mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2406801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DOLLÉ |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rees, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 24 septembre 2024 en présence de Mme Immelé, greffière d'audience, M. Rees a lu son rapport et entendu les observations de Me Dollé et celles de Mme A.
Le préfet de la Moselle n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
2. Eu égard à l'urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme A à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Mme A, ressortissant russe née le 28 septembre 2005, est entrée en France le 16 juin 2018. Le 22 novembre 2023, elle a sollicité la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 10 avril 2024, le préfet de la Moselle a refusé d'enregistrer sa demande, motif pris du caractère incomplet du dossier. Le 15 mai 2024, Mme A a formé auprès de lui un recours gracieux contre cette décision, et lui a présenté à titre subsidiaire une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 10 avril 2024, ainsi que des décisions nées du silence gardé par le préfet sur son recours gracieux et sa demande du 15 mai 2024.
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. D'une part, il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. Il résulte de l'instruction que Mme A est inscrite au campus des métiers de Moselle, en vue de l'obtention du brevet professionnel de coiffure. La poursuite de ces études, qui implique notamment qu'elle soit autorisée à travailler en France, suppose que la régularisation de sa situation, à laquelle s'opposent les décisions contestées, intervienne à brève échéance. Dans ces conditions, l'urgence est caractérisée.
7. D'autre part, et s'agissant d'abord de la décision du 10 avril 2024 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé à son encontre, le refus d'enregistrer une demande de titre de séjour motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l'absence de l'un des documents mentionnés à l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou lorsque l'absence d'une pièce mentionnée à l'annexe 10 à ce code, auquel renvoie l'article R. 431-11 du même code, rend impossible l'instruction de la demande.
8. En l'état de l'instruction, apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces décisions le moyen tiré de ce que le refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée par la requérante sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas justifié, dès lors que son dossier de demande comportait l'ensemble des pièces prévues par l'article L. 431-10 de ce code et par le paragraphe 35 de son annexe 10.
9. S'agissant, ensuite, de la décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour présentée à l'occasion du recours gracieux du 15 mai 2024 et fondée sur l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'état de l'instruction, et notamment au vu des écritures en défense du préfet de la Moselle, dont il ne ressort pas qu'il ait remarqué l'existence même de cette demande, apparaît propre à créer un doute sérieux le moyen tiré de ce qu'il ne l'a pas examinée.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander la suspension de l'exécution des décisions contestées.
Sur l'injonction et l'astreinte :
11. L'exécution de la présente ordonnance implique seulement que le préfet de la Moselle procède à l'examen des demandes d'admission présentées par Mme A sur le fondement des dispositions des articles L. 423-21 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, étant précisé que le dix-neuvième anniversaire de l'intéressée, le 28 septembre prochain, ne saurait faire obstacle à l'examen de sa demande sur le premier fondement, dès lors qu'elle a été présentée dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire. L'exécution de la présente ordonnance implique également que, dans l'attente, soit remise à l'intéressée une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il y a lieu d'ordonner au préfet de la Moselle de lui remettre cette autorisation sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance, et de se prononcer sur ses demandes dans un délai d'un mois à compter de la même date. Il n'y a pas lieu d'assortir ces mesures d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
12. Eu égard à ce qui a été dit au point 2, Me Dollé, avocat de Mme A, peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Dollé renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros HT à lui verser.
O R D O N N E :
Article 1 : Mme A est admise, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision du 10 avril 2024 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé d'enregistrer la demande de délivrance d'un titre de séjour présentée par Mme A sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 15 mai 2024, et de la décision implicite de rejet de la demande, figurant dans ce même recours gracieux, tendant à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code, est suspendue.
Article 3 : Il est ordonné au préfet de la Moselle de procéder, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, à l'examen des demandes d'admission présentées par Mme A sur le fondement des dispositions des articles L. 423-21 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de lui remettre, sans délai à la suite de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 4 : L'Etat versera à Me Dollé la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros hors taxes, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Dollé renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Fait à Strasbourg, le 25 septembre 2024.
Le juge des référés,
P. REES
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026