LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2507037

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2507037

jeudi 11 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2507037
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantELSAESSER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi en référé suspension d'un refus de renouvellement de certificat de résidence algérien opposé à une ressortissante algérienne, conjointe de Français. Le juge a prononcé la suspension de cette décision préfectorale, estimant la condition d'urgence présumée remplie et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6 de l'accord franco-algérien de 1968 propre à créer un doute sérieux. Il a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail, sous astreinte. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1 du code de justice administrative et l'accord franco-algérien.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 août 2025, Mme C A épouse B, représentée par Me Elsaesser, demande au juge des référés :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 août 2025 par laquelle le préfet du Bas-Rhin a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien en qualité de conjointe de Français ;

3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler et, dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, " salarié ", et, subsidiairement, de réexaminer sa situation, le tout sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son avocate en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, si elle n'était pas admise à l'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 euros à lui verser directement.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie, s'agissant d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour, qui a pour effet de la placer en situation irrégulière et risque de lui faire perdre son emploi à brève échéance, alors que celui-ci constitue la seule source de revenus de son foyer ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée les moyens tirés de ce que : elle est insuffisamment motivée ; elle méconnaît les stipulations du paragraphe 2 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, dès lors qu'elle justifie d'une communauté de vie effective avec son époux français, condition à laquelle ces stipulations subordonnent le premier renouvellement du certificat de résidence délivré à ce titre ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux ; la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l'urgence n'est pas caractérisée et qu'aucun des moyens de la requête n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rees, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme A à l'aide juridictionnelle.

Sur la demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. D'une part, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Cette condition est, en principe, remplie dans le cas d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour.

5. Contrairement à ce que soutient le préfet, cette présomption n'est nullement renversée en l'espèce, dès lors qu'il résulte de l'instruction que la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour a pour effet, non seulement de placer Mme A en situation irrégulière, mais également, ainsi qu'il ressort de l'attestation de son employeur du 18 août 2025, de la priver à brève échéance de son contrat de travail à durée déterminée, lequel procure à son foyer sa seule source de revenus.

6. Par ailleurs, Mme A ne contestant pas, dans le cadre de la présente instance, l'obligation de quitter le territoire français qui assortit le refus de séjour en litige, c'est de manière inopérante que le préfet soutient que l'exécution de cette obligation a déjà été suspendue du fait du recours au fond que l'intéressée a, par ailleurs, formé à son encontre.

7. D'autre part, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le préfet a méconnu les stipulations du paragraphe 2 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 en se fondant, à tort, sur l'absence d'une communauté de vie effective de Mme A avec son époux français, apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens qu'elle soulève, que Mme A est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision contestée.

Sur l'injonction et l'astreinte :

9. L'exécution de la présente décision n'implique pas qu'un titre de séjour soit délivré à Mme A. En revanche, elle implique nécessairement le réexamen de sa demande de renouvellement de son titre de séjour et, dans l'attente d'une nouvelle décision à ce sujet, son admission provisoire au séjour, assortie de la possibilité de travailler. En conséquence, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de procéder au réexamen de la situation de Mme A dans un délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance et, dans l'attente, de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais de l'instance :

10. Mme A étant admise, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Elsaesser, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me Elsaesser d'une somme de 1 200 euros

O R D O N N E :

Article 1 : Mme A est admise, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'exécution de la décision du 12 août 2025 par laquelle le préfet du Bas-Rhin a refusé de renouveler le certificat de résidence algérien de Mme A en qualité de conjointe de Français est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Bas-Rhin de procéder au réexamen de la situation de Mme A dans un délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance et, dans l'attente, de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Article 4 : L'Etat versera à Me Elsaesser la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Elsaesser renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse B, au préfet du Bas-Rhin et à Me Elsaesser. Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.

Fait à Strasbourg, le 11 septembre 2025.

Le juge des référés,

P. REES

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions