mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2405195 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GUEDDARI BEN AZIZA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 18 et 23 et
24 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Gueddari Ben Aziza, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 juillet 2024 par lequel le préfet de la Côte d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Côte d'Or de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les quinze jours de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 janvier 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions contestées :
- l'auteur des décisions était incompétent pour les édicter ;
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- elles lui ont été notifiée dans une langue qu'il ne comprend pas ;
Sur l'obligation de quitter le territoire :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit car il a demandé l'asile en Suisse en 2023 et il entre dès lors dans le champ d'application de l'article 18 du règlement (UE) n°604/2013 et non celui de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'accord franco-algérien n'est pas mentionné ;
- la décision contestée est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le droit d'être entendu ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 ;
Sur la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- il ne présente pas de risque de fuite ;
-elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
Sur la fixation du pays de renvoi :
- la décision contestée est contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il ne peut être renvoyé dans son pays d'origine tant que sa demande d'asile n'a pas été rejetée ;
-elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste et disproportionnée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, le préfet de la Côte d'Or conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé et demande au tribunal de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application de l'article
L.761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code des relations entre le public et l'administration ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Weisse-Marchal en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Weisse-Marchal, magistrate désignée ;
- les observations de Me Gueddari Ben Aziza, avocate de M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Elle fait valoir, en outre, qu'il y a un défaut d'examen sérieux car M. A serait demandeur d'asile en Suisse et devrait dès lors se voir appliquer l'article 18 du règlement (UE) 604/2013. Elle soutient également que la décision attaquée méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en le renvoyant dans son pays d'origine. Elle affirme enfin que l'arrêté contesté est entaché d'erreur d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article
L. 611-1 (5°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car le comportement de l'intéressé, qui n'a jamais été condamné, ne constitue pas une menace à l'ordre public au sens de ces dispositions ;
- et les observations de M. A, assisté de Mme C, interprète en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien, né le 30 janvier 1988 déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français en 2021. Interpellé et placé en garde à vue
le 16 juillet 2024 par les services de police de Dijon pour des faits d'" utilisation frauduleuse de carte bancaire " et" recel de bien provenant d'un vol ", il a fait l'objet d'un arrêté pris
le 17 juillet 2024 par le préfet de la Côte d'Or l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans, qu'il conteste par la présente requête. Par décision du même jour, le préfet de la Côte d'Or a ordonné son placement en rétention administrative. Par une ordonnance du 22 juillet 2024, confirmée par la Cour d'appel de Colmar le 23 juillet 2024, le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention administrative de l'intéressé au centre de rétention de Geispolsheim pour une durée de 28 jours.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Il y lieu, dans les circonstances de l'espèce, et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.
Sur les moyens communs aux décisions contestées :
4. En premier lieu, par un arrêté du 18 janvier 2024, publié le 22 janvier 2024 au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Côte-d'Or a délégué sa signature à M. Mougenot, secrétaire général de la préfecture et, en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à Mme Ghayou, secrétaire générale adjointe, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figure pas l'arrêté attaqué. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. Mougenot n'aurait pas été absent ou empêché le 17 juillet 2024, date à laquelle a été signé l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme Ghayou n'était pas compétente pour signer l'arrêté contenant la décision contestée manque en fait et doit ainsi être écarté.
5. En deuxième lieu, les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen de la situation particulière de M. A au regard des stipulations et des dispositions législatives et réglementaires applicables. L'intéressé fait valoir que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen sérieux car il ne prend pas en considération le fait qu'il aurait informé le préfet avoir sollicité l'asile en Suisse en 2023. Toutefois, si M. A dit être demandeur d'asile en Suisse, il ne produit aucun document en attestant, faisant valoir à l'audience, sans toutefois l'établir, qu'il aurait donné son attestation de demandeur d'asile aux services de police de Dijon lors de son interpellation alors qu'il ressort du formulaire de renseignement administratif éloignement signé par l'intéressé qu'il n'avait aucun document en sa possession lors de son audition et qu'il n'a pas souhaité faire d'observations lorsqu'il a été informé de la possibilité de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une assignation à résidence ou d'un placement en rétention administrative. Par suite les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen sérieux ne sont pas fondés et doivent être écartés.
