vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL CHAVKHALOV |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 et 30 septembre 2024,
M. B A, représenté par Me Chavkhalov, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre par lequel la préfète du Bas-Rhin a prolongé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'inexactitude matérielle ;
- il est entaché de défaut de base légale et d'erreur de droit ;
- l'éloignement du requérant ne demeure pas une perspective raisonnable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bronnenkant en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bronnenkant, magistrate désignée qui a informé les parties de ce que la décision à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que le tribunal est susceptible de regarder la décision attaquée comme une assignation à résidence initiale et non comme un renouvellement ;
- les observations de Me Chavkhalov, avocat de M. A, absent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été reportée au 3 octobre 2024 à 12 heures. Un mémoire a été enregistré le 2 octobre pour M. A, postérieurement à l'audience, qui n'a pas été communiqué.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant russe né en 1979, a fait l'objet le 26 juin 2024 d'un arrêté de la préfète du Bas-Rhin portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et interdiction de retour en France. Par un deuxième arrêté du 27 juin 2024, la préfète du Bas-Rhin a assigné à résidence M. A. Par un jugement du 12 juillet 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal a annulé la décision fixant le pays de destination, prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et rejeté le surplus des conclusions de la requête. Par un deuxième arrêté du 9 août 2024, la préfète du Bas-Rhin a prolongé l'assignation à résidence de M. A pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement du
23 août 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal a annulé cet arrêté. Par une décision du 9 septembre 2024, la présidente de la quatrième chambre de la cour administrative d'appel de Nancy a sursis à l'exécution du jugement du 12 juillet 2024 en tant qu'il annule la décision fixant le pays de destination. Par un arrêté du 20 septembre 2024, dont le requérant demande l'annulation, la préfète du Bas-Rhin a renouvelé son assignation à résidence pour une durée de 45 jours.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire du requérant à l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de l'arrêté du 20 septembre 2024 :
3. En premier lieu, par un arrêté du 27 juin 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation, à M. Mathieu Duhamel, secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin à l'effet de signer la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de sa signataire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée est suffisamment motivée.
5. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". L'article L. 732-3 du même code prévoit que : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ".
6. Les dispositions précitées de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile se bornent à limiter à un maximum de 135 jours la durée ininterrompue d'assignation à résidence à laquelle l'autorité administrative peut recourir en vue d'assurer l'exécution d'une des mesures d'éloignement mentionnées à l'article L. 731-1 du même code. Elles n'ont, en revanche, ni pour objet ni pour effet d'interdire à l'autorité administrative de recourir, en vue de l'exécution d'une même mesure d'éloignement prononcée à l'encontre d'un même étranger, à plusieurs périodes d'assignation à résidence d'une durée maximale de 135 jours, pourvu que ces périodes ne se suivent pas immédiatement.
7. Ainsi que le soutient à bon droit le requérant, l'arrêté est, d'une part, entaché d'inexactitude matérielle dès lors que la mesure d'assignation du 9 août 2024 qui se terminait le 22 septembre 2024 a été annulée par ce tribunal et d'autre part, intitulé de manière erronée " renouvellement d'une assignation à résidence ". Toutefois, cette erreur de fait et cette erreur de plume sont sans incidence sur la légalité de cet arrêté dès lors qu'il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la préfète du Bas-Rhin pouvait décider, sur le fondement des articles
L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'assigner à nouveau, après une période d'interruption, le requérant à résidence pour une nouvelle période d'assignation d'une durée maximale de 135 jours, sur le fondement de la mesure d'éloignement prise à son encontre le 26 juin 2024. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés du défaut de base légale et de l'erreur de droit doivent par suite être écarté.
8. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des documents produits par le requérant qu'il n'existait pas, à la date de l'arrêté attaqué, une réelle perspective que l'obligation de quitter le territoire français prononcée le 26 juin 2024 prise à l'encontre de l'intéressé ne puisse être menée à bien dans les délais d'assignation prévus par cet arrêté. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit au regard des dispositions précitées en l'assignant à résidence.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du
20 septembre 2024 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions tendant au versement de frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Chavkhalov et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
La magistrate désignée,
H. BronnenkantLa greffière,
C. Lamoot
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026