vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2405733 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU MW (1) |
| Avocat requérant | JOURNEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 mai 2024 au tribunal administratif de Paris et transmise par ordonnance du 3 juillet 2024, M. B C, représenté par Me Journeau demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'une semaine avec une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique
4°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé et le préfet n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation individuelle ; la décision portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination sont insuffisamment motivées en fait et en droit en méconnaissance des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le droit d'être entendu a été méconnu en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits de l'Union européenne ; il n'a jamais été informé qu'il risquait de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et n'a pas été placé en mesure de produire tous les documents justifiant de sa situation ; il a ainsi été privé d'une garantie procédurale ;
- la compétence de la signataire, Mme A, n'est pas établie par un arrêté régulièrement publié et l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration a été méconnu ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ont été méconnus en ce qui concerne la fixation du pays de destination faute de motivation et d'examen des risques qu'il encourt ;
Sur l'obligation de quitter le territoire :
- le préfet n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation individuelle ;
- la décision méconnaît l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision est entachée d'erreur de fait ; il n'a pas été tenu compte de la circonstance que la Cour nationale du droit d'asile n'a pas apprécié sa demande au fond ; il prépare sa demande de réexamen de sa demande d'asile ;
Sur le pays de destination :
- la décision est illégale en raison de l'irrégularité de l'obligation de quitter le territoire ;
- le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation individuelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024 le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête :
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application des articles L. 222-2-1 du code de justice administrative et L.614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 9 septembre 2024 à 9 heures le rapport de M. D, magistrat-désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'arrêté dans son ensemble :
1. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à Mme A, cheffe de bureau, à l'effet de signer toutes mesures en matière de police des étrangers dans des conditions qui ne sont pas contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signature de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.
2. En deuxième lieu, l'arrêté comporte de manière lisible, outre la signature de son auteur, son nom, son prénom et sa qualité. Dès lors, l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas été méconnu.
3. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté qu'il comporte, dans ses différentes décisions et notamment l'obligation de quitter le territoire et la fixation du pays de destination, l'énoncé précis des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivé en application des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En quatrième lieu, il ressort également des termes de l'arrêté que, contrairement à ce qui est soutenu, le préfet du Haut-Rhin a procédé à un examen particulier approfondi de la situation individuelle du requérant.
5. En cinquième lieu, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français fait suite au refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié ou du bénéfice de la protection subsidiaire à l'étranger et à l'absence du bénéfice du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1, L. 542-2 et L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le droit d'être entendu n'implique pas, dans ce cas, que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations tant orales qu'écrites de façon spécifique en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'il est amené à prendre à son encontre, dès lors qu'il a déjà été entendu, comme en l'espèce, dans le cadre de sa demande d'asile. Par suite, le moyen soulevé tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu issu des principes généraux du droit de l'Union européenne tel qu'énoncé au 2 de l'article 41 et à l'article 51 de la charte des droits fondamentaux doit être écarté.
6. En sixième lieu, M. C, de nationalité afghane, né en 2000, est entré en France le 1er janvier 2023. Il est célibataire et sans enfant mineur à charge. Il est isolé sur le territoire sans ressources pérennes ni logement stable. Il n'établit pas ne plus avoir aucune relations personnelles ou familiales dans son pays d'origine qu'il a quitté récemment. Dans ces conditions, l'arrêté n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
7. En premier lieu, comme il a déjà été dit, la décision ne méconnaît pas l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation, ni de défaut d'examen des circonstances particulières de la situation de l'intéressé, ni encore de défaut de motivation.
8. En deuxième lieu, en se limitant à affirmer que le préfet du Haut-Rhin n'a pas mentionné que la Cour nationale du droit d'asile n'aurait pas examiné sa situation au fond, le requérant ne conteste pas utilement la décision qui est légalement fondée dès lors qu'elle survient après que la Cour a statué le 11 mars 2024, fût-ce pour forclusion. La circonstance qu'il s'apprêterait à former une demande de réexamen de sa demande d'asile est sans incidence. Le moyen ainsi soulevé doit être écarté.
Sur le pays de destination :
9. En premier lieu, il ressort de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire est légale. Dès lors, le moyen tiré de son irrégularité soulevé par la voie de l'exception doit être écarté.
10. En deuxième lieu, M. C qui, au demeurant, s'est vu opposer un rejet de sa demande de protection internationale par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, n'apporte pas d'éléments probants sur les risques réels et personnels qu'il courrait en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. En troisième lieu, comme il a été dit, la décision n'est entachée ni de défaut d'examen des circonstances particulières de la situation de l'intéressé, ni de défaut de motivation et ne méconnaît pas ainsi les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.
12. Il résulte de ce qui précède que, M. C étant admis provisoirement à l'aide juridictionnelle, ses conclusions à fin d'annulation et, par voie de conséquence, à fin d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : M. C est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
M. D
Le greffier,
P. SOUHAIT
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2405733
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026