mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2500636 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GAUDRON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2025, Mme B E, représentée par Me Gaudron demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités autrichiennes ;
3°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a prononcé son assignation à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin, dans un délai de huit jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et attestation de demande d'asile ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros toutes taxes comprises au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, subsidiairement, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
Sur l'arrêté de transfert :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- l'information prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne lui a pas été donnée ;
- l'information prévue par l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ne lui a pas été donnée ;
- elle n'a pas bénéficié d'un entretien individuel conforme aux dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- l'Autriche ne sera pas en mesure de la prendre en charge de sorte que la décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 et l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'assignation à résidence :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle se fonde sur une décision illégale ;
- elle présente un caractère disproportionné ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 4 février 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boutot en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boutot, magistrat désigné ;
- les observations de Me Carraud, substituant Me Gaudron, avocate de Mme E, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- et les observations de Mme E assistée de M. D, interprète en langue turque.
Le préfet du Bas-Rhin n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté de transfert :
2. En premier lieu, par un arrêté du 28 octobre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin du même jour, le préfet du Bas-Rhin a donné délégation à Mme A C à l'effet, notamment, les arrêtés de transfert. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante s'est vue remettre, le 19 septembre 2024, la brochure d'information A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union Européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et la brochure d'information B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", en langue turque. La remise de ces deux brochures, qui constituent la brochure commune prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013, permet aux demandeurs d'asile de bénéficier d'une information complète sur l'application de ce règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 doit être écarté.
4. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'obligation d'information résultant des dispositions de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 est inopérant à l'encontre d'une décision de transfert.
5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme E a bénéficié d'un entretien individuel le 19 septembre 2024, qui s'est déroulé avec le concours d'un interprète en langue turque et dont elle a signé le résumé. Il n'est pas établi que cet entretien, dont le compte-rendu indique qu'il s'est déroulé dans les locaux de la préfecture du Bas-Rhin et qui est revêtu du cachet officiel de la préfecture, n'aurait pas été mené par un agent qualifié. Le moyen doit être écarté.
6. En cinquième lieu, en se bornant à déclarer que l'Autriche ne serait pas en mesure de la prendre en charge dans des conditions décentes, Mme E n'établit pas la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne.
Le moyen ne peut qu'être écarté.
7. En sixième lieu, Mme E soutient que le préfet du Bas-Rhin a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en se prévalant de sa situation familiale et de son état de santé. Toutefois, son entrée en France, au mois de septembre 2024, est très récente, et si elle se prévaut de la présence de son beau-frère, elle n'établit pas entretenir de relations particulières avec ce dernier qui a indiqué à l'audience être présent en France depuis 2001. Concernant la présence de son fils majeur, il ressort des pièces du dossier que celui-ci a vu sa demande d'asile rejetée par la Cour nationale du droit d'asile dans une décision du 21 novembre 2024, et ne justifie dès lors pas d'un droit au maintien sur le territoire. Concernant ses enfants mineurs, " l'attestation sur l'honneur " confiant ces derniers à leur frère majeur est dépourvue de toute force légale, de sorte que ces enfants mineurs, dont la scolarisation est très récente et dont les demandes d'asile ont fait l'objet de décisions de clôture de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 31 octobre 2024, ont vocation à demeurer avec leur mère. Concernant, enfin, les problèmes de santé allégués, les pièces versées au dossier ne permettent pas de constater que ceux-ci seraient d'une gravité de nature à faire obstacle à l'exécution d'une mesure de transfert, ou que la requérante ne pourrait bénéficier de soins appropriés en Autriche. Par suite, le moyen doit être écarté, de même que, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
8. En premier lieu, par un arrêté du 10 janvier 2025 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Bas-Rhin a délégué sa signature à Mme F à l'effet de signer, notamment, la décision contestée. Le moyen doit être écarté.
9. En deuxième lieu, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté comme inopérant.
10. En troisième lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est dès lors régulièrement motivée.
11. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision portant assignation à résidence devrait être annulée, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de transfert, ne peut qu'être écarté.
12. En cinquième lieu, Mme E, qui se trouve dans une situation où, en application de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Bas-Rhin pouvait l'assigner à résidence, n'établit pas qu'en l'obligeant à se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Barr, le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à sa liberté de circulation ou aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme E à fin d'annulation doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1 : Mme E est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à Me Gaudron et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.
Le magistrat désigné
L. BoutotLa greffière
R. Van Der Beek
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
R. Van Der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026