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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2506267

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2506267

jeudi 26 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2506267
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge Unique

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en juge unique, a rejeté la requête de M. A... qui demandait l’annulation du refus de la CAF de la Moselle de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de prime d’activité. Le juge a estimé que, si la bonne foi du requérant n’était pas contestée, il n’apportait aucun document pour démontrer sa situation de précarité financière, condition nécessaire à l’octroi d’une remise. La solution retenue s’appuie sur l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui subordonne la remise à la bonne foi ou à la précarité du débiteur.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2025, M. A... demande au tribunal d’annuler la décision du 29 mars 2025 par laquelle la Caisse d'allocations familiales de la Moselle a refusé de lui octroyer une remise gracieuse de sa dette de prime d’activité.

M. A... soutient qu’il est dans une situation financière difficile qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2026, la Caisse d'allocations familiales de la Moselle conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.


Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Simon en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l’audience publique.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.



Considérant ce qui suit :

La Caisse d'allocations familiales de la Moselle a mis à la charge de M. A... une dette d’un montant indéterminé résultant d’un trop-perçu de prime d’activité. L’intéressé a sollicité la remise gracieuse de sa dette ce que la Caisse d'allocations familiales de la Moselle a refusé par une décision du 29 mars 2025. Par la présente requête, M. A... demande l’annulation de cette décision et la remise gracieuse de sa dette.
Aux termes de l’article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : « Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d’une activité professionnelle a droit à une prime d’activité, dans les conditions définies au présent titre ». Aux termes de l’article L. 843-1 du même code : « La prime d’activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l’État, par les caisses d’allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ». Aux termes de l’article R. 846-5 du même code : « Le bénéficiaire de la prime d’activité est tenu de faire connaître à l’organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l’établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l’un ou l’autre de ces éléments ». Aux termes de l’article L. 845-3 de ce code : « La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration » ;
Il appartient au juge administratif, saisi d’une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d’indu de prime d’activité, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l’examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l’administration.
Il résulte de l’instruction que l’indu de prime d’activité dont le remboursement est réclamé à M. A... par la Caisse d'allocations familiales de la Moselle et dont il demande la remise gracieuse n’est pas contesté. La caisse ne remet pas en cause sa bonne foi. Il peut donc prétendre à une remise gracieuse totale ou partielle en fonction de sa situation de précarité. Cependant, malgré la demande du tribunal de justifier sa situation financière, le requérant n’apporte aucun document de nature à démontrer sa situation de précarité. Par suite, il n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision du 29 mars 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales de la Moselle a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... ne peut être que rejetée.

D E C I D E :


La requête de M. A... est rejetée.
Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la Caisse d'allocations familiales de la Moselle.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2026




Le magistrat désigné,


H. SIMON
La greffière,


F. DOGUI







La République mande et ordonne au Ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



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