jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2408252 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | COSTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2024, M. B A, détenu au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de renvoi et pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Il soutient que :
- la décision contestée porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale ;
- il est isolé dans son pays d'origine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boutot en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boutot, magistrat désigné ;
- les observations de Me Kling, avocate de M. A, qui soutient que celui-ci n'a pas fait l'objet d'un refus de titre de séjour, ayant seulement fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité ; que la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'il est inséré socialement et qu'il serait isolé au Kosovo ;
- les observations de M. A.
Le préfet du Haut-Rhin n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. En premier lieu, si M. A fait valoir à l'audience que sa demande de titre de séjour n'a pas été refusée, mais a seulement fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité en raison de pièces manquantes, cette circonstance est en toute hypothèse sans incidence sur la solution du litige.
2. En deuxième lieu, M. A soutient que la décision contestée porte une atteinte excessive à son droit à mener une vie privée et familiale normale et qu'elle est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il se prévaut de sa durée de présence en France depuis 1999, de la présence de son épouse et de ses trois enfants, et de ses efforts d'intégration. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A a été condamné, le 9 février 2022, à une peine de dix mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de destruction de véhicule, commis en 2014, puis, le 26 juin 2023, à dix mois d'emprisonnement dont cinq avec sursis pour des faits de violence conjugale, outrage et menace de mort à personne dépositaire de l'autorité publique, commis le 24 juin 2023, et, enfin, et alors même que le requérant avait bénéficié d'un aménagement de peine favorable, le 22 avril 2024, à un an d'emprisonnement dont huit avec sursis, pour des faits de violence conjugale commis le 30 mars 2024. Compte tenu de ces condamnations récentes et de leur caractère récidivant, M. A représente une menace à l'ordre public. S'il se prévaut de la présence régulière de son épouse, il y a lieu de tenir compte de la nature particulière de ses condamnations, pour violence conjugale, les autres liens familiaux évoqués n'étant pas précisés. En dépit d'une durée de présence significative, il n'apporte pas de preuve d'une insertion sociale et professionnelle quelconque, se limitant à produire un contrat à durée déterminée établi en Allemagne, le 7 juin 2022. Il n'établit pas non plus être isolé dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet du Haut-Rhin ne peut être regardé comme ayant porté, par rapport aux buts poursuivis, une atteinte excessive au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen doit être écarté.
3. En dernier lieu, M. A soutient que la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant. Il se limite toutefois à des allégations peu circonstanciées et il doit être tenu compte des violences exercées à deux reprises sur son épouse. Dans ces conditions, il n'est pas établi que la décision contestée serait contraire à l'intérêt supérieur des enfants de M. A. Le moyen doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
L. BoutotLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026