lundi 25 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2408447 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BOTTEMER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 et le 13 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Bottemer, demande au tribunal :
1°) de l'admettre l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2024 du préfet du Bas-Rhin portant obligation de quitter le territoire, refusant d'accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin l'effacement du signalement le concernant dans le fichier européen de non admission ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son avocat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du juillet 1991.
Il soutient que :
Concernant l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'un vice d'incompétence ;
- elle sont entachées de défaut de motivation ;
En ce qui concerne l'arrêté portant obligation de quitter le territoire :
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne le refus de départ volontaire :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- il est insuffisamment motivé ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne l'interdiction de circulation sur le territoire français :
- la décision est disproportionnée ;
- elle est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 novembre 2024, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Simon en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Simon, magistrat désigné ;
- les observations de Me Bottemer, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. B.
Le préfet du Bas-Rhin n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant hongrois, demande l'annulation de l'arrêté du 5 novembre 2024 du préfet du Bas-Rhin qui l'oblige à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui interdit de circuler en France pendant trois ans.
Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Concernant les moyens soulevés à l'encontre de l'ensemble des décisions :
3. Par arrêté du 28 octobre 2024, régulièrement publié le même jour, le préfet du Bas-Rhin a délégué à Mme C D, adjointe à la cheffe de bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, la signature des actes relatifs aux étrangers.
Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur doit être écarté.
4. Les décisions en cause comportent, contrairement à ce qui est soutenu, les considérations de droit et fait qui en constituent le fondement et sont ainsi suffisamment motivées.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :
5. Aux termes de l'article 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3° ". Aux termes de l'article L251-2 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1 les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1 ". Aux termes de l'article L. 234-1 de ce code : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. ". Enfin, aux termes de l'article 200-6 de ce code :
" Les restrictions au droit de circuler et de séjourner librement en France prononcées à l'encontre de l'étranger dont la situation est régie par le présent livre ne peuvent être motivées que par un comportement qui constitue, du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné par le tribunal correctionnel de Strasbourg du 31 mai 2023 à une peine de six mois d'emprisonnement pour conduite d'un véhicule à moteur malgré une suspension administrative ou judicaire de son permis de conduire. De même il a été condamné par jugement du même tribunal ; le 15 octobre 2019 à trois mois d'emprisonnement pour conduite sans permis de conduire,
le 20 janvier 2020 à deux mois d'emprisonnement pour conduite d'un véhicule à moteur sans permis de conduire et le 23 novembre 2022 à quatre mois d'emprisonnement pour vol aggravé en récidive. Ces différentes condamnations révèlent une atteinte suffisamment grave à l'ordre public républicain. De plus si le requérant fait valoir qu'il séjourne en France depuis 2011, il ne le démontre pas. En conséquence la décision du préfet du Bas-Rhin n'est pas entachée d'une erreur de droit, ni d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire, sans enfant, et qu'il est hébergé par sa mère à Strasbourg. Cependant, il ressort des pièces du dossier que son comportement délictuel s'est poursuivi pendant plus de quatre ans et qu'il se place en marge de la société républicaine. Sa présence en France constitue donc une menace réelle et actuelle suffisamment grave à l'encontre de l'ordre public. Eu égard à ces circonstances, le préfet du Bas-Rhin n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect d'une vie privée et familiale normale par rapport aux buts en vue desquels l'obligation de quitter le territoire français a été prise. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
9. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ".
10. Si le requérant fait valoir que le préfet du Bas-Rhin aurait dû lui accorder un délai d'un mois, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Bas-Rhin a décidé de refuser de lui accorder de délai du fait de sa menace à l'ordre public qui est établie tel que précisé au point 6 du présent jugement. Le simple fait de s'être inscrit dans une auto-école n'est pas de nature à rendre la décision illégale. Par suite le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité la décision portant interdiction de circulation :
11. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. ".
12. Il ressort des pièces du dossier que le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre au public et démontre ainsi son absence de volonté d'intégration et de respect des valeurs de la République comme énoncé au point 6. Si le requérant fait valoir que la décision contestée porterait atteinte aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce moyen doit être écarté pour les même motifs que ceux évoqués au point 8.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Bas-Rhin du 5 novembre 2024 doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1. M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2. Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3. Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Bottemer et au préfet du
Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
H. SimonLe greffier,
R. Van Der Beek
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026