vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407195 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CARRAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024 et des pièces du 1er octobre 2024, Mme B D, représentée par Me Carraud, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 12 septembre 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de la faire bénéficier des conditions matérielles d'accueil, notamment de l'allocation pour demandeur d'asile, sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de
100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée de défaut de motivation s'agissant de sa situation de vulnérabilité ;
- elle est entachée de défaut d'examen de sa situation de vulnérabilité ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la requérante remplit les conditions pour bénéficier des conditions matérielles d'accueil ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est cru à tort en situation de compétence liée pour lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
- elle est entachée d'erreur de droit faute de tenir compte de sa situation de vulnérabilité ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation s'agissant de sa situation de vulnérabilité ;
- elle méconnaît l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bronnenkant en application de l'article
L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Bronnenkant, magistrate désignée ;
- les observations de Me Carraud, avocate de Mme D, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens et ajoute que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rendu sa décision avant même que le médecin n'examine son état de santé.
Le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré pour Mme D a été enregistrée le 2 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a présenté une demande d'asile le 17 avril 2023 et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil à compter du même jour. À la suite du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile le 17 juin 2024, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil. La requérante a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 31 juillet 2024 au motif qu'elle avait déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile. Par un jugement du 12 août 2024, ce tribunal a annulé la décision du
31 juillet 2024 pour vice de procédure et a enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer la situation de l'intéressée. Par une décision du 12 septembre 2024, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
3. En premier lieu, par une décision du 30 mars 2022, le directeur général de l'OFII a donné délégation à Mme C A à l'effet de signer les décisions de la nature de celles à présent contestée. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ladite décision doit dès lors être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que celle-ci mentionne l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il s'ensuit que le moyen tiré d'une insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et du compte-rendu d'entretien signé par l'intéressé que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a procédé à un examen de sa vulnérabilité le 26 août 2024 avant d'édicter la décision en litige. Par suite, le moyen tiré du défaut d'entretien personnel et d'évaluation de la vulnérabilité ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; / 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".
7. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son entretien qui s'est déroulé le
26 août 2024 au titre de l'évaluation de sa vulnérabilité Mme D a fait état de la dégradation de son état de santé. Un certificat médical vierge lui a été remis en conséquence afin d'être rempli par son médecin puis retourné au service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Ce certificat médical a été retourné le 28 août 2024, soit quinze jours avant l'édiction de la décision attaquée. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation de vulnérabilité.
8. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des certificats médicaux produits par l'intéressée que Mme D se trouve dans une situation particulière de vulnérabilité. C'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dont il n'apparaît pas qu'il se serait cru en situation de compétence liée, a refusé à la requérante les conditions matérielles d'accueil.
9. En cinquième lieu, Mme D ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, qui a fait l'objet d'une transposition en droit interne.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le requérant n'établit pas que le refus des conditions matérielles d'accueil la placerait dans une situation contraire aux exigences des stipulations précitées.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme D ne peuvent qu'être rejetées de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Mme D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Me Carraud et au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
La magistrate désignée,
H. Bronnenkant
La greffière,
C. Lamoot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026