mercredi 9 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2504382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET - MALBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2501592 en date du 27 mai 2025, le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a renvoyé au tribunal administratif de Strasbourg le dossier de la requête de M. B D.
Par une requête, présentée le 23 mai 2025 au greffe du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne et enregistrée le 27 mai 2025 au greffe du tribunal, M. A B D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 mai 2025 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a désigné un pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Il soutient que :
- il a essayé de régulariser sa situation ;
- il est étudiant à l'université de Strasbourg ;
- sa compagne française est enceinte de ses œuvres.
Par des mémoires complémentaires, enregistrés les 28 et 29 mai 2025, M. B D, représenté par Me Malblanc, reprend ses conclusions et moyens et conclut, en outre, à l'annulation de l'arrêté du 24 mai 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, à ce qu'il soit enjoint au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'État au bénéfice de son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- le préfet du Bas-Rhin a commis une erreur de fait dès lors qu'il n'est pas titulaire d'un passeport malien mais d'un passeport congolais ;
- la décision méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'a pas fait l'objet d'un refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît le droit à l'éducation garanti par l'article 2 du protocole n° 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur le refus d'un délai de départ volontaire :
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- il ne présente pas un risque de fuite ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation :
- elle méconnaît le principe de proportionnalité ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'assignation à résidence :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation :
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Michel, magistrat honoraire inscrit sur la liste prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Michel, magistrat désigné ;
- et les observations de M. B D, qui décrit sa situation.
Le préfet du Bas-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant de la République démocratique du Congo né le 21 septembre 2001, est entré en France au mois d'août 2021 sous couvert de son passeport congolais revêtu d'un visa de long séjour, valable jusqu'au 10 août 2022, portant la mention " étudiant ". Le 20 août 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Le 16 décembre 2022, sa demande de renouvellement a été clôturée en raison de l'incomplétude du dossier. Le 21 mai 2025, M. B D a été interpelé à Metz et placé en retenue pour vérification de son droit au séjour. Il demande l'annulation de l'arrêté du 21 mai 2025 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a désigné un pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ainsi que de l'arrêté du 24 mai 2025 du préfet du Bas-Rhin l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, ce dernier étant devenu compétent, en application de l'article R. 922-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour représenter l'État en défense.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, par un arrêté du 19 mai 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Moselle le même jour, le préfet de la Moselle a donné délégation à M. G, directeur de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer l'ensemble des actes relevant de cette direction à l'exception des arrêtés d'expulsion, et en cas d'absence à M. C I, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et de l'asile. Il n'est ni établi ni même allégué que M. G n'aurait pas été absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, M. B D fait valoir que la décision attaquée indique de façon erronée qu'il a " présenté son passeport malien ". Toutefois, cette erreur de plume isolée, la décision contestée relevant sans inexactitude sa nationalité congolaise, n'a pu avoir aucune influence sur le sens de ladite décision. Le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut, dès lors, pas être accueilli.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit () ".
7. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de la Moselle a vérifié le droit au séjour du requérant et tenu compte de sa durée de présence sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et de sa situation familiale, alors même que l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'y est pas explicitement visé.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. B D a sollicité le 20 août 2022 le renouvellement de son titre de séjour et que sa demande de renouvellement a été clôturée le 16 décembre 2022 en raison de l'incomplétude du dossier. Il doit, dès lors, être regardé comme ayant fait l'objet d'un refus de renouvellement de son titre de séjour. Dans ces conditions, le préfet de la Moselle pouvait légalement l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne garantit pas le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer une vie privée et familiale. En l'espèce, si M. B D invoque sa relation avec une ressortissante française, Mme H, qui serait enceinte de ses œuvres, il ressort des pièces du dossier et, en particulier, des écritures du requérant, qu'il est hébergé à Strasbourg par une tante alors que Mme H réside à Brunoy (Essonne). La réalité d'une vie commune, qui serait au surplus très récente, entre les intéressés, en dépit de l'éloignement, n'est pas établie par la seule production d'une facture d'électricité à leurs deux noms. La présence du père de M. B D, de sa tante ou de parents éloignés ne peut suffire à démontrer, eu égard à l'âge des intéressés, qui ont constitué leur propre cellule familiale, l'intensité des attaches en France de M. B D. Enfin, si le requérant fait valoir qu'il continue de poursuivre en France des études supérieures, il lui appartenait d'effectuer les diligences nécessaires pour obtenir le renouvellement du titre de séjour qui lui avait été délivré en qualité d'étudiant. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment aux conditions de séjour du requérant en France, le préfet de la Moselle, en adoptant la décision attaquée, n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B D une atteinte disproportionnée par rapport au but en vue duquel la décision a été prise. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Dans les circonstances susrappelées, le préfet n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B D.
12. En dernier lieu, alors qu'il n'est pas établi qu'il ne serait pas en mesure de poursuivre sa scolarité en République démocratique du Congo, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît son droit à l'éducation, garanti par le premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, la décision contestée comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. M. B D n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'elle est entachée d'un défaut de motivation.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 dudit code dispose : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
15. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas contesté par M. B D, qu'il est hébergé par sa tante. Il s'ensuit que, contrairement à ce qu'il soutient, il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente. Le préfet de la Moselle pouvait, dès lors, légalement, pour ce seul motif, en l'absence de garanties de représentation suffisantes, nonobstant les circonstances, à les supposer même établies, que M. B D n'aurait pas exprimé son intention de se soustraire à la mesure d'éloignement qui pourrait être édictée et qu'il ne présenterait pas de risque de fuite, lui refuser un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions combinées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du 8° de l'article L. 612-3 du même code.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
17. En premier lieu, la décision portant interdiction de retour pour une durée de deux ans comporte, d'une manière qui n'est pas stéréotypée et qui atteste de la prise en compte de 1'ensemble des critères prévus par la loi au vu de la situation de M. B D, 1'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
18. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de 1'existence d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions citées ci-dessus doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux qui sont exposés au point 11.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
19. En premier lieu, par un arrêté du 7 novembre 2024 régulièrement publié le 8 novembre 2024, le préfet du Bas-Rhin a donné délégation à M. F E, sous-préfet de l'arrondissement de Molsheim, dans le cadre des permanences que ce dernier est amené à assurer, à l'effet de signer notamment la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision doit être écarté comme manquant en fait.
20. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
21. L'arrêté querellé a seulement pour objet d'assigner à résidence M. B D, de lui interdire de sortir du département du Bas-Rhin sans autorisation ainsi que de lui enjoindre de se présenter une fois par semaine aux services de la police aux frontières de Strasbourg à Entzheim. Le requérant n'est pas fondé à soutenir, eu égard à ce qui a été dit au point 11, que ces modalités de contrôle, qui lui imposent des obligations limitées, affecteraient sa vie privée et familiale, alors au surplus qu'il se maintient irrégulièrement sur le territoire français, ou seraient disproportionnées par rapport au but en vue duquel elles ont été prises. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que le préfet du Bas-Rhin aurait entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation ou aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent pas être accueillis.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. B D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 mai 2025 du préfet de la Moselle et de l'arrêté du 24 mai 2025 du préfet du Bas-Rhin. Il y a lieu, par suite, de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B D, à Me Malblanc et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur et au préfet de la Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2025.
Le magistrat désigné,
C. MichelLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026