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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2501337

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2501337

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2501337
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8e chambre
Avocat requérantSELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. B... et la SARL MB Assur d'un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du 2 octobre 2024 du maire d'Ars-Laquenexy accordant un permis d'aménager un lotissement de quarante lots à la société LHA, ainsi que contre le rejet du recours gracieux. Les requérants invoquaient notamment l'incomplétude du dossier, des risques d'inondation et liés à une canalisation d'azote, une atteinte aux zones humides et aux espèces protégées, ainsi que l'illégalité du plan local d'urbanisme intercommunal. En cours d'instance, la commune et la société LHA ont fait valoir que l'arrêté attaqué avait été retiré le 1er septembre 2025. Par conséquent, le tribunal a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête, les décisions contestées ayant disparu de l'ordre juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 février 2025, M. A... B..., représenté par la Selarl Cossalter, de Zolt & Couronne, demande au tribunal :
avant dire droit, d’ordonner une médiation ;
d’annuler l’arrêté du 2 octobre 2024 par lequel le maire de la commune d’Ars-Laquenexy a accordé à la société LHA un permis d'aménager un lotissement de quarante lots sur un terrain situé lieu-dit « Sur Sevry », ainsi que la décision du 10 décembre 2024 rejetant son recours gracieux ;
de mettre solidairement à la charge de la commune d’Ars-Laquenexy et de la société LHA une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- il a un intérêt pour agir et sa requête est recevable ;
- le dossier de demande de permis d'aménager est incomplet, en méconnaissance des dispositions des articles R. 441-3, R. 441-7 et R. 421-26 du code de l’urbanisme ;
- les décisions attaquées méconnaissent l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme, compte tenu d’une part du risque d’inondation par remontée de nappes sur le terrain d’assiette du projet et, d’autre part, de celui induit par la présence d’une canalisation de transport d’azote, qui n’a pas été totalement pris en considération ;
- les décisions attaquées méconnaissent l’article R. 111-26 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet emportera destruction de deux des trois zones humides présentes sur son terrain d’assiette, portera atteinte à une espèce végétale protégée, comporte un défrichement de 7 700 m² qui n’a pas été préalablement autorisé et nécessite une dérogation au titre des espèces protégées ;
- les décisions attaquées sont illégales en conséquence de l’illégalité de l’article 1AUC 2-1 du plan local d'urbanisme intercommunal de Metz Métropole approuvé par une délibération du 3 juin 2024, dès lors que l’exécution de cette délibération a, par une ordonnance du tribunal administratif de Strasbourg n° 2404938, 2405464 du 8 novembre 2024, été suspendue en tant qu’elle institue des zones 1AU et 2AU et fixe des orientations d'aménagement et de programmation sectorielles ; les décisions attaquées méconnaissant également les dispositions des articles 1 AU3.2, 1 AU6, 1 AU13 du règlement du plan local d'urbanisme communal remises en vigueur par l’effet de la déclaration d’illégalité du plan local d’urbanisme intercommunal et étant en outre incompatibles avec l’OAP n° 1 de ce document d’urbanisme antérieur ;
- à titre subsidiaire, les décisions attaquées méconnaissent l’article 8 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal de Metz Métropole relatif aux conditions de desserte par les voies publiques ou privées des unités foncières ;
- elles sont incompatibles avec l’OAP sectorielle « Ars Laquenexy – Louis Godfrin » du plan local d'urbanisme intercommunal de Metz Métropole s’agissant des aménagements paysagers.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 21 février 2025, la SARL MB Assur, représentée par la Selarl Cossalter, de Zolt & Couronne, demande au tribunal :
1°) avant dire droit, d’ordonner une médiation ;
2°) d’annuler l’arrêté du 2 octobre 2024 par lequel le maire de la commune d’Ars-Laquenexy a accordé à la société LHA un permis d'aménager un lotissement de quarante lots sur un terrain situé lieu-dit « Sur Sevry », ainsi que la décision du 10 décembre 2024 rejetant le recours gracieux présenté par M. B... ;
3°) de mettre solidairement à la charge de la commune d’Ars-Laquenexy et de la société LHA une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- elle a un intérêt pour agir et sa requête est recevable ;
- elle s’associe à la requête déposée par M. B....

