lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2405490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 26 juillet et
6 août 2024, la société Poney Parc, représenté par la Selarl Soler Couteaux et Associés, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 18 juillet 2024 par lequel
le maire de Blodelsheim a prononcé la fermeture du Poney Parc jusqu'à la mise en sécurité du site par l'exploitant, ainsi que l'arrêté modificatif pris par le maire de Blodelsheim
le 24 juillet 2024 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Blodelsheim une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la fermeture litigieuse met un coup d'arrêt total à ses activités économiques, met en péril sa situation financière, la majeure partie de son activité se réalisant pendant les mois d'été ; elle a notamment été contrainte d'annuler nombre de réservations ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le maire de Blodelsheim n'était pas compétent pour adopter l'arrêté de fermeture litigieux dès lors que l'autorité communale ne tient d'aucune disposition législative ou réglementaire le pouvoir d'intervenir dans la gestion et l'administration d'une forêt domaniale incorporée au domaine privé de l'Etat. Il n'était ainsi pas compétent, au titre des pouvoirs de police générale qu'il tient des dispositions précitées du code de gestion des collectivités territoriales, pour prendre la mesure de fermeture administrative de l'équipement exploité par la Société Poney Parc situé dans l'emprise de la forêt domaniale de la Hardt Nord, et seul l'Office national des forêts l'était au titre de sa police spéciale ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé, notamment s'agissant des modalités à mettre en œuvre afin de remettre le site en sécurité ;
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de toute procédure contradictoire préalable ;
- la mesure de fermeture totale du site est disproportionnée au regard des troubles qu'elle a pour but de prévenir.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 et 7 août 2024, la commune de Blodelsheim, représentée par Me Picavez, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société Poney Parc au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sur la légalité des arrêtés en litige.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 6 août 2024, l'Office national des forêts (ONF), représenté par Me Berkani et Me Sanguinette, le 6 août 2024, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que son intervention est recevable, que la condition d'urgence, applicable en l'espèce, n'est pas satisfaite et que la société Poney Parc ne fait état d'aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en qualité de juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 août 2024 tenue en présence de Mme Van Der Beek, greffière d'audience :
- le rapport de M. Arnaud Lusset ;
- les observations de Me Vienne, représentant la société Poney Parc, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ; elle insiste notamment sur le préjudice financier et d'image pour la société, et indique par ailleurs que la tempête du 15 juillet étant passée, le risque de nouvelles chutes d'arbres n'est pas établi ; elle fait également valoir que l'arrêté est une mesure de police illégale en tant qu'elle intervient ex post, après la survenue des incidents, et non en amont dans le but de les prévenir ;
- les observations de Me Picavez pour la commune de Blodelsheim, qui s'en remet pour l'essentiel à ses écritures, en insistant sur le fait que le maire se devait d'intervenir au plus vite compte tenu de ce que le Poney Parc organise en plein air des festivals, des spectacles,
des mariages, que le terrain est occupé par de nombreux arbres très fragilisés et que l'été est propice aux épisodes orageux violents, ainsi qu'en témoigne l'alerte orange lancée par
Météo France le 1er août dernier ; elle ajoute, s'agissant de la compétence du maire, que la fermeture d'un site recevant du public ne relève pas de l'ONF mais bien des pouvoirs de police du maire ; elle indique enfin que les travaux de sécurisation du site, effectués par l'ONF, ont débuté et doivent s'achever d'ici la fin du mois d'août ; une fois ces travaux achevés, le maire abrogera les arrêtés litigieux ;
- les observations de Me Sanguinette, pour l'Office national des forêts, qui s'associe aux conclusions en défense de la commune de Blodelsheim ; il ajoute que l'ONF est le seul expert pour déterminer les modalités de sécurisation du site et le nombre d'arbres à abattre,
que les chutes d'arbres du 15 juillet auraient pu avoir des conséquences dramatiques,
que les arbres présents à ce jour ont été fragilisés par cette tempête et peuvent tomber à tout moment, même sans vents forts, que les ingénieurs et agents de l'ONF sont en train de sécuriser l'ensemble du site du Poney Parc en procédant aux abattages et coupes nécessaires et qu'une fois cette sécurisation achevée, d'ici trois semaines, le maire pourra abroger les arrêtés et autoriser la réouverture du site.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Poney Parc exploite un parc de loisir (poney et jeux d'enfants),
un restaurant et une buvette sur un terrain de 14 hectares situé sur la commune de Blodelsheim, au cœur de la forêt domaniale de la Hardt dont la gestion a été confiée à
l'Office national des forêts (ONF). A la suite de la tempête ayant touché l'Alsace
le 15 juillet 2024, deux arbres sont tombés dans l'enceinte du parc, dont l'un à côté d'un grand chapiteau accueillant du public. Par un courrier du 18 juillet 2024, l'ONF a alerté le maire de Blodelsheim sur le risque " fortement probable " qu'un nouvel incident se produise compte tenu de la fragilité des arbres. A l'aune de ces éléments, estimant que cet évènement révélait un problème de sécurité sur ce site recevant du public, le maire de Blodelsheim a décidé, par un arrêté du 18 juillet 2024, de prononcer la fermeture totale du Poney Parc jusqu'à la mise en sécurité du site par l'exploitant. Puis, par un arrêté pris le 24 juillet 2024, le maire a modifié l'article 2 de son arrêté du 18 juillet 2024 afin d'autoriser les pensionnaires et propriétaires d'équidés à accéder au site du Poney Parc " pour s'occuper de leurs animaux (soins, nourrissage) " ainsi que le personnel médical animalier " pour prodiguer les soins nécessaires aux animaux ". La société Poney Parc demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de ces deux arrêtés.
Sur l'intervention de l'Office national des forêts :
2. Compte-tenu de la nature et de l'objet du litige, l'Office national des forêts, qui a présenté son intervention par un mémoire distinct conformément à l'article R. 632-1 du code de justice administrative, justifie d'un intérêt suffisant eu égard à l'objet du litige et s'associe aux conclusions présentées par la commune de Blodelsheim. Il y a lieu, par suite, d'admettre son intervention.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
4. En l'espèce, aucun des moyens susvisés présentés par la société Poney Parc contre les arrêtés du maire de Blodelsheim des 18 et 24 juillet 2024 n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de ces décisions. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Blodelsheim qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par la société Poney Parc doivent être rejetées.
6. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Poney Parc une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Blodelsheim et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention de l'Office national des forêts est admise.
Article 2 : La requête de la société Poney Parc est rejetée.
Article 3 : La société Poney Parc versera à la commune de Blodelsheim la somme
de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Poney Parc, à la commune de Blodelsheim et à l'Office national des forêts.
Fait à Strasbourg, le 12 août 2024.
Le juge des référés,
A. A
La République mande et ordonne au préfet du Haut Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
N°2405490
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026