jeudi 10 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2504896 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCHALCK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juin 2025, M. C G, représenté par Me Schalck, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il présente un caractère disproportionné et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Deffontaines en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Deffontaines, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, né le 23 décembre 1978, de nationalité arménienne, déclare être entré en France le 26 octobre 2014. Sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 21 juillet 2015 que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), 12 mai 2016. Par un arrêté du 29 juillet 2016, le préfet du Bas-Rhin a refusé de l'admettre au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un arrêté du
26 septembre 2019, le préfet du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par un arrêté du 31 janvier 2024, le préfet du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français. Par un arrêté du 4 juin 2025, le préfet du
Bas-Rhin l'a placé en rétention administrative. Suite à une ordonnance de la cour d'appel de Colmar du 11 juin 25, annulant la décision du juge des libertés et de la détention du 9 juin 2025, il a été mis fin à la rétention administrative du requérant. Par un arrêté du 11 juin 2025, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Bas-Rhin l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :
" Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. G au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté du 11 juin 2025 a été signé par Mme A E, adjointe à la cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, qui a reçu délégation à cet effet, en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, directeur des migrations et de l'intégration, et de Mme B, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, par un arrêté du préfet en date du 6 juin 2025, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, accessible tant au juge qu'aux parties. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. F et Mme B n'auraient pas été absents ou empêchés à la date de la décision. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté attaqué, qui comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation ne peut qu'être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé. / () ".
7. Les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées, à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, à savoir s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence.
8. En l'espèce, d'une part, la décision attaquée porte obligation au requérant de se présenter trois fois par semaine à la police aux frontières de Strasbourg, se situant à près de cinquante kilomètres du lieu où le requérant est assigné à résidence. D'autre part, le requérant fait valoir sa vulnérabilité, à savoir le fait qu'il a été opéré le 20 mai 2025 et qu'un rendez-vous post-opératoire est fixé le 19 juin 2025, ainsi qu'une IRM le 23 juin 2025. Toutefois, M. G n'établit pas en quoi son état de santé serait incompatible avec la présentation trois par semaine à la police aux frontières, quand bien même cette dernière ne se situe pas à proximité de son lien d'assignation à résidence, ni en quoi cette obligation et ses modalités présenteraient pour lui un caractère disproportionné au regard de l'objectif d'éloignement poursuivi. De plus, le requérant a fait l'objet de plusieurs décisions d'obligation de quitter le territoire français, évoquées au point 1, qu'il n'a pas exécutées. Par suite, les moyens tirés du caractère disproportionné et de l'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision attaquée ne peuvent qu'être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 juin 2025 pris à son encontre par le préfet du Bas-Rhin doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. G est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C G, à Me Schalck et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2025.
La magistrate désignée,
L. DeffontainesLa greffière,
C. Lamoot
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026