jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407307 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL LEONEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, Mme et M. C et Jérôme A, représentés par la SELARL Leonem, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 5 septembre 2024 par laquelle la commission de l'académie de Strasbourg a rejeté son recours administratif préalable contre la décision du directeur des services départementaux de l'éducation nationale du Haut-Rhin du 22 juillet 2024, qui avait rejeté leur demande d'autorisation d'instruire en famille leur fille D au titre de l'année 2024-2025 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Strasbourg de leur délivrer une autorisation provisoire d'instruction en famille pour l'année scolaire 2024-2025, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que : leur mode de vie itinérant n'est pas compatible avec la scolarisation de leur fille dans un établissement d'enseignement scolaire, sauf à lui imposer des changements d'établissement multiples et nuisibles à son instruction, ou à les contraindre à renoncer à ce mode de vie ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée les moyens tirés de ce que : elle est insuffisamment motivée, en ce qu'elle n'indique pas les motifs du rejet de la demande au titre de l'itinérance de la famille en France ; elle est entachée d'une erreur de droit et d'un refus d'examen, leur demande n'ayant été examinée que sur le fondement du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, au regard de la situation propre de leur enfant, alors qu'elle a également été présentée sur le fondement du 3° de cet article, au titre de l'itinérance de leur famille ; elle est, au regard des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'administration a vérifié l'existence d'une situation propre à son enfant, ce qu'il ne lui appartient pas de faire ; elle est entachée d'une erreur d'appréciation de la situation de son enfant, qui eu égard à son hypersensibilité, à son mode de vie itinérant et aux résultats satisfaisants des contrôles de son instruction en famille, doit être qualifiée de situation propre au sens des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2024, le recteur de l'académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'urgence n'est pas caractérisée et qu'aucun des moyens dont font état les requérants n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rees, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 11 octobre 2024 en présence de Mme Immelé, greffière d'audience, M. Rees a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Lomin, de la SELARL Leonem, avocat de Mme et M. A ;
- les observations de M. B, représentant du recteur de l'académie de Strasbourg.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. En l'état de l'instruction, apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, le moyen tiré de ce que la commission académique, qui ne s'est prononcée que sur le fondement du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, alors que la demande d'autorisation et le recours administratif préalable dont elle était saisie étaient également fondés sur les dispositions du 3° de cet article, a illégalement refusé de l'examiner sur ce second fondement.
3. Toutefois, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue dès lors qu'il serait fait état d'un moyen de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité.
4. Les requérants font valoir que leur mode de vie itinérant, lié à l'activité professionnelle de M. A, dont l'entreprise multi-services l'amène à se déplacer sur tout le territoire national pour des durées variables, n'est pas compatible avec la scolarisation de leur fille dans un établissement d'enseignement scolaire, sauf à lui imposer des changements d'établissement multiples et nuisibles à son instruction, ou à les contraindre à renoncer à ce mode de vie.
5. Cependant, il résulte de l'instruction que l'entreprise multi-services de M. A a été déclarée au guichet unique des entreprises le 1er juillet 2024. Sa création est donc très récente. Par ailleurs, hormis une facture de ferry et une attestation d'une habitante de Porto-Vecchio indiquant que M. A doit effectuer chez elle des travaux, ce qui, en l'absence de tout contrat, ne saurait suffire à démontrer que ce déplacement serait lié à sa nouvelle activité professionnelle, les requérants ne produisent aucun élément permettant d'apprécier si, et dans quelle mesure, cette activité rendra nécessaires des déplacements de l'intéressé. Le caractère itinérant du mode de vie allégué par les requérants pour justifier de l'urgence est donc non seulement très récent, mais encore et surtout, non établi.
6. La condition d'urgence n'étant ainsi pas remplie, les conclusions présentées par les requérants sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative précité ne peuvent, nonobstant ce qui a été dit au point 2, qu'être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées leurs conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de Mme et M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme et M. C et Jérôme A et au recteur de l'académie de Strasbourg. Copie en sera adressée à la ministre de l'éducation nationale.
Fait à Strasbourg, le 17 octobre 2024.
Le juge des référés,
P. REES
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026