant. M. B ne justifie pas davantage contribuer à l'entretien et l'éducation de cet enfant. De la même manière, la relation qu'il entretient avec une ressortissante française n'est justifiée que par une attestation sur l'honneur des intéressés, et deux attestations de témoins établies en juin et juillet 2024. Concernant sa situation professionnelle, l'emploi occupé par l'intéressé dans le secteur du nettoyage professionnel, au demeurant non justifié, ne permet pas d'établir une stabilité ni même une qualification professionnelle particulière. Les qualifications professionnelles et diplômes dont se prévaut M. B ne sont pas démontrés. Dans ces conditions, l'atteinte excessive que porterait la décision contestée au droit du requérant à une vie privée et familiale normale n'est pas établie. Le moyen doit être écarté, de même que, pour les mêmes motifs, celui de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne le pays de destination :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision en litige.
8. En second lieu, si M. B soutient qu'il serait exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à un risque de traitements inhumains et dégradants, il ne justifie d'aucun élément de nature à établir ce risque. S'il démontre, par les pièces qu'il produit dans la présence instance, ne plus bénéficier d'une protection par les autorités roumaines au titre de l'asile, cette circonstance seule, qui ne permettrait qu'un réexamen de sa demande d'asile par les autorités françaises, n'a pas d'incidence sur la légalité de la décision contestée. Dans ces conditions, le moyen tenant à la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :
9. La préfète du Bas-Rhin a justifié du retrait de la décision en litige, intervenu le 9 septembre 2024. En l'absence de toute nouvelle observation du requérant postérieure à la communication des conclusions présentées par la préfète aux fins de voir prononcer le non-lieu à statuer, il y a lieu d'accueillir cette exception.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées aux fins d'injonction et celles relatives à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1 : M. B est admis au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 18 juin 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Perez et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 25 octobre 2024.
La magistrate désignée,
D. MERRI
La greffière,
V. IMMELÉ
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026