lundi 11 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2506534 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7, 9 et 11 août 2025,
M. A B, retenu au centre de rétention de Geispolsheim (67118), représenté par Me Adib, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;
3°) d'annuler la décision implicite de retrait de sa carte de résident ;
4°) de surseoir à statuer dans l'attente de la réponse de la Cour nationale du droit d'asile sur la demande d'avis qu'il a formulé auprès d'elle ;
5°) de l'admettre au séjour provisoire ;
6°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend.
Sur la décision portant retrait de la carte de résident :
- la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L. 432-13 et L. 412-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 424-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision en litige a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L. 432-13 et L. 412-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est illégale dès lors que sa carte de résident est valable en raison de l'annulation par le tribunal de céans en date du 10 janvier 2025 de la décision portant retrait de sa carte de résident prise par le préfet du Bas-Rhin le 12 décembre 2024 ;
- la base légale de la décision n'est pas mentionnée dans les visas alors qu'il est indiqué dans les motifs de celle-ci qu'elle est prise sur le fondement de l'article L. 611-1 alinéa 5, le privant de la connaissance de ladite base légale ;
- elle est fondée sur le premier, deuxième et cinquième alinéa de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que sa situation relève du troisième alinéa ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant au regard de la menace à l'ordre public qu'il représente ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
Sur la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est illégale au regard de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur le fondement de laquelle elle a été prise ;
- son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- il ne présente pas de risque de fuite ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision attaquée est illégale au regard de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur le fondement de laquelle elle a été prise ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le principe de non-refoulement ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée est illégale au regard de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur le fondement de laquelle elle a été prise ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle ne vise pas l'article L. 611-1 alinéa 5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux circonstances humanitaires qu'il fait valoir ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction.
Sur les conclusions à fin de sursis à statuer :
- il doit être sursis à statuer en attendant la réponse de la Cour nationale du droit d'asile sur la demande d'avis qu'il a formulé auprès d'elle sur le fondement de l'article L. 532-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Klipfel en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Klipfel, magistrate désignée, qui a soulevé un moyen d'ordre public tenant à l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de retrait de la carte de résident du requérant, cette décision n'existant pas ;
- les observations de Me Adib, avocate de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. B.
Le préfet du Bas-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / ().". Aux termes de l'article 61 du décret susvisé du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par la juridiction compétente ou son président ou par le président de la commission mentionnée à l'article L. 432-13 ou à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de retrait de sa carte de résident :
3. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de retrait de la carte de résident du requérant sont irrecevables, cette décision n'existant pas. Par conséquent, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 août 2025 :
4. Il est constant que, par un arrêté du 12 décembre 2024, le préfet du Bas-Rhin a retiré au requérant sa carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour pour une durée de cinq ans. Il est également constant que cet arrêté a été annulé par un jugement du tribunal du 10 janvier 2025. Par conséquent, eu égard à l'autorité absolue de la chose jugée, le préfet du Bas-Rhin ne pouvait légalement prendre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre du requérant dans la mesure où l'annulation contentieuse de l'arrêté du 12 décembre 2024 a eu pour effet d'annuler le retrait de la carte de résident du requérant et de laisser subsister sa carte de résident valable jusqu'au 25 mars 2029.
5. Il résulte de tout ce qui précède, que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions de refus d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour pour une durée de cinq ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Adib, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Adib de la somme de 1 000 euros hors taxe.
D É C I D E :
Article 1 : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 2 août 2025 du préfet du Bas-Rhin est annulé.
Article 3 : L'État versera à Me Adib une somme de 1 000 (mille) euros hors taxe en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cet avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée au requérant.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Adib et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur et à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 août 2025.
La magistrate désignée,
V. Klipfel La greffière,
L. Abdennouri
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Abdennouri
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026