vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407189 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BERRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, Mme C B, M. A E et Mme D E, représentés par Me Berry, demande au tribunal :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 12 septembre 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont ils bénéficiaient ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de leur faire bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros toutes taxes comprises au bénéfice de son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutienent que :
- la décision attaquée est prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a méconnu le principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'ils ne sauraient se voir reprocher un défaut de présentation aux autorités
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation car elle ne tient pas compte de sa situation de vulnérabilité ;
- l'article L. 551-16 est non conforme à la directive 2013/33/UE ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bronnenkant en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Bronnenkant, magistrate désignée ;
- les observations de Me Carraud, substituant Me Berry, avocate de Mme B, de M. et Mme E, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens ;
Le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, son époux M. E, et leurs deux enfants, de nationalité géorgienne sont entrés en France le 8 avril 2024 aux fins de demander l'asile. Ils ont sollicité le 11 avril 2024, la reconnaissance du statut de réfugié et ont accepté le même jour l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par une lettre du 21 août 2024, l'administration a informé les requérants de son intention de mettre fin à leurs conditions matérielles d'accueil, dès lors qu'ils se sont abstenus d'embarquer le 14 août 2024 vers l'Allemagne. Par une décision du 12 septembre 2024, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration leur a retiré, pour ce motif, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Les requérants demandent au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête des requérants, de prononcer l'admission provisoire des intéressés à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Il résulte des énonciations de la décision attaquée que, pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil des requérants le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est fondé sur le motif tiré de ce que les intéressées n'ont pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en refusant d'embarquer le 14 août 2024.
5. Pour justifier les raisons de leur absence lors de l'embarquement pour leur retour en Allemagne, les requérants font valoir qu'elle est consécutive à une crise d'angoisse de
Mme B au moment de l'annonce de leur transfert immédiat, ce qui a amené la gendarmerie à appeler les pompiers qui l'ont conduite au service des urgences du centre hospitalier intercommunal de l'Ouest Vosgien. A l'appui de leurs allégations, les requérants produisent deux certificats de passage de Mme B aux urgences de cet hôpital du
14 août 2024 à 10h53 et 16h16. Les requérants justifient, dans ces conditions, de motifs légitimes les ayant empêchés de se présenter à l'embarquement. Il suit de là que le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a entaché sa décision d'erreur d'appréciation en retenant qu'ils n'avaient pas respectés les exigences des autorités chargées de l'asile pour mettre fin à leurs conditions matérielles d'accueil.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 12 septembre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil des requérants doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
8. Eu égard au motif d'annulation énoncé ci-dessus, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'Office français de l'immigration et de l'intégration rétablisse les requérants dans leurs droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de la date à laquelle la décision annulée du 12 septembre 2024 a produit ses effets. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'y procéder dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.
Sur les frais liés au litige :
9. Compte tenu de ce qui a été dit au point 3, et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en mettant à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 800 euros hors taxe à verser à Me Berry, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive des requérants à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B, M. E et Mme E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision du 12 septembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil de Mme B, M. E et Mme E est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir Mme B, M. E et Mme E dans leurs droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de la date à laquelle la décision annulée du
12 septembre 2024 a produit ses effets dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Berry la somme de 800 (huit cents) euros hors taxe en application des dispositions combinées des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Berry renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive des requérants à l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, M. A E et Mme D E, à Me Berry et au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
La magistrate désignée,
H. Bronnenkant
La greffière,
C. Lamoot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026