jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2406842 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCHMITT |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 12 septembre 2024 sous le n° 2406842, Mme D Marquis épouse C et M. B C, représentés par Me Schmitt, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 30 août 2024 par laquelle la commission de l'académie de Strasbourg a rejeté leur recours administratif préalable contre la décision du directeur des services départementaux de l'éducation nationale du Bas-Rhin du 27 juin 2024, rejetant leur demande d'autorisation d'instruire en famille leur fille F au titre de l'année 2024-2025 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Strasbourg de leur délivrer une autorisation provisoire d'instruction en famille, dans le délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, jusqu'à ce qu'il soit statué sur leur requête en annulation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que : la décision contestée les contraint, sous peine de sanctions pénales, à inscrire immédiatement leur fille dans un établissement d'enseignement scolaire ; une scolarisation en établissement emporterait des conséquences graves sur l'équilibre, notamment psychologique, de leur fille, qui de surcroît ne bénéficierait d'aucune période d'adaptation ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée les moyens tirés de ce que : elle est, au regard des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'administration a vérifié l'existence d'une situation propre à leur enfant, ce qu'il ne lui appartient pas de faire ; elle est entachée d'une erreur d'appréciation de la situation de leur enfant, qui doit être qualifiée de situation propre au sens des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, eu égard à son rythme de sommeil, sa sensorialité exacerbée et ses troubles susceptibles de relever du spectre de l'autisme, aux méthodes d'enseignement dont elle bénéficie, aux capacités pédagogiques de sa mère, à la circonstance que l'autorisation a été délivrée au titre de l'année 2023-2024, ainsi qu'à son intérêt supérieur et ses souhaits.
Par un mémoire en défense en date du 3 octobre 2024, le recteur de l'académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête. Il soutient que la condition de doute sérieux quant à la légalité de la décision n'est pas remplie et que la condition d'urgence manque en fait.
II. Par une requête enregistrée le 12 septembre 2024 sous le n° 2406845, Mme D Marquis épouse C et M. B C, représentés par Me Schmitt, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 30 août 2024 par laquelle la commission de l'académie de Strasbourg a rejeté leur recours administratif préalable contre la décision du directeur des services départementaux de l'éducation nationale du Bas-Rhin du 27 juin 2024, rejetant leur demande d'autorisation d'instruire en famille leur fille E au titre de l'année 2024-2025 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Strasbourg de leur délivrer une autorisation provisoire d'instruction en famille, dans le délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, jusqu'à ce qu'il soit statué sur leur requête en annulation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que : la décision contestée les contraint, sous peine de sanctions pénales, à inscrire immédiatement leur fille dans un établissement d'enseignement scolaire ; une scolarisation en établissement emporterait des conséquences graves sur l'équilibre, notamment psychologique, de leur fille, qui de surcroît ne bénéficierait d'aucune période d'adaptation ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée les moyens tirés de ce que : elle est, au regard des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'administration a vérifié l'existence d'une situation propre à leur enfant, ce qu'il ne lui appartient pas de faire ; elle est entachée d'une erreur d'appréciation de la situation de leur enfant, qui doit être qualifiée de situation propre au sens des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, eu égard à son rythme de sommeil, son hypersensibilité et son manque de confiance, aux méthodes d'enseignement dont elle bénéficie, aux capacités pédagogiques de sa mère, à la circonstance que l'autorisation a été délivrée au titre de l'année 2023-2024, ainsi qu'à son intérêt supérieur et ses souhaits.
Par un mémoire en défense en date du 3 octobre 2024, le recteur de l'académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête. Il soutient que la condition de doute sérieux quant à la légalité de la décision n'est pas remplie et que la condition d'urgence manque en fait.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rees, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 octobre 2024 en présence de Mme Rivalan, greffière d'audience, M. Rees a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Schmitt, avocat de Mme Marquis et M. C, ainsi que celles de Mme Marquis, présente à l'audience ;
- les observations de M. A, représentant du recteur de l'académie de Strasbourg.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Il y a lieu de joindre les requêtes susvisées, qui concernent l'instruction en famille de deux sœurs, pour statuer par une seule ordonnance.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens dont font état Mme Marquis et M. C, n'apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées.
4. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, les conclusions présentées par Mme Marquis et M. C sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative précité, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du même code, ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1 : Les requêtes susvisées, nos 2406842 et 2406845, présentées par Mme Marquis et M. C, sont rejetées.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme D Marquis épouse C et à M. B C et à la ministre de l'éducation nationale. Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Strasbourg.
Fait à Strasbourg, le 10 octobre 2024.
Le juge des référés,
P. REES
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2406842, 2406845
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026