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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2407562

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2407562

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2407562
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSTEINMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 octobre 2024, M. B A, représenté par l'AARPI Sonnenmoser Steinmann, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 17 juin 2024 par laquelle le directeur de l'Ecole nationale supérieure d'ingénieurs Sud Alsace a prononcé son exclusion de l'établissement ;

2°) d'enjoindre à l'Ecole nationale supérieure d'ingénieurs Sud Alsace de le réintégrer et de prendre en compte ses résultats aux épreuves des 24 et 26 juin 2024, dans un délai de quinze jours suivants la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Ecole nationale supérieure d'ingénieurs Sud Alsace la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la rentrée a eu lieu le 2 septembre 2024 et qu'il est urgent qu'il puisse reprendre le cours normal de ses études ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée les moyens tirés de ce que : le directeur de l'établissement n'était pas compétent pour prendre la décision qui, constituant une sanction disciplinaire, relevait de la compétence de la section disciplinaire du conseil académique, conformément à ce que prévoit l'article R. 811-10 du code de l'éducation ; la décision ne mentionne pas la tenue d'une séance de cette section disciplinaire, ni la présidence de cette séance par le directeur de l'école ; la décision n'a pas été signée par le secrétaire de séance, en méconnaissance de l'article R. 811-39 du code de l'éducation ; elle n'est pas motivée ; la procédure prévue par les dispositions des articles R. 811-11 à R. 811-42 du code de l'éducation n'a pas été respectée, en l'absence de toute procédure disciplinaire contradictoire et en violation des droits de la défense ; la sanction est manifestement disproportionnée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rees, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Lorsque le juge des référés recherche si la condition d'urgence est remplie, il lui appartient de rapprocher, d'une part, les motifs invoqués par le requérant pour soutenir qu'il est satisfait à cette condition et, d'autre part, la diligence avec laquelle il a, par ailleurs, introduit ces conclusions.

3. M. A fait valoir qu'il est urgent qu'il puisse reprendre le cours normal de ses études. Toutefois, alors qu'il résulte de l'instruction que la décision contestée lui a été notifiée le 21 juin 2024 et que, selon ses propres déclarations, la rentrée de l'école a eu lieu le 2 septembre 2024, il n'explique pas pourquoi, au regard de l'urgence qu'il allègue, il a attendu le 4 octobre 2024 avant d'introduire la présente demande. Dans ces conditions, son manque de diligence révèle le défaut d'urgence de sa demande.

4. En l'absence d'urgence, et sans qu'il soit besoin de vérifier si l'un des moyens dont il fait état est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative pour rejeter les conclusions présentées par M. A sur le fondement de son article L. 521-1, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 de ce code.

O R D O N N E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à l'université de Haute-Alsace.

Fait à Strasbourg, le 10 octobre 2024.

Le juge des référés,

P. REES

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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