mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407448 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrée respectivement le 1er octobre et le 14 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Elsaesser, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision née du silence gardé par la préfète du Bas-Rhin pendant plus de quatre mois sur sa demande de délivrance d'un récépissé de titre de séjour en date du 1er juillet 2023 ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision née du silence gardé par la préfète du Bas-Rhin pendant plus de quatre mois sur sa demande de titre de séjour en date du 1er juillet 2023 ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois, et de lui remettre dans l'attente, sans délai, un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", dans un délai de deux mois, et de lui remettre dans l'attente, sans délai, un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la décision à intervenir ;
5°) d'enjoindre, à titre infiniment subsidiaire, à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ", dans un délai de deux mois, et de lui remettre dans l'attente, sans délai, un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la décision à intervenir ;
6°) à défaut, d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois, et de lui délivrer sans délai, durant cette instruction, un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la décision à intervenir ;
7°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros hors taxes, sur le fondement des dispositions de l'article L-761 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'attente anormalement longue en raison d'une durée d'instruction déraisonnable de sa demande est synonyme pour lui d'anxiété et d'épuisement au regard de sa situation précaire et le prive de la jouissance de ses droits ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite portant refus de récépissé en ce qu'elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étranges et du droit d'asile, d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle, d'un défaut d'examen réel et sérieux et d'un défaut de motivation.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite portant refus de titre de séjour en ce qu'elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thomas Gros pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, né le 29 janvier 1981, est entré pour la dernière fois en France en 2016. Il a sollicité le 1er juillet 2023 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en faisant valoir son compagnonnage au sein d'Emmaüs. Par sa requête, M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution des décisions nées du silence gardé par la préfète du Bas-Rhin pendant plus de quatre mois sur sa demande de titre de séjour et de délivrance d'un récépissé de titre de séjour en date du 1er juillet 2023.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. En l'espèce, si M. B fait valoir que l'absence de délivrance de titre de séjour ou de récépissé de demande de titre de séjour le place dans une situation de précarité et le prive de la possibilité d'honorer des promesses d'embauche, il ressort des pièces du dossier que s'il réside sur le territoire français depuis sept ans, il n'a jamais été titulaire d'un titre de séjour ou d'un récépissé l'autorisant à travailler en France. En outre, contrairement à ce qu'il indique, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait père de plusieurs enfants mineurs. Par suite, il n'établit pas que l'abstention prolongée de l'administration à lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, un récépissé de demande de titre de séjour entre dans les cas pour lesquels l'urgence est présumée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la condition particulière d'urgence n'étant pas remplie compte tenu de l'absence d'incidence immédiate du refus de titre de séjour et de récépissé de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé, les conclusions de M. B ne peuvent qu'être rejetées, selon la procédure prévue par l'article 522-3 du code de justice administrative et par conséquent, celles tendant à l'application de l'article L. 761 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin et au ministre de l'intérieur.
Fait à Strasbourg, le 16 octobre 2024.
Le juge des référés,
T. GROS
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à
tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026