vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SABATAKAKIS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2024 sous le n° 2407576, M. A E, représenté par Me Sabatakakis, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification de la présente décision ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros hors taxe en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur le refus de délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2024 sous le n° 2407577, Mme B G, représentée par Me Sabatakakis, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a obligée à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification de la présente décision ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros hors taxe en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur le refus de délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les arrêtés du 1er octobre 2024 par lesquels le préfet du Haut-Rhin a assigné à résidence M. E et Mme G ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Eymaron en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Eymaron, magistrate désignée ;
- les observations de Me Sabatakkakis, avocate de M. E et Mme G, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes, par les mêmes moyens ;
- les observations de M. E et de Mme G, assistés de Mme D, interprète en langue russe.
Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2407576 et n° 2407577, présentées pour M. E et Mme G, concernent les membres d'une même famille et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. E et Mme G, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les obligations de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme F C, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, qui disposait pour ce faire d'une délégation en vertu d'un arrêté du 5 juillet 2024 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure des décisions attaquées doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Les requérants, ressortissants russes entrés en France en 2021, se prévalent de leurs efforts d'intégration et de la scolarisation de leurs cinq enfants. Toutefois, aucun élément des dossiers ne permet de démontrer que la scolarisation des enfants du couple ne pourrait pas se poursuivre en Russie, où a vocation à se reconstituer la cellule familiale. Par ailleurs, ni les efforts d'intégration des requérants ni la circonstance que M. E soit détenteur d'une promesse d'embauche ne suffisent à établir leur intégration sur le territoire français. S'ils indiquent souffrir de troubles psychiques, les éléments médicaux versés aux instances ne permettent de démontrer de manière suffisamment probante ni que leurs troubles seraient liés aux événements vécus en Russie ni qu'ils ne pourraient y accéder à un traitement approprié. Dans ces circonstances, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'examen de leur situation personnelle. Ils ne sont pas davantage fondés à se prévaloir de ce qu'elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur les refus de délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que les décisions attaquées sont illégales en raison de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français doit être écarté.
8. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de leur motivation doit être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
10. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire aux requérants, le préfet du Haut-Rhin s'est notamment fondé sur la circonstance qu'ils n'avaient pas exécuté une précédente mesure d'éloignement prononcée à leur encontre. Ce seul motif suffit à tenir pour établi le risque de fuite au sens des dispositions précitées. Par suite, le préfet du Haut-Rhin a pu, sans entacher ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation, refuser d'accorder aux intéressés un délai de départ volontaire.
Sur les décisions fixant le pays de destination
11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que les décisions attaquées sont illégales en raison de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français doit être écarté.
12. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
13. Si les requérants soutiennent qu'un renvoi en Russie les expose à un risque de traitements inhumains et dégradants dès lors qu'ils y font l'objet de poursuites du fait de l'engagement passé de M. E dans les conflits en Tchétchénie, il ressort des pièces des dossiers que leur demande d'asile respective a été rejetée par une décision de l'Office français pour la protection des réfugiés et apatrides du 11 avril 2023, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 5 août 2024. Si les requérants se prévalent d'éléments nouveaux justifiant le dépôt d'une demande de réexamen, ils ne justifient pas de la réalité de leurs allégations. Par ailleurs, M. E ne démontre pas de manière probante être exposé à un risque de se voir mobilisé sur le front ukrainien. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de Mme G :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de la décision refusant d'accorder à Mme G un délai de départ volontaire doit être écarté.
15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
16. Il résulte des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, et des critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.
17. Pour prononcer à l'encontre de l'intéressée une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet du Haut-Rhin s'est fondé sur la circonstance que sa présence en France revêtait un caractère récent, qu'elle n'y justifiait pas d'une intégration particulière ou de liens familiaux intenses et stables et qu'elle s'était soustraite à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Les éléments avancés par Mme G, tels que rappelés au point 6 du présent jugement, ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation du préfet du Haut-Rhin. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation doivent être écartés.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. E :
18. Il ressort des pièces du dossier qu'alors que dans ses motifs, la décision attaquée indique que la situation de M. E justifie une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans, son dispositif fixe à cinq ans la durée de l'interdiction de retour. Alors qu'une telle contradiction entre les motifs et le dispositif de la décision ne peut simplement, ainsi que le fait valoir le préfet du Haut-Rhin en défense, être qualifiée d'erreur de plume, il ressort des pièces du dossier que, bien que la présence en France de l'intéressé revête un caractère récent, qu'il n'y justifie pas d'attaches fortes et qu'il se soit soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, aucun des éléments du dossier ne justifie que soit prononcée une interdiction de retour d'une durée de cinq ans à l'encontre de l'intéressé, dont il n'est pas contesté que le comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Dès lors, M. E est fondé à soutenir que la décision attaquée, en tant qu'elle fixe à cinq ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, est entachée d'une erreur d'appréciation.
19. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à son encontre, M. E est fondé à demander l'annulation de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. E et Mme G sont seulement fondés à demander l'annulation de la décision prononçant à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. En revanche, le surplus de leurs conclusions doit être rejeté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Le présent jugement annule l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. E et il implique ainsi seulement qu'il soit enjoint au préfet du Haut-Rhin de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système Schengen de l'intéressé. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre d'office au préfet du Haut-Rhin de mettre en œuvre une telle procédure d'effacement, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État le versement des sommes sollicitées par les requérants en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : M. E et Mme G sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision du 1er octobre 2024 prononçant à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Haut-Rhin de mettre en œuvre la procédure d'effacement du signalement de M. E aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. E et de Mme G est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Mme B G, à Me Sabatakakis et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Mulhouse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La magistrate désignée,
A.-L. Eymaron La greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Nos 2407576, 2407577
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026