mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2405448 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Merri pour statuer sur les requêtes visées aux articles L. 922-2 et L. 555-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Merri, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 1er août 2024.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante albanaise née le 2 janvier 1998, est entrée en France
le 4 décembre 2023. Le 19 juillet 2024, elle a présenté une demande d'asile en France, laquelle a été enregistrée en procédure accélérée. Par une décision du 19 juillet 2024, dont la requérante sollicite l'annulation, l'OFII a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, au motif qu'elle n'avait pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai de 90 jours suivants son entrée sur le territoire français.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
3. Eu égard à l'urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme A à l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de la décision du 19 juillet 2024 :
4. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. " Et aux termes de l'article L. 531-27 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : () / 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France () ".
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision contestée vise l'article L. 551-15 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique explicitement que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est refusé à la requérante au motif qu'elle n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai de 90 jours suivants son entrée en France. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision est entachée d'insuffisance de motivation.
6. En deuxième lieu, il est constant que Mme A a fait l'objet d'un entretien en vue de l'évaluation de sa vulnérabilité le 19 juillet 2024, conduit en langue anglaise par un auditeur de l'OFII. Elle a déclaré, au cours de cet entretien dont elle a signé le compte-rendu, être hébergée de façon précaire par une connaissance, et ne souffrir d'aucun handicap ni problème de santé. Il ne ressort pas de cet entretien que Mme A ait déclaré être enceinte ni présenté de certificat en ce sens. Le moyen tenant au défaut d'examen sérieux de sa situation ne peut ainsi qu'être écarté.
7. En troisième lieu, pour refuser à la requérante le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est fondée sur la circonstance que Mme A, entrée en France le 4 décembre 2023, avait sans motif légitime, déposé tardivement sa demande d'asile le 19 juillet 2024. Si Mme A se prévaut de sa méconnaissance des dispositions réglementaires et de la circonstance que son ancien compagnon lui avait assuré avoir entamé des démarches en vue de lui obtenir un titre de séjour, ces circonstances ne constituent pas un motif légitime justifiant le dépôt de sa demande d'asile plus de six mois après son arrivée en France, et alors que l'intéressée ne justifie d'aucune démarche depuis le mois de mai 2024, au cours duquel elle soutient avoir été laissée livrée à elle-même. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la requérante, il n'appartenait pas à l'OFII de rechercher si Mme A disposait d'un motif légitime pour déposer tardivement sa demande. Il incombait à l'intéressée de produire spontanément au soutien de sa demande tout élément de nature à justifier de ce délai. Ainsi, et en tout état de cause, la demande d'asile présentée le 19 juillet 2024 était bien tardive. C'est dès lors à bon droit et sans entacher cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation que la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu refuser pour ce motif à Mme A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / Lors de l'entretien personnel, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. " Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. " Ces dernières dispositions énumèrent, de manière non limitative, des catégories de demandeurs d'asile pouvant être regardées comme particulièrement vulnérables.
9. Si Mme A soutient que l'OFII n'a pas procédé à l'évaluation de sa vulnérabilité alors qu'il y était tenu d'une part au regard de son état de grossesse, d'autre part compte tenu des violences qu'elle a subies dans son pays d'origine, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée ait mentionné ces informations lors de l'entretien mené le 19 juillet 2024. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation de sa vulnérabilité doivent être écartés.
10. En cinquième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII se soit estimé en situation de compétence liée pour refuser à la requérante le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en raison de la tardiveté de sa demande d'asile. Ainsi qu'il a déjà été dit,
Mme A n'a fait valoir, ni lors de son entretien du 19 juillet 2024, ni postérieurement, aucun élément de nature à justifier d'une particulière vulnérabilité justifiant l'octroi partiel des conditions matérielles d'accueil aux demandeurs d'asile.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par
Mme A ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 :Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Elsaesser et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 août 2024.
La magistrate désignée,
D. MerriLa greffière,
R. Van Der Beek
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026