6. En troisième lieu, les conditions de la notification de l'arrêté contesté sont sans effet sur sa légalité, de sorte que le moyen tiré de l'irrégularité de la notification ne peut qu'être écarté.
Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () ".
8. En deuxième lieu, si le requérant soutient que la décision est entachée d'erreur de droit dès lors qu'étant demandeur d'asile en Suisse, il ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire, il n'établit pas avoir sollicité l'asile en Suisse. Il s'ensuit que ce moyen doit être écarté ainsi que celui tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013.
9. En troisième lieu, il ressort des termes de la décision contestée que le préfet, qui s'est limité à mentionner en tant qu'élément de contexte le fait que le requérant avait été découvert en situation irrégulière par les services de police de Dijon suite à une infraction pour des faits d'utilisation et de recel d'une carte bancaire, ne s'est pas fondé sur l'article
L. 611-1 (5°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour adopter la décision contestée. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent donc être regardés comme inopérants.
10. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été informé de ce que le préfet envisageait de prendre à son encontre une mesure d'éloignement et n'a pas souhaité présenter des observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu n'est pas fondé et doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces dernières stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
12. Le requérant se borne à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions susmentionnées sans assortir ce moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit aussi être écarté.
13. En sixième et dernier lieu, si le requérant fait valoir que l'accord franco-algérien n'a pas été visé ni appliqué, d'une part, le défaut de visa est inopérant, et, d'autre part, il n'invoque aucune de ses stipulations qui aurait permis de lui conférer un droit au séjour dont l'examen aurait été omis par le préfet de la Côte d'Or. Au surplus, les mesures d'éloignement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ont, en l'espèce été mises en œuvre, sont applicables aux ressortissants algériens.
Sur l'absence de délai de départ volontaire :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ".
15. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui déclare être en France depuis 2021, est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a jamais sollicité la délivrance d'un titre de séjour. En outre, il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement sans délai assortie d'une interdiction de retour de trois ans en date du 26 novembre 2022 à laquelle il n'a pas déféré et il a déclaré ne pas vouloir quitter la France lors de son audition administrative. Par suite, quand bien même le comportement de l'intéressé ne constituerait pas une menace pour l'ordre public, le préfet pouvait légalement, en application des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des 1° et 4° de l'article L. 612-3 du même code refuser d'accorder un délai de départ volontaire. Il s'ensuit que le moyen ne peut qu'être écarté.
16. En second lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
Sur la fixation du pays de destination :
17. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
18. Le requérant se borne à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions susmentionnées sans assortir ce moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des termes de la décision contestée, qu'elle n'a pas pour effet d'obliger le requérant à retourner dans son pays d'origine dès lors qu'elle l'autorise à rejoindre tout pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.
19. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté pour le motif exposé au point 8.
20. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
22. Il résulte des termes de la décision que, pour la prononcer, le préfet s'est fondé sur la circonstance selon laquelle aucun délai de départ volontaire n'était accordé au requérant et qu'il ne justifiait pas de circonstance humanitaire particulière. Pour fixer le délai de l'interdiction de retour, il a tenu compte du fait que le requérant dispose d'attaches personnelles familiales dans son pays d'origine alors qu'il ne justifie pas de liens personnels anciens, intenses et stables en France, qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement et n'a fait aucune démarche pour régulariser sa situation et qu'il est sans emploi, ni ressources stables.
Il a également considéré que son comportement constituait une menace à l'ordre public eu égard à son interpellation et son placement en garde à vue pour des faits de recel et d'utilisation de carte bancaire volée mais aussi en raison de ses antécédents judiciaires qui font apparaître qu'il a été mis en cause pour des faits de vol aggravé en 2022 et 2023. Dans ces circonstances,
M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation et est disproportionnée.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 juillet 2024 par lequel le préfet de la Côte d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais liés au litige. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par l'Etat au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions du préfet de la Côte d'Or au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Gueddari Ben Aziza et au préfet de la Côte d'Or. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
La magistrate désignée,
C. Weisse-MarchalLa greffière,
R. Van Der Beek
La République mande et ordonne au préfet de la Côte d'Or, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026