vendredi 11 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2505164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BLANVILLAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 juin 2025, M. A G, représenté par Me Blanvillain, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2025 par lequel le préfet du Moselle l'a assigné à résidence dans le département de la Moselle pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de procéder au réexamen de sa situation dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de compétence ;
- il est insuffisamment motivée ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- c'est à tort que le préfet a considéré que son éloignement constituait une perspective raisonnable ;
- il méconnaît les dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2025, le préfet du Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sophie Malgras en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Malgras, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A G, ressortissant algérien né en 1998, est entré en France le 5 juin 2021, selon ses déclarations. Le 15 janvier 2024, il a été placé en garde à vue pour " violence sur conjoint et menaces de mort ". Par un arrêté du même jour, le préfet de la Moselle lui a notamment fait obligation de quitter le territoire français sans délai. Le 23 janvier 2025, l'intéressé a été placé en garde à vue pour des faits de " violence en état d'ivresse ", " violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, en état d'ivresse " " outrage à personne dépositaire de l'autorité publique " et " rébellion ". Par un arrêté du 25 avril 2025 dont
M. G demande l'annulation, le préfet du Moselle l'a assigné à résidence dans le département de la Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 21 mars 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Moselle du même jour, le préfet de la Moselle a donné délégation en cas d'absence et d'empêchement de M. E H, directeur de l'immigration et de l'intégration, et de M. F D, directeur adjoint, chef du bureau de l'admission au séjour, à Mme C B, cheffe du bureau de l'éloignement et de l'asile, à l'effet de signer les actes se rapportant aux matières relevant de sa direction à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles n'appartient pas la décision attaquée. Il n'est ni établi ni allégué que M. H et M. D n'auraient pas été absents ou empêchés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de Mme B, signataire de la décision attaquée, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, la circonstance que le requérant a fait l'objet de deux précédentes tentatives d'éloignement les 5 mars 2025 et 21 mars 2025 ayant échoué du fait du refus par les autorités algériennes de son débarquement, en méconnaissance de l'accord bilatéral
franco-algérien du 11 juillet 1994, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'eu égard à ces tentatives, il doit être regardé comme ayant exécuté la mesure d'éloignement prise à son encontre et qu'il ne se maintient ainsi plus irrégulièrement sur le territoire français.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 de ce code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. Il appartient au requérant qui conteste l'existence de perspectives raisonnables d'éloignement d'apporter des éléments objectifs de nature à caractériser leur absence.
6. En l'espèce, M. G a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en date du 15 janvier 2024, soit depuis moins de trois ans, pour laquelle le délai de départ volontaire n'a pas été accordé. En outre, il est titulaire d'un passeport algérien valable jusqu'au 17 mars 2028. Enfin, le 24 mars 2025 préfet de la Moselle a demandé à la division nationale de l'éloignement de la police aux frontières un " plan de voyage d'éloignement " dont il ressort que l'intéressé peut embarquer sur un vol commercial à destination de l'Algérie depuis le
29 mars 2025. Dans ces conditions, et en dépit des deux précédentes tentatives d'éloignement infructueuses évoquées au point 4, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable.
7. En dernier lieu, compte-tenu de ce qui a été exposé aux points 4 et 6, M. G n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la mesure d'éloignement qui fonde l'assignation contestée a été exécutée et que le préfet aurait ainsi dû prendre une nouvelle décision portant obligation de quitter le territoire français.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 avril 2025 pris à son encontre par le préfet du Moselle doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A G, à Me Blanvillain et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2025.
La magistrate désignée,
S. MalgrasLa greffière,
C. Lamoot
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026