jeudi 22 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407330 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BINET FRANÇOIS PINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 septembre 2024 et le 2 février 2025, M. A B demande au tribunal, dans l'état récapitulé de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 30 novembre 2022 par laquelle le comité national des appellations d'origine relatives aux vins de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) a approuvé la modification de l'aire parcellaire de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) " Crémant d'Alsace " ;
2°) d'annuler les avis de dépôt en mairies de Bergheim et Rorschwihr, datés des 3 juillet, 26 juillet et 6 décembre 2024, de la délimitation définitive révisée de l'aire parcellaire de l'AOC " Crémant d'Alsace " ;
3°) d'enjoindre à l'INAO de réexaminer le classement des parcelles des communes de Bergheim et Rorschwihr et de les réintégrer dans le périmètre de l'AOC " Crémant d'Alsace ".
Il soutient que :
- les décisions ont été prises au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que les propriétaires et exploitants n'ont pas été informés de la modification de l'aire parcellaire de l'AOC " Crémant d'Alsace " et n'ont ainsi pas été en mesure de présenter leurs observations sur un éventuel déclassement de leurs parcelles ;
- l'INAO a communiqué aux mairies de Bergheim et Rorschwihr des plans erronés, de sorte que les plans affichés en mairie n'étaient pas conformes à la délimitation retenue ;
- les décisions ne sont pas fondées ; la modification parcellaire a été décidée en dépit du bon sens et des analyses scientifiques ;
- le déclassement des parcelles qu'il exploite entraîne la privation de revenus non négligeables.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 janvier et 11 février 2025, la commune de Rorschwihr, représentée par Me Muller-Pistré, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable car tardive.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2025, l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO), représenté par Me Pinet, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le dépôt en mairie des documents graphiques établissant les limites parcellaires de l'aire approuvée de l'AOC ne constitue pas une décision faisant grief ;
- la délibération du 30 novembre 2022 est un acte préparatoire insusceptible de recours ;
- la requête est irrecevable faute d'être accompagnée de l'acte attaqué ;
- une demande d'annulation d'un arrêté homologuant le cahier des charges d'une AOC ne peut être portée que devant le Conseil d'Etat.
La clôture de l'instruction a été fixée au 4 mars 2025, par une ordonnance du même jour, en application des dispositions combinées des articles L. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Poittevin ;
- les conclusions de Mme Merri, rapporteure publique ;
- et les observations de M. B.
La commune de Rorschwihr et l'INAO n'étaient ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerce une activité de viticulture dans le périmètre de l'appellation d'origine contrôlée " Crémant d'Alsace ", sur les communes de Bergheim et Rorschwihr. En raison de travaux d'aménagement intervenus sur plusieurs parcelles du périmètre de l'appellation, le comité d'experts des vins d'Alsace a formulé une demande de révision de son cahier des charges auprès de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). La commission d'experts a émis un avis sur une révision de l'aire parcellaire de l'AOC " Crémant d'Alsace " le 20 septembre 2021. Par une délibération du 30 novembre 2022, le comité national des appellations d'origine relatives aux vins (CNAOV) de l'INAO a approuvé la modification du périmètre de l'AOC, emportant le déclassement de plusieurs parcelles exploitées par M. B. Les nouveaux cahiers des charges ont été homologués par un arrêté du ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire du 21 août 2023. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la délibération de l'INAO du 30 novembre 2022 et de l'avis de dépôt dans les mairies de Bergheim et Rorschwihr des documents graphiques comprenant la délimitation modifiée de l'aire parcellaire de l'AOC, et que le tribunal enjoigne à l'INAO de réexaminer le classement de ses parcelles et de les réintégrer dans le périmètre de l'AOC " Crémant d'Alsace ".
Sur la délibération du 30 novembre 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 641-6 du code rural et de la pêche maritime : " La reconnaissance d'une appellation d'origine contrôlée est proposée par l'Institut national de l'origine et de la qualité () / La proposition de l'institut porte sur la délimitation de l'aire géographique de production, définie comme la surface comprenant les communes ou parties de communes propres à produire l'appellation d'origine, ainsi que sur la détermination des conditions de production qui figurent dans un cahier des charges () ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 641-7 de ce code : " Sous réserve du deuxième alinéa du présent article, les modifications apportées aux cahiers des charges homologués par décret en Conseil d'Etat ou par décret en application du premier alinéa du présent article dans sa rédaction en vigueur avant la publication de l'ordonnance n° 2015-1246 du 7 octobre 2015 sont adoptées par arrêté du ou des ministres intéressés ". Aux termes de l'article R. 641-20-1 du même code : " I. - La demande de modification d'un cahier des charges d'une appellation d'origine, d'une indication géographique ou d'une spécialité traditionnelle garantie est soumise pour approbation au comité national compétent de l'Institut national de l'origine et de la qualité () III.- Le cahier des charges modifié de l'appellation d'origine, de l'indication géographique ou de la spécialité traditionnelle garantie fait l'objet d'une nouvelle homologation () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les délibérations par lesquelles le comité national compétent de l'INAO propose une modification du cahier des charges ne présentent qu'un caractère préparatoire à l'arrêté homologuant le cahier des charges ainsi modifié, y compris en tant que cette proposition écarte le classement de certaines parcelles de l'aire parcellaire définie par ce cahier des charges. Les conclusions de M. B dirigées contre la délibération du 30 novembre 2022 sont donc, en tout état de cause, irrecevables.
Sur l'avis de dépôt en mairie des nouvelles aires parcellaires :
4. Aux termes du III du chapitre 1er du cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée " Crémant d'Alsace " : " () 2° - Aire parcellaire délimitée / Les vins sont issus exclusivement des vignes situées dans l'aire parcellaire de production telle qu'approuvée par l'Institut national de l'origine et de la qualité lors des séances du comité national compétent (). L'institut national de l'origine et de la qualité dépose auprès des mairies des communes mentionnées au 1° les documents graphiques établissant les limites parcellaires de l'aire de production ainsi approuvées. "
5. L'avis de dépôt en mairie des plans comportant les nouvelles aires parcellaires se borne à constater une modification de la réglementation sans emporter aucune modification de l'ordonnancement juridique. Il n'est ainsi pas susceptible de recours. Par suite, l'INAO est fondée à soutenir que M. B n'est pas recevable à demander l'annulation pour excès de pouvoir de cet acte.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir opposées par l'INAO et la commune de Rorschwihr, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais d'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Rorschwihr en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 000 (mille) euros à la commune de Rorschwihr au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune de Rorschwihr et à l'Institut national de l'origine et de la qualité.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Rees, président,
- Mme Dobry, première conseillère,
- Mme Poittevin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2025.
La rapporteure,
L. POITTEVIN
Le président,
P. REESLa greffière,
V. IMMELE
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026