jeudi 26 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2500367 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2025, M. C A, représenté par Me Perez, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard, subsidiairement, d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Perez d'une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75-I de la loi du 10 juillet 1991, ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de lui verser directement cette somme.
M. A soutient que :
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
- cette décision est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle est entachée d'erreur de droit en ce que l'administration a exigé la production d'une attestation URSSAF d'une société prête à l'embaucher, alors qu'il n'a pas formulé de demande de titre de séjour au regard d'une activité salariée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité du refus de titre de séjour prive l'obligation de quitter le territoire français de base légale ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Pouget-Vitale, président rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en 1978, est entré régulièrement sur le territoire français le 30 juin 2016, sous couvert d'un visa court séjour valable du 3 mars 2016 au 29 août 2016. Il a déposé le 13 septembre 2017 une demande de titre de séjour au regard de son état de santé, qui a fait l'objet d'un refus accompagné d'une obligation de quitter le territoire français le 15 août 2018, dont la légalité a été confirmée par le tribunal le 8 novembre 2018. Le 3 janvier 2023, M. A a sollicité son admission au séjour au regard de l'article 6.5 de l'accord franco-algérien. Par l'arrêté en litige du 4 juillet 2024, le préfet du Bas-Rhin a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, contrairement à ce qui est soutenu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la préfète du Bas-Rhin a procédé à un examen circonstancié de la situation du requérant et des pièces produites au soutien de sa demande. La circonstance que M. A ne partage pas l'appréciation de l'administration sur sa vie privée et familiale ne permet pas de caractériser un défaut d'examen. Le moyen soulevé en ce sens doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien
du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. M. A se prévaut de la durée de son séjour sur le territoire français, de la relation de concubinage qu'il entretient depuis 2019 avec Mme B, ressortissante française, de sa maîtrise de la langue française, et de sa volonté d'intégration en France, notamment par une activité professionnelle. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré en France à l'âge de 38 ans, et n'est pas dépourvu d'attaches personnelles en Algérie, où résident ses parents et trois membres de sa fratrie. Si les pièces produites par M. A, à savoir des avis d'imposition, des relevés bancaires, des factures téléphoniques et d'électricité, ou encore une attestation d'une assistance sociale, permettent, contrairement à ce qu'a estimé la préfète du Bas-Rhin, d'établir qu'il vit en compagnie de Mme B depuis janvier 2022, aucun élément probant ne permet de caractériser la réalité et l'intensité de la relation qui les unit. A ce titre, ni Mme B, ni aucun ami ou proche du couple décrit dans les écritures, n'a produit d'attestation permettant d'étayer l'existence d'une telle relation. Dans ces conditions, et alors que M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en 2018 à laquelle il n'a pas déféré, et en dépit de son souhait de travailler en France, la préfète du Bas-Rhin n'a pas porté d'atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en prenant le refus de titre de séjour en litige. Par suite, et alors qu'il résulte de l'instruction que la préfète aurait pris la même décision si elle avait considéré que M. A vivait au même domicile que Mme B depuis janvier 2022, la préfète du Bas-Rhin n'a méconnu ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni l'article 6-5 de l'accord franco-algérien précité.
5. En troisième lieu, il ressort de l'arrêté attaqué qu'en se bornant à constater l'absence de production d'une attestation de l'URSSAF nécessaire à l'instruction d'une demande de titre de séjour au regard du travail, la préfète du Bas-Rhin n'a pas commis d'erreur de droit.
6. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français :
7. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne le moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :
8. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et, partant les conclusions à fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 75-I et 37 de la loi du 10 juillet 1990 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Perez et au préfet du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Pouget-Vitale, premier conseiller, présidant la formation de jugement en application de l'article R. 222-17 du code de justice administrative,
Mme Eymaron, première conseillère,
M. Latieule, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 juin 2025.
Le rapporteur, faisant fonction
de président
V. POUGET-VITALELa première conseillère
A.-L. EYMARON
La greffière,
J. Brosé
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026