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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2504503

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2504503

mardi 1 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2504503
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantKILINÇ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. A, ressortissant turc, contestant les décisions du préfet du Bas-Rhin du 28 mai 2025 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, prononçant une interdiction de retour de deux ans et l'assignant à résidence. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence, le signataire disposant d'une délégation régulière, et a jugé que la décision d'éloignement ne méconnaissait pas les articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. A, fondée sur l'absence d'illégalité des actes attaqués au regard des textes applicables, notamment le CESEDA et la convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juin 2025, M. B A, représenté par Me Kilinç, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 28 mai 2025 par lesquelles le préfet du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 mai 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin l'a assigné à résidence dans le département du Bas-Rhin, pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ou une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2000 euros au titre des dispositions de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L.435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et aux dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur de fait quant à sa situation personnelle ;

Sur le refus de lui accorder un délai de départ volontaire :

- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité affectant l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de fait car il ne s'est soustrait qu'à l'exécution d'une seule mesure d'éloignement et non deux ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité affectant le refus de délai de départ volontaire ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme ;

Sur l'assignation à résidence :

- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité affectant l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle a un caractère déloyal ;

- elle est disproportionnée dans ses modalités et entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation professionnelle

Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2025, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement Européen et du Conseil du

26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Weisse-Marchal en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Weisse-Marchal, magistrate désignée ;

- les observations de Me Colleville, substituant Me Kilinç, avocat de M. A, absent à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

Le préfet du Haut-Rhin n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant turc, né le 20 septembre 1981, déclare être entré en France le 11 septembre 2021 sous couvert d'un visa court séjour valable du 1er septembre au 30 octobre 2021. Le 15 juin 2023, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Par arrêté du 7 novembre 2023, dont la légalité a été confirmée par la cour d'appel de Nancy le 13 septembre 2024, le préfet du Haut-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français Le 23 décembre 2024, l'intéressé a de nouveau sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par des arrêtés du 28 mai 2025, dont il demande l'annulation, le préfet du Haut-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire :

2. En premier lieu, par un arrêté du 28 février 2025 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à M. Augustin Cellard, secrétaire général de la préfecture du Haut-Rhin, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figure pas la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée du vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article L. 435-4 de ce code : " " A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l'autorité administrative, l'étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l'article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ou " salarié " d'une durée d'un an. (). Dans l'exercice de sa faculté d'appréciation, l'autorité compétente prend en compte, outre la réalité et la nature des activités professionnelles de l'étranger, son insertion sociale et familiale, son respect de l'ordre public, son intégration à la société française et son adhésion aux modes de vie et aux valeurs de celle-ci ainsi qu'aux principes de la République mentionnés à l'article L. 412-7().

4. En l'espèce, M. A se prévaut d'un contrat à durée indéterminée en tant que chauffeur-livreur depuis le 20 mars 2023 et soutient que ce métier figure parmi les métiers en tension dans la région Grand Est figurant sur la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement établie par l'arrêté du 21 mai 2025. Toutefois, si le métier de chauffeur livreur relève de la liste des métiers et zone géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement dans le Grand Est visée à l'article L. 435-4 précité, l'intéressé ne justifie pas d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France, les seules attestations de son frère ne suffisant pas à l'établir. Et la circonstance qu'il exerce depuis plus de deux ans cette profession ne saurait, à elle seule, démontrer une insertion socio-professionnelle suffisante sur le territoire français. Au demeurant, le requérant ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du 23 janvier 2025 relative à l'admission au séjour des ressortissants étrangers justifiant d'une expérience professionnelle salariée dans des métiers en tension, dès lors, d'une part, que celle-ci ne revêt pas un caractère réglementaire, d'autre part, que les critères de régularisation y figurant ne présentent pas le caractère de lignes directrices susceptibles d'être invoquées mais constituent de simples orientations pour l'exercice, par le préfet, de son pouvoir de régularisation. Par ailleurs, M. A a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le

7 novembre 2023, confirmée par le tribunal administratif de céans le 28 février 2024 et la cour administrative d'appel de Nancy le 13 septembre suivant. S'il fait valoir la présence en France de ses deux frères et de sa sœur, en situation régulière, et de sa mère et suivre des cours de français, cette seule circonstance ne permet cependant pas d'établir qu'il a fixé le centre de ses intérêts privés sur le territoire. Enfin, l'intéressé ne justifie pas être dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine ou vit sa fille et où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-neuf ans. Ainsi, la situation personnelle et familiale du requérant, telle qu'elle a été précédemment exposée, ne relève pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le préfet, en refusant de délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 et L.435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas commis d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation. Pour les mêmes motifs, il a pu légalement prendre la mesure d'éloignement en litige.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

6. Pour les mêmes circonstances que celles énoncées au point 4, le préfet du

Haut-Rhin, en adoptant la décision attaquée, n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ladite décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions et stipulations précitées ne peut qu'être écarté.

7. En quatrième et dernier lieu, comme dit au point 4, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A n'aurait plus d'attaches familiales dans son pays d'origine où réside sa fille mineure avec laquelle il n'établit pas ne plus entretenir de liens alors qu'il verse pour cette enfant une pension alimentaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait de la situation familiale du requérant doit être écarté.

Sur la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement pourtant confirmée par le tribunal administratif de céans le 28 février 2024 et la cour administrative d'appel de Nancy le

13 septembre suivant. Dans ces conditions, en se bornant à soutenir qu'il ne s'est pas soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement contrairement à ce que fait valoir l'administration et qu'il ne présente pas de risque de fuite sans faire état de circonstances particulières, M. A n'est en tout état de cause pas fondée à soutenir que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est illégale.

10. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la mesure d'éloignement à l'encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

11. En troisième lieu, pour les motifs exposés au point 4, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, dès lors qu'il repose sur les arguments qui y sont exposés.

Sur la légalité la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

12. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

13. En premier lieu, il résulte des termes de la décision que, pour la prononcer, le préfet s'est fondé sur la circonstance que M. A s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire, qu'il ne présente aucun élément justifiant son insertion dans la société française et ne justifie pas de circonstances humanitaires justifiant que ne soit pas prononcée d'interdiction de retour. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions des articles précités et sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle du requérant, ni au regard de son droit au respect de sa vie privée et familiale que le préfet du

Bas-Rhin a pu prendre la mesure litigeuse.

14. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision lui refusant un délai de départ volontaire à l'encontre de la décision contestée.

Sur la légalité de la décision portant l'assignation à résidence :

15. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

16. En premier, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire ayant été écartés, le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.

17. En deuxième lieu, En premier lieu, par un arrêté du 14 février 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Haut-Rhin du

17 février 2025, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de M. F D, directeur de l'immigration, de la citoyenneté et de la légalité, à Mme E C, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant assignations à résidence. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D n'aurait pas été absent ou empêché à la date à laquelle a été prise la mesure d'assignation à résidence contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision contestée doit être écarté.

18. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté querellé a seulement pour objet d'assigner à résidence M. A, de lui interdire de sortir du département du

Haut-Rhin sans autorisation, de lui enjoindre de se présenter tous les lundis, entre 9 heures et 11 heures aux services de la police aux frontières à Mulhouse et d'être présent les autres jours durant les mêmes horaires à son domicile. Le requérant n'établit pas qu'il serait dans l'impossibilité de respecter de telles obligations. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant assignation à résidence est, sa durée et ses modalités, disproportionnée à sa situation et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

19. En quatrième lieu, il ressort du courrier du 16 mai 2025 versé au dossier par la préfecture du Haut-Rhin que M. A a été convoqué le 28 mai 2025 au service des étrangers afin de connaître des suites données à sa demande de délivrance d'un titre de séjour. Il s'ensuit que le moyen tiré du caractère déloyal de la mesure litigieuse doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation des arrêtés du 28 mai 2025 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent qu'être rejetées ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2025.

La magistrate désignée,

C. Weisse-MarchalLa greffière,

C. Lamoot

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Lamoot0

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