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 mai 2025 et 7 novembre 2025, la société LHA, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’annulation et au rejet du surplus des conclusions de la requête de M. B....

Elle soutient que le maire de la commune d’Ars-Laquenexy a procédé, le 1er septembre 2025, au retrait de l’arrêté du 2 octobre 2024 attaqué.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 mai 2025 et 7 novembre 2025, la commune d’Ars-Laquenexy, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’annulation et au rejet du surplus des conclusions de la requête de M. B....

Elle soutient qu’elle a procédé, le 1er septembre 2025, au retrait de l’arrêté du 2 octobre 2024 attaqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Malgras, rapporteure,
- les conclusions de Mme Kalt, rapporteure publique,
- les observations de Me Bizzarri, pour M. B... ;
- les observations de M. C..., pour la commune d’Ars-Laquenexy et la société LHA.

La SARL MB Assur n’était ni présente, ni représentée.


Considérant ce qui suit :

Le 10 juin 2024, la société LHA a sollicité la délivrance d’un permis d'aménager un lotissement de quarante lots, d’une superficie de 21 455 mètres carrés, sur un terrain situé lieu-dit « Sur Sevry » à Ars-Laquenexy, en zone 1AUC du plan local d'urbanisme intercommunal de Metz Métropole, zone ouverte à l’urbanisme dans le cadre d’une opération d’ensemble encadrée par une orientation d’aménagement et de programmation (OAP). Par un arrêté du 2 octobre 2024, le maire de la commune d’Ars-Laquenexy a délivré ce permis d'aménager. Par un courrier du 9 décembre 2024, réceptionné en mairie le même jour, M. B..., propriétaire de la parcelle cadastrée section 12 n° 241 sur laquelle se trouve sa maison d’habitation, a présenté un recours gracieux contre cet arrêté. Par une décision du 10 décembre 2024, le maire d’Ars-Laquenexy a rejeté ce recours gracieux. Par la présente requête, M. B... et sa locataire, la SARL MB Assur, demandent au tribunal d’annuler cet arrêté du 2 octobre 2024 ainsi que cette décision du 10 décembre 2024.

Sur l’intervention de la SARL MB Assur :

La SARL MB Assur, locataire de M. B..., justifie d’un intérêt suffisant à l’annulation de la décision attaquée. Ainsi, son intervention à l’appui de la requête formée par M. B... est recevable.

Sur l’exception de non-lieu à statuer :

Il ressort des pièces du dossier que le maire d’Ars-Laquenexy a, postérieurement à l’introduction de la requête, retiré l’arrêté du 2 octobre 2024 par un arrêté du 1er septembre 2025. Ce retrait est devenu définitif. Il s’ensuit que les conclusions aux fins d’annulation sont devenues sans objet. Il n’y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation présentées par M. B....



Sur les frais de l’instance :
4.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la commune d’Ars-Laquenexy le versement d’une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B... et non compris dans les dépens.

Il n’y a en revanche pas lieu de mettre à la charge de la société LHA la somme que demande M. B... au titre des frais qu’il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

6.
Il n’y a pas lieu, en tout état de cause, de mettre à charge de la commune d’Ars-Laquenexy et de la société LHA la somme que demande la SARL MB Assur au titre des frais qu’elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.


D É C I D E :

L’intervention volontaire présentée par la SARL MB Assur est admise.
Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation présentées par M. B....
La commune d’Ars-Laquenexy versera à M. B... une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les conclusions de la SARL MB Assur au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., à la SARL MB Assur, à la société LHA et à la commune d’Ars-Laquenexy.

Délibéré après l’audience du 28 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Iggert, président,
Mme Malgras, première conseillère,
Mme Thibault, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 décembre 2025.


La rapporteure,





S. MALGRAS


Le président,





J. IGGERT

La greffière,




S. BILGER-MARTINEZ




La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,






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