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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2405874

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2405874

mercredi 28 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2405874
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantELSAESSER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi d’un recours en excès de pouvoir contre le refus implicite puis explicite de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) d’octroyer les conditions matérielles d’accueil à une enfant mineure, au motif que sa demande d’asile constituerait une demande de réexamen. Le tribunal a examiné la légalité de ces décisions au regard des articles L. 551-9, L. 551-11, L. 551-13 et L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La solution retenue par le tribunal n’est pas explicitée dans l’extrait fourni, mais les requérants contestaient notamment l’erreur de droit et de fait, l’insuffisance de motivation, et le défaut d’examen de la vulnérabilité de l’enfant.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 août 2024, Mme F E et M. A B, agissant au nom de leur fille mineure G B, représentés par Me Elsaesser, demandent au tribunal :

1°) d'admettre leur fille au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a implicitement refusé d'accorder à leur fille le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'annuler la décision du 31 juillet 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII a explicitement refusé d'accorder à leur fille le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

4°) d'enjoindre à titre principal, à l'OFII d'octroyer à leur fille le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, rétroactivement à compter de la date de cessation du versement de l'allocation de demandeur d'asile à ses parents, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délais et d'astreinte ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros hors taxe à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou à leur verser cette somme en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

Sur la décision implicite de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 551-9, L. 551-11 et L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 522-2 et L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la preuve de l'évaluation de sa vulnérabilité par un agent qualifié de l'OFII n'étant pas rapportée ;

Sur la décision explicite de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit, la demande d'asile formée au nom propre de l'enfant, ne constituant pas une demande de réexamen ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, en ce que l'OFII a agi en situation de compétence liée en n'examinant pas l'opportunité d'un octroi partiel des conditions matérielles d'accueil ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 522-2 et L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la preuve de l'évaluation de sa vulnérabilité par un agent qualifié de l'OFII n'étant pas rapportée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B et Mme E, agissant au nom de leur fille mineure, ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D en application des articles L. 551-1 et L. 922-2 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B et Mme E, ressortissants guinéens respectivement entrés en France en octobre 2020 et août 2021, ont déposé des demandes d'asile qui ont été rejetées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile rendues les 25 octobre 2022 et 1er décembre 2023. Le 24 mai 2022, ils ont déposé une demande d'asile pour le compte de leur fille G B, née le 12 mai 2022. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté cette demande le 14 juin 2022 et un recours est actuellement pendant devant la Cour nationale du droit d'asile. Par un courrier du 10 janvier 2024, réceptionné le lendemain, M. B et Mme E ont sollicité le maintien du bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour leurs deux enfants. Par une décision du 31 juillet 2024, la directrice territoriale de l'OFII a refusé d'octroyer à l'enfant G le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, motifs pris du dépôt d'une demande de réexamen. Par la présente requête, les requérants, agissant au nom de leur fille mineure G, demandent l'annulation de cette décision, ensemble la décision implicite de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".

3. Eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre à titre provisoire M. B et Mme E, agissant au nom de leur fille mineure G B, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige :

4. Si le silence gardé par l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.

5. En l'espèce, le silence gardé pendant quatre mois par l'autorité administrative sur la demande d'octroi des conditions matérielles d'accueil pour l'enfant G, réceptionnée le 11 janvier 2024, a fait naître, le 11 mai 2024, une décision implicite de rejet. Toutefois, par une décision du 31 juillet 2024, la directrice territoriale de l'OFII a expressément refusé l'octroi des conditions matérielles d'accueil à cette enfant. Dans ces conditions, cette seconde décision s'est substituée à la première et les conclusions à fin d'annulation ainsi que les moyens dirigés contre la décision implicite initiale doivent être regardés comme dirigés contre la décision expresse du 31 juillet 2024.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

6. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que celle-ci mentionne l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et notamment le motif de refus des conditions matérielles d'accueil, à savoir la présentation d'une demande de réexamen. Il s'ensuit que le moyen tiré d'une insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que les requérants, représentant leur fille G, ont fait l'objet d'un entretien en vue de l'évaluation de leur vulnérabilité le 17 juin 2024, conduit en langue française par un auditeur de l'OFII. Ils ont déclaré au cours de cet entretien, dont ils ont signé le compte-rendu, être hébergés avec leurs enfants au sein d'une structure d'hébergement pour demandeurs d'asile de l'association Appuis et ne souffrir d'aucun handicap ni problème de santé, à l'exception de leur fils né en septembre 2023. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen de la situation de l'enfant Oumou- Jenny et d'évaluation de sa vulnérabilité ne peuvent qu'être écartés.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 522-2 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. ".

10. Les requérants soutiennent qu'il n'est pas démontré que l'examen de vulnérabilité a été mené par un agent ayant reçu une formation spécifique à cette fin. Toutefois, les dispositions précitées n'imposent pas que soit portée la mention, sur le compte-rendu d'entretien de vulnérabilité, de l'identité de l'agent qui a conduit l'entretien, lequel en l'absence d'élément contraire, doit être regardé comme ayant reçu la formation spécifique mentionnée à l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au demeurant, les intéressés ne font valoir aucune circonstance susceptible d'établir qu'ils n'auraient pas été reçus par un agent ayant bénéficié de la formation prévue. Par suite, le moyen tiré de ce que l'entretien d'évaluation préalable n'aurait pas été conduit par un agent qualifié ne peut qu'être écarté.

11. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; (). La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ".

12. Il résulte des dispositions précitées que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être refusé, notamment, si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile. Il résulte toutefois du point 5 de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale qu'un tel refus ne peut être pris qu'au terme d'un examen au cas par cas, fondé sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes vulnérables mentionnées à l'article 21 de cette directive, lequel vise notamment les mineurs.

13. D'autre part, aux termes des articles L. 521-1 et L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente, qui enregistre sa demande et procède à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement. " " Lorsque la demande d'asile est présentée par un étranger qui se trouve en France accompagné de ses enfants mineurs, elle est regardée comme présentée en son nom et en celui de ses enfants. ".

14. Enfin, aux termes de l'article L. 531-41 de ce même code : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure. Le fait que le demandeur ait explicitement retiré sa demande antérieure, ou que la décision définitive ait été prise en application des articles L. 531-37 ou L. 531-38, ou encore que le demandeur ait quitté le territoire, même pour rejoindre son pays d'origine, ne fait pas obstacle à l'application des dispositions du premier alinéa. Ces dispositions s'appliquent sans préjudice du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013. ".

15. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent. En cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'étranger est tenu, tant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, en cas de recours, la Cour nationale du droit d'asile, ne s'est pas prononcé, d'en informer cette autorité administrative ou cette juridiction. La décision rendue par l'office ou, en cas de recours, par la Cour nationale du droit d'asile, est réputée l'être à l'égard du demandeur et de ses enfants mineurs, sauf dans le cas où le mineur établit que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire.

16. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que les parents d'un enfant né après l'enregistrement de leur demande d'asile présentent, postérieurement au rejet définitif de leur propre demande, une demande au nom de leur enfant. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point précédent que la demande ainsi présentée au nom du mineur doit alors être regardée, dans tous les cas, comme une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. Il ressort des pièces du dossier que l'enfant G est née le 12 mai 2022, soit antérieurement au rejet définitif des demandes d'asile de ses deux parents par la Cour nationale du droit d'asile les 25 octobre 2022 et 1er décembre 2023. Ces décisions sont réputées avoir été rendues tant à l'égard de M. B et de Mme E que de leur fille mineure G B. Dans ces conditions, la demande d'asile présentée au nom de cette enfant le 24 mai 2022, et dont le rejet, le 14 juin 2022, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, fait l'objet d'un recours pendant devant la Cour nationale du droit d'asile, doit être regardée comme une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit pour avoir considéré qu'il s'agissait d'une demande de réexamen de la demande d'asile, doit être écarté.

18. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 522-3 de ce même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".

19. Pour revendiquer un état de vulnérabilité de leur enfant G, les requérants se prévalent de son très jeune âge, de leur état de grande précarité du fait de l'absence de ressources, de leur propre vulnérabilité du fait de leur état de santé ainsi que de celui de leur fils né en septembre 2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que toute la famille est hébergée de manière stable, depuis le 8 novembre 2021, dans une structure d'accueil de l'association Appuis. Il n'est pas démontré ni même allégué que l'enfant G présenterait un état de santé défaillant ou un quelconque handicap. Par ailleurs, si les éléments produits aux débats établissent que M. B bénéficie d'un suivi psychologique depuis le mois de janvier 2022 en raison de violences subies dans son pays d'origine, que Mme E présente des stigmates de mutilation sexuelle et que leur fils C souffre d'asthme, pour lequel il bénéficie d'un suivi médical, ces seules circonstances ne suffisent toutefois pas à faire regarder l'enfant G comme étant dans une situation de vulnérabilité. Enfin, si les requérants indiquent ne disposer d'aucune ressource, ils ne produisent aucun élément sur leurs moyens de subsistance depuis la cessation des conditions matérielles d'accueil octroyées jusqu'au rejet de leur demande d'asile. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées, de l'erreur manifeste d'appréciation de la vulnérabilité ainsi que d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation de l'enfant doivent être écartés.

20. En sixième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII se soit estimé en situation de compétence liée pour refuser aux requérants, agissant au nom de leur fille mineure, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en raison du réexamen de sa demande d'asile. Les intéressés n'ont fait valoir, ni lors de leur entretien du 17 juin 2024, ni postérieurement, aucun élément de nature à justifier d'une particulière vulnérabilité justifiant un octroi partiel des conditions matérielles d'accueil aux demandeurs d'asile. Par suite, ce moyen doit être rejeté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur leur situation personnelle ne peut qu'être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par les requérants, agissant au nom de leur fille mineure G, ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. B et Mme E, agissant au nom de leur fille mineure G, sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme F E, agissant au nom de leur fille mineure G, à Me Elsaesser et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 août 2024.

La magistrate désignée,

C. DLa greffière,

G. Trinité

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

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