mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2500281 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ROMMELAERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 et 21 janvier 2025, M. C A, représenté par Me Rommelaere, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2025 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2025 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a assigné à résidence dans le département du Haut-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, au besoin sous astreinte ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
4°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de supprimer son signalement dans le système d'information Schengen dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et les dispositions des articles L. 423-7, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité qui affecte la décision de refus de séjour ;
- elle est illégale dès lors qu'il peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité qui affecte l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité qui affecte l'obligation de quitter le territoire français ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité qui affecte l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur l'assignation à résidence :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité qui affecte l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2025, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouzar en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience :
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouzar, magistrat désigné ;
- les observations de Me Rommelaere, avocate de M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de M. B, représentant le préfet du Haut-Rhin ;
- et les observations de M. A.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, enregistrée le 24 janvier 2025, a été produite pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né en 2000, est entré irrégulièrement sur le territoire français en 2022. Il s'est marié le 14 octobre 2022, à Colmar, avec une ressortissante française. Un enfant est né de leur union le 27 août 2023. Il a sollicité du préfet du Haut-Rhin un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 23 décembre 2024, le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un jugement du 8 janvier 2025, la magistrate désignée du tribunal a annulé cet arrêté pour vice de forme. Par un nouvel arrêté du 9 janvier 2025, le préfet du Haut-Rhin a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, le préfet du Haut-Rhin l'a assigné à résidence dans le département du Haut-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée comporte de manière suffisante les considérations de droit et de fait qui la fondent, peu importe à cet égard que le préfet, d'après le requérant, n'aurait pas visé les dispositions dont il aurait demandé l'application. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
4. Le préfet du Haut-Rhin a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour au motif que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, alors que ce seul motif aurait pu fonder sa décision, le préfet du Haut-Rhin a également considéré qu'il ne remplissait pas les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement du c) du 1 de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, qui prévoit la délivrance d'un titre de séjour d'une durée de dix ans au ressortissant tunisien père d'un enfant français résidant en France. Si M. A soutient avoir sollicité un titre de séjour, non sur le fondement de cet article, mais sur le fondement de l'article 7 quater du même accord et de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort de la décision attaquée que le préfet a considéré, après un nouvel examen attentif de son dossier, qu'il ne pouvait pas davantage bénéficier d'un titre de séjour de plein droit en application des autres stipulations de l'accord franco-tunisien et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont l'article L. 423-7 est d'ailleurs visé. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Haut-Rhin n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et en particulier du jugement du 21 mai 2024 du tribunal correctionnel de Colmar que M. A a été condamné à une peine de quatre mois d'emprisonnement ferme avec interdiction de paraître dans certains lieux pendant deux ans et interdiction d'entrer en relation avec la victime pendant la même durée, pour des faits de violences conjugales sans incapacité, commis du 1er septembre au 31 décembre 2023, violences conjugales sans incapacité en présence d'un mineur, du 2 au 3 janvier 2024 et menace de mort réitérée, du 1er septembre au 31 décembre 2023, l'intéressé lui ayant proféré à son épouse des propos, reproduits dans le jugement du tribunal correctionnel, d'une particulière gravité. Il ressort également de ce jugement que le tribunal a considéré que M. A, au regard de sa personnalité et de sa situation personnelle, familiale et sociale, ne présentait pas de garanties suffisantes pour prévenir la réitération des faits et ne manifestait pas une réelle prise de conscience du trouble causé.
6. M. A, qui rappelle que sa peine a été exécutée sous le régime du placement extérieur dans le cadre du dispositif " Equilibre " et qu'il était à ce titre hébergé à titre provisoire dans une chambre, soutient qu'il a scrupuleusement respecté les obligations et interdictions qui lui incombaient. Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en ayant considéré, pour les motifs qui viennent d'être rappelés, que sa présence constituait une menace pour l'ordre public, le préfet du Haut-Rhin a commis une erreur d'appréciation. Par conséquent, ce moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que, alors que le préfet du Haut-Rhin pouvait, pour le seul motif de la menace à l'ordre public, refuser de délivrer à M. A un titre de séjour, comme le prévoient les articles L. 412-5 et L. 432-1 précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la circonstance alléguée, à la supposer même établie, qu'il remplirait les conditions prévues aux articles 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir de plein droit un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée.
8. En cinquième lieu, le préfet du Haut-Rhin fait valoir sans être contredit que M. A n'a pas demandé de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, M. A ne peut utilement soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions de cet article.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. A est séparé de son épouse et a demandé le divorce en novembre 2024. Le requérant expose par ailleurs que son épouse, qui ne souhaiterait pas la garde de leur enfant, a confié ce dernier aux parents de M. A, en Tunisie. Enfin, il est constant que M. A ne séjourne que depuis l'année 2022 en France, où il ne justifie d'aucun autre lien personnel ou familial. Il ne justifie pas davantage d'éléments d'intégration dans la société française. Dans ces conditions, le préfet du Haut-Rhin a pu refuser de lui délivrer un titre de séjour sans qu'il soit porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel cette mesure a été prise. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement est illégale par voie de conséquence de l'illégalité dont serait entachée selon lui la décision de refus de séjour.
12. En deuxième lieu, ainsi qu'exposé précédemment, compte tenu de la menace pour l'ordre public que représente la présence en France de M. A, il n'est pas fondé à soutenir qu'il peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour et que, pour ce motif, il ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
13. En troisième lieu, pour les motifs précédemment exposés, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
15. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure d'éloignement attaquée a été prise en méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant de M. A. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
Sur la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité dont serait entachée selon lui l'obligation de quitter le territoire français.
17. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ".
18. Il ressort des pièces du dossier que, pour les motifs exposés précédemment, le préfet du Haut-Rhin a pu à bon droit considérer que le comportement du requérant constituait une menace pour l'ordre public et décider, pour ce seul motif, de refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en adoptant cette décision, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision fixant le pays de destination :
19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité dont serait entachée selon lui l'obligation de quitter le territoire français.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
21. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité dont serait entachée selon lui l'obligation de quitter le territoire français.
22. En deuxième lieu, pour adopter la décision attaquée à l'encontre de M. A, le préfet du Haut-Rhin a relevé l'irrégularité de son entrée et la courte durée de sa présence en France, l'absence de liens sur le territoire français et la menace qu'il représente pour l'ordre public. Le fait que M. A n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ou ses liens familiaux en France ne constituent pas, contrairement à ce qu'il allègue, des circonstances humanitaires de nature à s'opposer à l'adoption de la mesure attaquée. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans est entachée d'une erreur d'appréciation.
23. En dernier lieu, pour les motifs déjà exposés plus haut, en l'absence de tout autre élément, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Sur la décision d'assignation à résidence :
24. Aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français ".
25. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité dont serait entachée selon lui l'obligation de quitter le territoire français.
26. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
Le magistrat désigné,
M. Bouzar La greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026