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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2501198

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2501198

mardi 4 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2501198
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantPEREZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 février 2025, M. C B Aba'a, représenté par Me Perez, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône n'a pas renouvelé son autorisation provisoire de séjour " recherche d'emploi " ;

3°) d'ordonner la suspension de la décision du 7 février 2025 par laquelle le préfet du Bas-Rhin s'est déclaré incompétent pour instruire sa demande de renouvellement d'autorisation provisoire de séjour et enregistrer son changement d'adresse ;

4°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

6°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros hors taxes à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, combiné avec l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est présumée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour ;

- le requérant se trouve dans une situation anormalement longue de précarité administrative et matérielle.

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :

En ce qui concerne le refus de renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour :

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 2.2 de l'accord franco-gabonais en ce qu'il remplit les conditions pour se voir renouveler une autorisation provisoire séjour d'une durée de neuf mois ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne le refus de premier titre de séjour :

- la décision méconnaît les stipulations des articles 2.2 et 3 de l'accord franco-gabonais ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne le refus d'enregistrer le changement d'adresse et d'instruire la demande du requérant :

- la décision méconnaît les dispositions de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît les stipulations des articles 2.2 et 3 de l'accord franco-gabonais.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est remplie ;

- le requérant ne peut plus bénéficier du renouvellement de son autorisation provisoire de séjour, dont la dernière était valable jusqu'au 25 août 2023 ;

- la promesse d'embauche datée du 30 octobre 2023 dont il se prévaut a été établie postérieurement à la date d'expiration de sa seconde autorisation provisoire de séjour ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant, le requérant n'ayant pas sollicité son admission au séjour sur ce fondement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République gabonaise relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au codéveloppement signé à Libreville le 5 juillet 2007 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 24 février 2025 à 14h30 en présence de Mme Anjard, greffière d'audience :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me Perez, représentant M. B Aba'a, présent à l'audience.

Le préfet du Bas-Rhin n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B Aba'a, ressortissant gabonais né le 2 octobre 1995, est entré en France le 21 octobre 2016 muni d'un visa de type D " étudiant " valable jusqu'en 2022. Il s'est ensuite vu délivrer une autorisation provisoire de séjour mention " recherche d'emploi ", valable du 19 septembre 2022 au 18 juin 2023. Le 18 juin 2023, il a sollicité le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour auprès des services de la préfecture du Bas-Rhin. Ayant déménagé à Lyon, son dossier a été transféré à la préfecture du Rhône et il s'est vu remettre par le préfet du Bas-Rhin une autorisation provisoire de séjour de deux mois, valable jusqu'au 25 août 2023. En juillet 2023, il a sollicité le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour " recherche d'emploi " auprès de la préfecture du Rhône. Du silence gardé par le préfet du Rhône est née, le 24 juillet 2024, une décision implicite de rejet, dont le requérant demande la suspension. Par une demande du 6 janvier 2025, le requérant a effectué une demande de premier titre de séjour " salarié " ainsi que le renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour portant la mention " recherche d'emploi " auprès de la préfecture du Bas-Rhin. Par une décision du 7 février 2025, dont le requérant demande également la suspension, le préfet du Bas-Rhin n'a pas instruit sa demande au motif que son employeur n'a pas déposé de demande d'autorisation de travail.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B Aba'a au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension :

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête de M. B Aba'a n'est manifestement de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées.

5. Il suit de là, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, que les conclusions de la requête de M. B Aba'a tendant à la suspension de l'exécution des décisions contestées ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'il présente à fin d'injonction et celles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative combiné avec l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B Aba'a est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B Aba'a est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B Aba'a, à Me Perez et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Strasbourg, le 4 mars 2025.

Le juge des référés,

T. A

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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