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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2405190

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2405190

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2405190
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantGRÜN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Grün, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou subsidiairement une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; à défaut, d'enjoindre au préfet de la Moselle de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 900 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, moyennant la renonciation de son avocate à percevoir la contribution versée par l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en méconnaissance du droit à être entendu et du principe général du droit de l'Union européenne du respect des droits de la défense ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen préalable et particulier de sa situation ;

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant retrait du délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le préfet de la Moselle aurait dû lui octroyer un délai de départ volontaire ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Dulmet, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant albanais né en 2002, a été admis au centre départemental de l'enfance par une ordonnance de placement provisoire du parquet de Metz du 14 aout 2018, à l'âge de 15 ans et 10 mois. Il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) de la Moselle en qualité de mineur étranger non accompagné. Son placement a été confirmé par jugement en assistance éducative du 21 janvier 2019. Le juge des tutelles du tribunal de grande instance de Metz a déféré sa tutelle au président du conseil départemental de la Moselle par ordonnance du 25 avril 2019. M. A a, par la suite, sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 13 décembre 2023, dont M. A demande l'annulation, le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an.

Sur le moyen commun aux décisions portant refus de titre et obligation de quitter le territoire français :

2. Par un arrêté du 6 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la Moselle du même jour, le préfet de la Moselle a donné délégation à M. Richard Smith, secrétaire général de la préfecture, pour signer toutes décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions attaquées. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit dès lors être écarté.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions contestées :

3. Les décisions contestées comportent l'énoncé précis de l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent respectivement le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article aux termes de de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire (), l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A, résidant en France depuis au moins l'année 2018, a obtenu un diplôme en langue française en 2019 et un certificat d'aptitude professionnelle en hôtellerie en 2021. Le requérant produit en outre une attestation d'employeur relative à un emploi d'ouvrier du bâtiment occupé depuis le 27 septembre 2021, établie en 2023, et non assortie de fiches de paie, ainsi qu'un avis d'imposition établi en 2023, portant sur des revenus de 2020, et ne mentionnant pas de revenu. Si l'avis de la structure qui l'accueillait quant à son insertion dans la société française n'est pas produit, il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 12 mai 2021 par le tribunal pour enfant de la cour d'appel de Metz à accomplir un stage de citoyenneté et au paiement d'une amende de 135 euros et de dommages et intérêts pour des faits de violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité lors de manifestation sur la voie publique, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et des faits de dégradation ou détérioration du bien d'autrui aggravé par deux circonstances lors de manifestation sur la voie publique. M. A n'apporte aucun autre élément relatif à son insertion dans la société française et aux liens personnels qu'il entretient avec la France. Il est par ailleurs constant que l'intéressé a conservé des liens affectifs et des contacts réguliers avec l'ensemble de sa famille restée en Albanie. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le préfet de la Moselle a pu rejeter la demande titre de séjour de M. A sans méconnaître les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".

7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Moselle ait été saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'il ait entendu refuser de délivrer un titre de séjour sur ce fondement à M. A. Par suite, M. A ne saurait utilement soutenir que le refus d'admission au séjour méconnaît ces dispositions.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. S'il est constant que M. A, entré sur le territoire français à l'âge de 15 ans, résidait en France depuis au moins cinq ans à la date de la décision contestée, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il y aurait noué des liens personnels d'une particulière intensité, alors qu'il est constant qu'il n'est pas dépourvu d'attaches en Albanie, où résident ses parents et sa fratrie, avec lesquels il entretient des liens téléphoniques réguliers. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision par laquelle le préfet de la Moselle a refusé d'admettre M. A au séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

10. En quatrième lieu, eu égard aux éléments évoqués aux points 5 et 9 du présent jugement, M. A ne démontre pas que le refus d'admission au séjour qui lui a été opposé emporte, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; (). ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. (). ". Enfin, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

12. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

13. Alors que la décision attaquée fait suite à une demande de titre de séjour présentée par l'intéressé, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A ait sollicité en vain un entretien auprès des services préfectoraux, ni qu'il ait été empêché de présenter spontanément des observations ou documents avant que ne soit prise la décision portant obligation de quitter le territoire français. En outre, il ne démontre pas qu'il a été privé de faire valoir des observations et éléments qui auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement avant que cette mesure ne soit prise à son encontre. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

14. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Moselle n'aurait pas procédé à un examen circonstancié de la situation de M. A avant de prendre la décision contestée.

15. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

16. En quatrième lieu, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 9 et 10 du présent jugement.

Sur les moyens dirigés contre " la décision portant retrait de délai de départ volontaire " :

17. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet de la Moselle a accordé à M. A un délai de départ volontaire de trente jours. En l'absence de toute décision portant refus de délai de départ volontaire dans l'arrêté du 13 décembre 2023, les moyens dirigés par M. A contre une telle décision sont tous inopérants.

Sur l'autre moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :

18. Si M. A soutient que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit cette allégation d'aucune explication ni d'aucun élément de nature à l'établir. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

19. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français./Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français.. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français./ Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11".

20. Ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, qui résidait en France depuis au moins cinq ans à la date de la décision attaquée, aurait noué des liens personnels ou familiaux avec le territoire français. Dans ces conditions, et alors même que le comportement du requérant, qui n'a fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement antérieure ne peut être regardé comme représentant une menace actuelle pour l'ordre public, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'est pas entachée d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation. Elle ne méconnaît pas davantage, pour les mêmes motifs, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins injonction et ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Grün et au préfet de la Moselle.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Dulmet, présidente,

- Mme Malgras, première conseillère,

- Mme Perabo Bonnet, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 novembre 2024.

La présidente-rapporteure,

A. DULMET

L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,

S. MALGRAS

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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