mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2406700 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GUY-FAVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 et 13 septembre 2024, M. B C, représenté par Me Guy-Favier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 5 septembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en qualité de demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil avec effet rétroactif à compter de la date du refus contesté, dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- il n'a pas été informé dans une langue qu'il comprend des conditions et des modalités du refus des conditions matérielles d'accueil, en méconnaissance de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- en l'absence de prise en compte de sa situation avérée de vulnérabilité, la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/EU du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Jordan-Selva en application des dispositions des articles L. 922-2 et L. 555-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva, magistrate désignée ;
- les observations de Me Guy-Favier, avocate de M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. C, présent à l'audience, assisté de M. A, interprète en langue farsi.
L'OFII, régulièrement convoqué, n'était pas représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant iranien né en 2002, est entré en France en janvier 2022 selon ses déclarations, pour y poursuivre ses études. Il est titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", valable jusqu'au 5 janvier 2026. Le 5 septembre 2024, il a présenté une demande d'asile auprès des services de la préfecture du Bas-Rhin. Le même jour, l'OFII a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, au motif qu'il n'a pas sollicité l'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours suivant son entrée en France, sans motif légitime justifiant la tardiveté de sa demande. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision du 5 septembre 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente. ". Aux termes de l'article L. 551-10 de ce même code : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ".
3. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. C aurait été informé dans une langue qu'il comprend des modalités de refus des conditions matérielles d'accueil, et notamment de la circonstance que le dépôt d'une demande d'asile plus de quatre-vingt-dix jours après son entrée régulière en France pouvait entraîner une telle décision, et qu'il aurait été mis en mesure de faire valoir l'existence d'un motif légitime de nature à justifier sa situation. En se bornant à faire valoir en défense qu'" il est constant que les services de l'OFII informent les demandeurs d'asile des conditions et modalités de refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ", l'OFII n'établit pas avoir donné au requérant l'information requise par les dispositions précitées. Cette information constituant une garantie pour l'intéressé, ce dernier est fondé à soutenir que la décision en litige a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 5 septembre 2024 par laquelle l'OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que l'OFII procède au réexamen de la situation de M. C. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D É C I D E :
Article 1er : La décision de l'OFII du 5 septembre 2024 portant refus d'accorder à M. C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'OFII de procéder à un nouvel examen de la demande présentée par M. C dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à
Me Guy-Favier et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
La magistrate désignée,
S. Jordan-SelvaLa greffière,
C. Lamoot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026