mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2406458 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ARAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 31 août, 13 septembre 2024 et
2 octobre 2024, M. D C, retenu au centre de rétention de Geispolsheim (67118), demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 août 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a maintenu en rétention.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;
- elle lui a été notifiée tardivement ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- il bénéficie de la protection subsidiaire en Italie et ne peut être renvoyé au Cameroun.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens présentés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bronnenkant en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bronnenkant, magistrate désignée,
- les observations de Me Arab, avocate de M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. C, présent à l'audience.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant camerounais né le 25 mai 1994 est entré en France en " 2018-2019 " selon ses déclarations. Le 17 novembre 2023, il a été interpellé et placé en garde-à-vue pour des faits de violences aggravées. L'arrêté du 18 novembre 2023 qui l'a obligé à quitter le territoire français a été annulé par ce tribunal le 11 avril 2024. Le
22 avril 2024, M. C a été écroué à la maison d'arrêt de Strasbourg et condamné à 6 mois d'emprisonnement pour des faits de violences sur conjoint. Par un arrêté du 16 juillet 2024, dont la légalité a été confirmée par ce tribunal le 1er août 2024, la préfète du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. M. C a été placé en rétention le 28 août 2024. La cour d'appel de Colmar a ordonné la prolongation de cette rétention par ordonnance du 3 septembre 2024. Le 29 août 2024, le requérant a présenté une demande d'asile en rétention. Considérant que cette demande d'asile n'a été manifestement introduite que dans le but de faire échec à son éloignement, la préfète du Bas-Rhin a, par arrêté du 30 août 2024, décidé de maintenir le requérant en rétention. Par sa requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, par un arrêté du 4 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin le 5 juillet 2024, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de M. F, directeur des migrations et de l'intégration, à Mme B, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière et en cas d'absence ou d'empêchement de cette dernière, à
Mme A E, cheffe du pôle régional Dublin, à l'effet de signer l'arrêté en litige. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. F et Mme B n'auraient pas été absents ou empêchés à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquels il se fonde. Il est par suite suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative étant sans conséquence sur sa légalité, le moyen tiré de ce que la décision contestée n'aurait pas été notifiée au requérant dans une langue qu'il comprend doit être écarté comme inopérant. Au demeurant, M. C s'exprime parfaitement en langue française. Pour les mêmes raisons le moyen tiré de ce que cette décision lui a été notifié tardivement est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
5. En quatrième lieu, s'il incombe aux Etats membres, en vertu du paragraphe 4 de l'article 8 de la directive 2013/33/UE, de définir en droit interne les motifs susceptibles de justifier le placement ou le maintien en rétention d'un demandeur d'asile, parmi ceux énumérés de manière exhaustive par le paragraphe 3 de cet article, aucune disposition de la directive n'impose, s'agissant du motif prévu par le d) du paragraphe 3 de l'article 8, que les critères objectifs, sur la base desquels est établie l'existence de motifs raisonnables de penser que la demande de protection internationale d'un étranger déjà placé en rétention a été présentée à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour, soient définis par la loi. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile serait incompatible avec les stipulations du d) du paragraphe 3 de l'article 8 de la directive 2013/33/UE, en tant qu'il ne détermine pas une liste des critères objectifs permettant à l'autorité administrative d'estimer qu'une demande d'asile est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution d'une mesure d'éloignement, ne peut qu'être écarté.
6. Aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. / Cette décision de maintien en rétention n'affecte ni le contrôle ni la compétence du juge des libertés et de la détention exercé sur le placement et le maintien en rétention en application du chapitre III du titre IV. La décision de maintien en rétention est écrite et motivée. / A défaut d'une telle décision, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7 ".
7. En cinquième lieu, le requérant se prévaut de la circonstance qu'il est titulaire de la protection subsidiaire en Italie, qu'il ne peut être renvoyé au Cameroun et qu'il souhaite aller en Italie. Toutefois, la décision contestée a uniquement pour objet de le maintenir en rétention au seul motif que sa demande d'asile, présentée postérieurement à son placement en rétention administrative n'a été manifestement introduite qu'en vue de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. Ainsi qu'il a été dit, M. C fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français du 16 juillet 2024 à destination notamment du Cameroun, dont la légalité a été confirmée par ce tribunal le 1er août 2024. Présent depuis plus de cinq ans en France, il n'a pas cherché à régulariser sa situation et a été condamné à sixmois d'emprisonnement en avril 2024 pour violences conjugales. Dans ces conditions et alors que le requérant bénéficie déjà de la protection subsidiaire en Italie et qu'il n'allègue pas que ce pays ne serait pas en capacité de lui assurer une protection effective, la préfète du Bas-Rhin a pu à bon droit, et sans commettre une erreur d'appréciation, estimer que la demande d'asile avait été présentée par l'intéressé, le 29 août 2024, soit postérieurement à son placement en rétention, dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement édictée le
16 juillet 2024, et décider en conséquence de maintenir son placement en rétention. Par suite, le moyen tiré d'une erreur dans l'appréciation du caractère dilatoire de sa demande au regard des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.
8. En sixième et dernier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il n'appartient pas au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, saisi d'un recours contre une décision de maintien en rétention, de se prononcer sur les garanties de représentation de l'intéressé, lesquelles sont examinées par le juge des libertés et de la détention. Par suite, le moyen tiré de l'existence de garanties suffisantes de représentation doit être écarté comme inopérant.
9. Il résulte de ce tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Articler 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Décision communiquée aux parties le 2 octobre 2024.
La magistrate désignée,
H. Bronnenkant La greffière,
C. Lamoot
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026