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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2506651

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2506651

mardi 26 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2506651
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantKONÉ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a examiné la requête de M. B, ressortissant russe, contestant l'arrêté du préfet du Bas-Rhin ordonnant son transfert aux autorités croates. Le préfet ayant retiré cet arrêté le 13 août 2025, le tribunal a constaté que les conclusions en annulation étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. En conséquence, les demandes d'injonction et de frais irrépétibles ont été rejetées. La décision se fonde sur les dispositions du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 août 2025, M. C B, représenté par Me Kone, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 mai 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités croates ;

3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en tant que demandeur d'asile dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision de transfert est irrégulière dès lors que l'information prévue par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne lui a pas été donnée ;

- elle est insuffisamment motivée s'agissant du critère de responsabilité retenu pour déterminer l'État membre responsable ;

- elle méconnaît l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'article 53-1 de la Constitution ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient qu'un arrêté portant retrait de la décision de transfert a été pris.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant russe né le 2 août 2002, a sollicité l'asile le 16 mai 2025. Par l'arrêté contesté du 29 mai 2025, notifié le 5 août 2025, le préfet du Bas-Rhin a décidé de son transfert vers la Croatie.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

4. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 13 août 2025, le préfet du Bas-Rhin a retiré l'arrêté de transfert litigieux. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 29 mai 2025 sont devenues sans objet et il n'y a pas plus lieu d'y statuer.

5. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du requérant présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 mai 2025.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Kone et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2025.

La magistrate désignée,

S. ALa greffière,

L. Abdennouri

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

L. Abdennouri

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