vendredi 30 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2409153 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BERRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 décembre 2024, Mme B D, représentée par
Me Berry, demande au tribunal :
1°) avant dire-droit, d'appeler l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à la cause et d'enjoindre à l'OFII de produire les éléments sur lesquels il s'est fondé ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 mai 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, subsidiairement et aux mêmes conditions, de réexaminer sa situation en lui délivrant dans l'intervalle une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- l'existence d'un avis du collège des médecins de l'OFII n'est pas établi ;
- la preuve de la composition régulière du collège n'est pas établie ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle se fonde sur une décision illégale ;
- elle est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la fixation du pays de destination :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle se fonde sur une décision illégale ;
- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 novembre 2024 du tribunal judiciaire de Strasbourg.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le
26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 avril 2025 :
- le rapport de M. Laurent Boutot, premier conseiller,
- les observations de Me Berry, avocate de Mme D, et de Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante géorgienne, est entrée en France en novembre 2019. Après le rejet de sa demande d'asile, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant malade, demande rejetée par un arrêté de la préfète du Bas-Rhin du 24 août 2020. Le 7 décembre 2023, Mme D a réitéré sa demande. Par un arrêté du 6 mai 2024, dont elle demande l'annulation, la préfète du Bas-Rhin a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence de l'auteur des décisions contestées :
2. Par un arrêté du 8 mars 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à Mme C E pour signer les décisions contestées. Le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, le préfet du Bas-Rhin produit en défense l'avis du 21 mars 2024 du collège des médecins de l'OFII, dont l'existence est dès lors établi.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'avis du 21 mars 2024 a été établi par les Drs. M, A.. et C, sur la base du rapport médial préalable du Dr. R, qui n'a dès lors pas siégé au sein du collège. Le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, par une décision du 11 janvier 2024, publiée sur le site internet de l'OFII, son directeur général a désigné les médecins précités pour participer au collège à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". En l'espèce, pour rejeter la demande présentée par Mme D sur le fondement de ces dispositions, la préfète du Bas-Rhin s'est notamment fondée sur l'avis émis le 21 mars 2024 par le collège des médecins de l'OFII et aux termes duquel l'état de santé de son fils, né en 2018 et atteint de panhypopituitarisme, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'il peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Mme D conteste la teneur de cet avis. Toutefois, le certificat médical du 24 décembre 2023, seule pièce médicale versée au dossier, se limite à décrire la nature de la pathologie et le traitement requis, sans se prononcer sur la disponibilité d'un traitement approprié dans le pays d'origine, et il n'est pas établi que les documents généraux, également versés au dossier, relatifs au système de santé géorgien, seraient en rapport direct avec la pathologie particulière du fils de Mme D. En défense, le préfet du Bas-Rhin établit que l'hydrocortisone et le Minirin MELT, prescrits à ce dernier, figurent sur la liste des médicaments commercialisés en Géorgie. Dans ces conditions, et sans qu'il y ait lieu de faire droit aux mesures d'instructions sollicitées qui ne sont pas utiles à la résolution du litige, le moyen doit être écarté.
7. En cinquième lieu, Mme D invoque la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant. Toutefois, il n'est établi par aucun élément probant que le fils de la requérante, dont l'intérêt supérieur est de demeurer avec sa mère, ne pourrait bénéficier dans son pays d'origine d'un suivi adéquat, ainsi qu'il a été dit au point précédent. Le moyen doit être écarté.
8. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est assorti d'aucun élément circonstancié, Mme D ne justifiant ni de liens privés et familiaux ni d'une quelconque intégration. Le moyen doit être écarté.
9. En septième lieu, en l'absence d'éléments nouveaux, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs qu'aux points précédents.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour ayant été écartés, le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
11. En deuxième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont assortis d'aucun élément nouveau et doivent dès lors être écartés pour les mêmes motifs que précédemment.
En ce qui concerne la décision relative au pays :
12. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour ayant été écartés, le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
13. En deuxième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont assortis d'aucun élément nouveau et doivent dès lors être écartés pour les mêmes motifs que précédemment. Il en va de même du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que l'impossibilité d'un accès affectif aux soins en Géorgie n'est pas établie.
14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de faire intervenir l'OFII à l'instance, que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 6 mai 2024. Il y a lieu, par suite, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Me Berry et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Boutot, premier conseiller,
Mme Jordan-Selva, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 mai 2025.
Le rapporteur,
L. Boutot
Le président,
S. Dhers
La greffière,
D. Hirschner
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026