mardi 29 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2505653 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GAUDRON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2025, M. B A, représenté par Me Gaudron demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités autrichiennes ;
3°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a prononcé son assignation à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et un formulaire de demande d'asile, dans un délai de huit jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros TTC au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur l'arrêté de transfert :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- l'information prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne lui a pas été donnée ;
- l'information prévue par l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ne lui a pas été donnée ;
- il n'a pas bénéficié d'un entretien individuel conforme aux dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 et conduit par un agent qualifié ;
- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors que les autorités autrichiennes ne se reconnaissent pas responsables de sa demande d'asile ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 et l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu des conditions de prise en charge des demandeurs d'asile en Autriche ; elle méconnaît ainsi l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'assignation à résidence :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle se fonde sur un arrêté de transfert illégal ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Boutot en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boutot, magistrat désigné ;
- les observations de Me Carraud substituant Me Gaudron, qui soutient qu'il n'est pas établi que les autorités autrichiennes seraient responsables de la demande d'asile de M. A ;
- et les observations de M. A, assisté de Mme G, interprète en langue turque.
Le préfet du Bas-Rhin n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence de l'auteur des décisions contestées :
2. Par un arrêté du 29 avril 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin le 30 avril 2025, le préfet du Bas-Rhin a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de M. D F, directeur par intérim des migrations et de l'intégration et de Mme I E, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à Mme C H, cheffe du pôle régional Dublin, à l'effet de signer notamment les décisions de la nature de celle en litige. Il n'est pas allégué et il ne ressort pas des pièces du dossier que M. F et Mme E n'auraient pas été absents ou empêchés à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré l'incompétence de l'auteur des décisions contestées doit être écarté.
En ce qui concerne l'arrêté de transfert :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est vu remettre, le 3 avril 2025, la brochure d'information A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union Européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et la brochure d'information B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", en langue turque. La remise de ces deux brochures, qui constituent la brochure commune prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, permet aux demandeurs d'asile de bénéficier d'une information complète sur l'application de ce règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'obligation d'information résultant des dispositions de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du
26 juin 2013 est inopérant à l'encontre d'une décision de transfert.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié d'un entretien individuel le 4 avril 2025, qui s'est déroulé avec le concours d'un interprète en langue turque et dont elle a signé le résumé. Il n'est pas établi par aucun commencement de preuve que cet entretien, dont il ressort des pièces du dossier qu'il s'est déroulé dans les locaux de la préfecture et dont le compte-rendu comporte le tampon officiel ainsi que les initiales " CJ " de l'agent l'ayant conduit, n'aurait pas été mené par un agent qualifié. Le moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 20-5 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013 : " L'État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite pour la première fois est tenu, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, et en vue d'achever le processus de détermination de l'État membre responsable de l'examen de la demande de protection internationale, de reprendre en charge le demandeur qui se trouve dans un autre État membre sans titre de séjour ou qui y introduit une demande de protection internationale après avoir retiré sa première demande présentée dans un autre État membre pendant le processus de détermination de l'État membre responsable ". En l'espèce, le préfet du Bas-Rhin a saisi les autorités autrichiennes d'une demande de reprise en charge sur le fondement de l'article 18 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013. Ces autorités se sont reconnues compétentes sur le fondement de l'article 20-5 de ce règlement. M. A soutient que l'arrêté contesté est entaché d'erreur de droit en faisant valoir que les autorités autrichiennes " ne se reconnaissent pas responsables " de sa demande d'asile. Toutefois, tel qu'il est articulé, le moyen est sans portée, dès lors que les autorités autrichiennes ne se sont pas reconnues responsables pour examiner la demande d'asile de M. A, mais seulement pour déterminer l'État membre responsable de cette demande. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé une demande d'asile en Autriche, le 25 mars 2025, préalablement à l'enregistrement de sa demande d'asile en France, le 25 avril 2025. Dans ces conditions, l'erreur de droit, tirée de l'inapplicabilité de l'article 20-5, n'est pas établie. Le moyen doit être écarté.
7. En cinquième lieu, M. A soutient que l'Autriche n'est pas en mesure de le reprendre en charge dans des conditions décentes. En se limitant toutefois à cette assertion non étayée, le requérant n'établit pas que la décision contestée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013 ou qu'elle contreviendrait à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ou à l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne. Le moyen ne peut qu'être écarté.
8. En sixième lieu, M. A soutient que la décision contestée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Son entrée en France est cependant très récente et en se bornant à évoquer la présence de ses cousins, il ne justifie d'aucun lien effectif susceptible de protection. Le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
9. En premier lieu, le moyen tiré du défaut d'information, sans incidence sur la légalité de l'acte attaqué, doit être écarté comme inopérant.
10. En deuxième lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est dès lors régulièrement motivée.
11. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision portant assignation à résidence devrait être annulée, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de transfert, ne peut qu'être écarté.
12. En cinquième lieu, M. A, qui se trouve dans une situation où, en application de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du
Bas-Rhin pouvait l'assigner à résidence, n'établit pas qu'en l'obligeant à se présenter une fois par semaine au commissariat central de Strasbourg, où il réside, aurait porté une atteinte disproportionnée à sa liberté de circulation ou aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1 : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Gaudron et au préfet du
Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2025.
Le magistrat désigné,
L. BoutotLa greffière,
C. Lamoot
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026