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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2405745

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2405745

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2405745
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantDOLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 3 août 2024 et 16 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Dole, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à défaut, dans le même délai et sous la même astreinte, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros TTC à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, de plusieurs vices de procédure au regard des exigences fixées par les articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 27 décembre 2016, d'une erreur de droit dès lors que la préfète du Bas-Rhin s'est estimée en situation de compétence liée par l'avis du collège des médecins de l'OFII, méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 1er de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et, en outre, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision de refus de séjour, a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu et du principe général du droit de l'Union européenne du respect des droits de la défense, méconnait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, en outre, est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 août 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Malgras,

- les observations de Me Dole, avocate de M. A.

La préfète du Bas-Rhin n'était ni présente, ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain née le 12 août 1983, est entré irrégulièrement en France en 2012, selon ses déclarations.

2. Le 20 février 2017, il a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 6 mars 2017, le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un jugement n° 1701725 du 27 juillet 2017, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. A tendant à l'annulation de cet arrêté du 6 mars 2017. M. A a fait l'objet d'une nouvelle mesure d'éloignement le 13 mars 2018.

3. Le 24 mai 2018, il a présenté une nouvelle demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a bénéficié d'un titre de séjour sur ce fondement, régulièrement renouvelé jusqu'au 6 avril 2022.

4. Le 8 février 2022, il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 23 janvier 2024, dont M. A demande l'annulation, la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

5. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle n'a dès lors pas méconnu les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de M. A et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à sa situation personnelle avant de statuer sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () / Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé ". La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect du secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et d'établir l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et de la possibilité pour l'intéressé d'y accéder effectivement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

8. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical ".

9. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été prise après l'avis qui a été émis, le 30 mai 2022, par un collège de trois médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) réuni pour évaluer l'état de santé de M. A. Ce collège a lui-même statué au vu du rapport médical du 4 avril 2022, établi par un médecin de l'OFII, qui n'a ensuite pas siégé au sein de ce collège. En outre, la circonstance que cet avis a été rendu plus de trois mois après le dépôt de la demande de M. A est sans incidence sur la régularité de la procédure dès lors que le délai imparti par les dispositions précitées de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas prescrit à peine de nullité. Enfin, aucune disposition légale ou réglementaire n'impose au préfet, à la suite de la communication de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration prévu par les dispositions précitées, de statuer dans un délai déterminé sur la demande de titre de séjour dont il est saisi, alors qu'il appartenait au requérant, s'il l'estimait utile, de communiquer à l'administration tout élément nouveau relatif à son état de santé afin de lui permettre de se prononcer en toute connaissance de cause et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé du requérant et la situation sanitaire du Maroc aurait changé de façon substantielle entre l'avis du collège des médecins du 30 mai 2022 et la décision attaquée. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée de vices de procédure au regard des exigences fixées par les articles R. 425-11, R. 425-12, R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'arrêté du 27 décembre 2016.

10. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée ni des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin se serait estimée en situation de compétence liée par l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 30 mai 2022.

11. En cinquième lieu, pour refuser le renouvellement du titre de séjour sollicité sur le fondement des dispositions citées au point 7, la préfète du Bas-Rhin s'est notamment fondée sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 30 mai 2022 précité, qui a estimé que l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, le requérant était en mesure de voyager sans risque vers son pays d'origine.

12. Les certificats médicaux produits par le requérant, qui établissent certes qu'il est suivi pour pathologie psychiatrique de type psychose schizophrénique chronique déficitaire invalidante, ne remettent toutefois pas sérieusement en cause le contenu de l'avis du collège des médecins du service médical de l'OFII relatif à la disponibilité des soins au Maroc, pas plus que les articles de presse produits décrivant la situation sanitaire et le système de soins psychiatriques au Maroc ou le rapport du conseil économique, social et environnemental du royaume du Maroc en date du 31 mars 2022, antérieur à l'avis du collège de médecins de l'OFII. En outre, si le requérant soutient que deux des médicaments indispensables à son traitement lui seront inaccessibles au Maroc, il ne démontre pas leur caractère non substituable. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Bas-Rhin a méconnu les dispositions de l'article

L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 1er de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains résidant en France et titulaires, à la date d'entrée en vigueur du présent Accord, d'un titre de séjour dont la durée de validité est égale ou supérieure à trois ans bénéficient de plein droit, à l'expiration du titre qu'ils détiennent, d'une carte de résident valable dix ans () ".

14. M. A ne justifie pas qu'il était titulaire d'un titre de séjour d'une durée égale ou supérieure à trois ans, ni même qu'il séjournait en France à la date d'entrée en vigueur de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, soit au 1er janvier 1994. Par suite, il n'est pas fondé à se prévaloir des stipulations citées au point précédent.

15. En dernier lieu, si le requérant justifie résider en France depuis 2016 et verse aux débats plusieurs attestations faisant état de ses efforts d'intégration et de ses qualités humaines, il ne démontre pas posséder des attaches familiales ou personnelles en France, en dehors de ses sœurs qui ont au demeurant constitué leur propre cellule familiale, alors qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans dans son pays d'origine, où résident encore son père et ses cinq frères. M. A, qui a été condamné le 22 mars 2019 par le tribunal correctionnel de Strasbourg à 2 mois d'emprisonnement avec sursis pour vol et qui est connu des services de police pour des faits de détention et usage illicite de stupéfiants commis en 2019 et 2023, ne justifie pas davantage avoir noué des liens privés ou professionnels d'une intensité particulière durant son séjour en France. Par suite et compte-tenu de ce qui a été exposé aux points 11 à 14, la préfète du Bas-Rhin n'a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

16. En premier lieu, la décision de refus de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

17. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; (). ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union (). ".

18. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

19. Alors que la décision attaquée fait suite à une demande de titre de séjour présentée par l'intéressé, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A ait sollicité en vain un entretien auprès des services préfectoraux, ni qu'il ait été empêché de présenter spontanément des observations ou documents avant que ne soit prise la décision portant obligation de quitter le territoire français. En outre, il ne démontre pas qu'il a été privé de faire valoir des observations et éléments qui auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement avant que cette mesure ne soit prise à son encontre. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu en violation du principe général du respect des droits de la défense ainsi que de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.

20. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 11 et 12,

M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnait les dispositions alors applicables du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

21. En dernier lieu, compte-tenu de ce qui a été exposé aux points 11 à 15, la préfète du Bas-Rhin n'a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

22. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

23. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

24. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 janvier 2024 attaqué. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

26. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Dole et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Dulmet, présidente,

Mme Malgras, première conseillère,

Mme Perabo-Bonnet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 novembre 2024.

La rapporteure,

S. MALGRAS

La présidente,

A. DULMET

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

No 2405745

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