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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2500424

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2500424

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2500424
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDURGUN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. B D contestant l'arrêté du préfet du Bas-Rhin du 10 janvier 2025 lui refusant un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour de cinq ans. Le tribunal a écarté les moyens communs aux décisions, estimant que la signataire était compétente par délégation, que les décisions étaient suffisamment motivées et qu'aucun défaut d'examen n'était établi. Il a également jugé que les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'atteinte à la vie privée et familiale (article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme) n'étaient pas fondés, compte tenu de la menace pour l'ordre public et de l'absence de délai de départ volontaire justifiée par les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est donc le rejet de l'ensemble des conclusions de M. D.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 20 et 24 janvier 2025, M. B D, représenté par Me Durgun, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans ;

2°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

- elles ont été édictées par une autorité incompétente ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elles sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elles méconnaissent le respect des droits de la défense ;

- elles portent atteinte à sa vie privée et familiale ;

Sur les autres moyens :

- la tardiveté de sa demande de renouvellement de sa carte de résident est liée à son incarcération ;

- son comportement ne présente pas une menace à l'ordre public ;

- le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision refusant un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perabo Bonnet en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Perabo Bonnet, magistrate désignée ;

- les observations de Me Durgun, avocate de M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient en outre que le requérant bénéficie d'un contrat de travail, il voit régulièrement sa fille, qui réside à Bischwiller et contribue à son entretien et à son éducation ;

- et les observations de M. D, assisté de Mme G, interprète en langue arabe, qui n'a pas souhaité faire d'observations complémentaires.

Le préfet du Bas-Rhin n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

1. En premier lieu, par un arrêté du 28 octobre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin le même jour, le préfet du Bas-Rhin a donné délégation en cas d'absence ou d'empêchement de M. A F, directeur des migrations et de l'intégration, à Mme E C, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer les décisions attaquées. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. F n'aurait pas été absent ou empêché à la date de ces décisions. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige doit être écarté.

2. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes des décisions attaquées que celles-ci mentionnent l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées doit être écarté.

3. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions attaquées ni des pièces du dossier que le préfet du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à l'examen de la situation particulière de l'intéressé avant de de prendre à son encontre les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen de sa situation doit être écarté.

4. En quatrième lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance du respect des droits de la défense ne sont pas assortis des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite ces moyens ne peuvent qu'être écartés.

Sur les autres moyens :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'absence de menace grave pour l'ordre public, de l'établissement de la résidence habituelle de l'étranger en France et des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit. ". En vertu de l'article R. 431-5 du même code : " " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'une demande de renouvellement de carte de résident doit être présentée, à peine d'irrecevabilité, entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce cette carte. Lorsque le préfet est saisi d'une demande de renouvellement après l'expiration de ce délai, cette demande doit être regardée comme tendant à la première délivrance d'un titre de séjour de même nature.

6. M. D, ressortissant tunisien entré en France le 21 août 2004 à l'âge de 17 ans, sous couvert d'un visa délivré au titre du regroupement familial, a bénéficié à sa majorité d'une carte de résident portant la mention " enfant au titre du regroupement familial ", régulièrement renouvelée jusqu'au 24 mai 2024. Il ressort des pièces du dossier qu'il en a sollicité le renouvellement le 30 septembre 2024, soit postérieurement au délai prévu aux dispositions précitées, qui a expiré le 24 mars 2024. La seule circonstance qu'il est incarcéré depuis le 18 janvier 2024 n'est pas de nature à justifier un retard, en l'espèce de plus de six mois, dans le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Dès lors, c'est à bon droit que le préfet a regardé sa demande du 30 septembre 2024 comme tendant à la première délivrance d'une carte de résident.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire () peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

8. M. D est actuellement incarcéré à la maison d'arrêt de Strasbourg depuis le 18 janvier 2024, dans le cadre de sa condamnation par un jugement du tribunal correctionnel de Strasbourg du 19 janvier 2024 à vingt-quatre mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis probatoire pour violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, combinée avec la condamnation par jugement du tribunal correctionnel de Strasbourg à huit mois d'emprisonnement pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, délit de fuite après un accident par conducteur de véhicule terrestre, conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants et sous l'empire d'un état alcoolique, détention non autorisée de stupéfiants, conduite d'un véhicule sans permis, transport non autorisée de stupéfiants, conduite d'un véhicule à une vitesse excessive eu égard aux circonstances, mises en circulation d'un véhicule malgré l'immobilisation prescrite par un agent verbalisateur. En outre, M. D a déjà été condamné le 15 juillet 2015 par le tribunal correctionnel de Strasbourg, à 400 euros d'amende pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, le 4 novembre 2016 par le tribunal correctionnel de Strasbourg à quatre mois d'emprisonnement pour conduite d'un véhicule sans permis (récidive) et récidive de conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants, le 6 janvier 2017, par le tribunal correctionnel de Mulhouse, à un an d'emprisonnement pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, rébellion et violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, le 4 avril 2017, par le tribunal correctionnel de Mulhouse, à deux ans d'emprisonnement dont six mois avec sursis probatoire pendant deux ans pour violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. Dans ces conditions, eu égard à la gravité, à la récurrence des faits commis et au caractère récent des dernières condamnations, le requérant ne saurait soutenir que le préfet du Bas-Rhin, en considérant que son comportement constitue une menace grave à l'ordre public, a méconnu les dispositions précitées et entaché les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. S'il n'est pas contesté que les parents et la sœur du requérant résident régulièrement en France, M. D, célibataire et sans charge de famille, ne fait valoir aucun début d'insertion socio-professionnelle et ne justifie pas avoir noué des liens stables et intenses sur le territoire, ni même entretenir avec les membres de sa famille des liens d'une intensité particulière. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 8, la gravité, la récurrence et le caractère récent des condamnations pénales dont il a fait l'objet démontrent une absence d'intégration républicaine et de capacité à s'amender. Dès lors, le préfet du Bas-Rhin, en adoptant la décision attaquée, n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport au but en vue duquel la décision a été prise. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Dans les circonstances susrappelées, le préfet du Bas-Rhin n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public; () ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; /4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement; / 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour; / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3o de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

12. Eu égard à ce qui a été dit au point 8, et alors même que le requérant, incarcéré, ne présente pas de risque de fuite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions précitées. Le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

13. En dernier lieu, aux termes l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

14. Eu égard à ce qui a été dit aux points 8 et 12, le requérant n'établit pas que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les dispositions de l'article

L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni qu'elle est entachée d'erreur d'appréciation. Le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 janvier 2025. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.

La magistrate désignée,

L. Perabo Bonnet

La greffière,

R. Van Der Beek

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

R. Van Der Beek

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