lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2405286 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU MW (6) |
| Avocat requérant | AARPI L'ILL LÉGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Thallinger, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de son éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de faire supprimer sans délai son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil ou, à défaut d'aide juridictionnelle, 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la signataire, Mme D, ne justifie pas d'une délégation de la préfète régulièrement publiée, écrite et spéciale ;
- elle est entachée d'une insuffisante motivation en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ; elle ne mentionne pas son enfant né en France ; elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et individuelle et notamment de l'existence de circonstances humanitaires ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et de disproportion ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur le délai de départ volontaire :
- la signataire, Mme D, ne justifie pas d'une délégation de la préfète régulièrement publiée, écrite et spéciale ;
- la motivation est insuffisante en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est illégale par la voie de l'exception.
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
- la signataire, Mme D, ne justifie pas d'une délégation de la préfète régulièrement publiée, écrite et spéciale ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la signataire, Mme D, ne justifie pas d'une délégation de la préfète régulièrement publiée, écrite et spéciale ;
- la motivation est insuffisante en méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étranger et du droit d'asile ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étranger et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 août 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative et de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 3 septembre 2024 à 11 heures :
- le rapport de M. E, magistrat-désigné.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'arrêté dans son ensemble :
1. Par un arrêté du 13 juin 2024 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 14 juin 2024, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à Mme D, à l'effet de signer les mesures en matière de police des étrangers dans des conditions qui ne sont pas contestées. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en cause manque en fait et doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, il ressort de la décision qu'elle est motivée en droit et en fait et que la préfète a procédé à un examen particulier et attentif de la situation personnelle du requérant.
3. En deuxième lieu, M. A, de nationalité pakistanaise, né en 2001, est, selon ses déclarations, entré en France le 29 juillet 2023. Il est célibataire et sans enfant à charge et vit en France de manière isolée sans liens familiaux ou privés particuliers, ni ressources pérennes, ni logement stable. Il ne justifie pas ne plus avoir aucunes relations familiales ou personnelles dans son pays d'origine qu'il vient de quitter et où il affirme que vit sa famille proche. Dans ces conditions, la décision ne porte pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et n'est pas contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales Pour les mêmes motifs elle n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. En troisième lieu, l'obligation de quitter le territoire n'a pas été prise en application d'une autre décision, le moyen tiré de l'exception d'illégalité est inopérant et doit être écarté.
Sur le délai de départ volontaire :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de son irrégularité soulevé par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision qu'elle mentionne les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée en application de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
7. En troisième lieu, l'obligation de quitter le territoire français, étant régulière, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de son illégalité, doit être écarté.
8. En quatrième lieu, le requérant ne fait valoir aucun élément ni circonstances propres susceptibles de rendre nécessaire, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur au maximum légal de trente jours fixé par l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui a transposé l'article 7 de la directive 2008/115/CE. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut, dès lors, qu'être écarté.
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de son irrégularité soulevé par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
10. En second lieu, M. A qui, au demeurant, s'est vu opposer un rejet de sa demande de protection internationale par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, n'apporte aucun élément probant sur les risques réels et personnels qu'il courrait en cas de retour au Pakistan. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés doit être écarté.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de son irrégularité soulevé par la voie de l'exception à l'encontre de la décision lui interdisant le retour doit être écarté.
12. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision qu'elle mentionne les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée en application de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En troisième lieu, en se limitant à faire valoir l'erreur de droit et l'erreur manifeste d'appréciation sans apporter aucun élément précis démontrant la particularité de sa situation, le requérant, qui, entre autres, est depuis très peu de temps en France et n'y a aucune relation personnelles ou familiales intenses, ne conteste pas sérieusement l'interdiction de retour, ni sa durée d'un an, prise à son encontre en application des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision n'est ainsi entachée ni d'une erreur de droit, ni d'une erreur manifeste d'appréciation, ni de disproportion.
14. Il résulte de ce qui précède que, M. A étant admis provisoirement à l'aide juridictionnelle, ses conclusions à fin d'annulation et, par voie de de conséquence à fin d'injonction et d'application des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 septembre 2024
Le magistrat désigné,
M. E
Le greffier,
B. Delage
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2405286
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026