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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2508977

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2508977

mercredi 19 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2508977
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin refusant de réviser la note de M. C... à l'épreuve orale de l'examen professionnel d'agent de maîtrise. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car le requérant n'a pas démontré un préjudice suffisamment grave et immédiat, malgré l'absence de perspective d'avancement et la perte de traitement alléguée. Par conséquent, les conclusions à fin de suspension et d'injonction ont été rejetées, sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2025 et un mémoire complémentaire, enregistré le 3 novembre 2025, M. A... C... demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin du 14 avril 2025, refusant de réviser sa note de l’épreuve orale de l’examen professionnel d’agent de maîtrise – session 2025 ;


2°) d’enjoindre au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin de « geler » les résultats définitifs de l’examen professionnel d’agent de maîtrise – session 2025, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond de sa requête et de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de condamner le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin à lui verser une somme de 3 000 euros au titre des préjudices qu’il a subis ;

4°) de mettre les frais de procédure à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin.

Il soutient que :
Sur l’urgence :
- la décision le prive de toute perspective d’avancement de grade pour l’année 2025 ; la décision le prive d’opportunités professionnelles immédiates et concrètes ; il ne dispose pas de l’ancienneté requise pour être promu autrement que par la réussite à cet examen professionnel ; plusieurs collectivités territoriales lui avaient proposé des postes d’agents de maitrise sous réserve de la réussite à cet examen :
- cette situation retarde sa progression de carrière et entraîne une perte de traitement durable ; il subit un préjudice moral réel du fait de cette situation ;
- la prochaine session de cet examen n’aura lieu qu’en 2027 ;

Sur l’existence d’un doute sérieux sur la légalité des décisions en litige :
- il a reçu une consigne erronée de la part de l’agent d’accueil lors de son passage à l’épreuve orale de l’examen professionnel d’agent de maîtrise, le 25 février 2025, ce qui l’a conduit à modifier la présentation qu’il avait préparée ; alors qu’il avait initialement préparé une présentation sérieuse, le jury a relevé une « présentation mal structurée » et une « motivation moyenne » ;
- la décision litigieuse portant refus de révision de sa note est entachée d’irrégularité ; les consignes qui lui ont été données ne respectaient pas la note de cadrage officielle ;
- la décision litigieuse est entachée d’un vice de procédure lié à la désorganisation interne constatée le jour de l’épreuve, dans la mesure où l’agent d’accueil a dû envoyer un courrier électronique pour avoir communication des consignes ;
- elle porte atteinte au principe d’égalité entre les candidats, alors que certains candidats ont bénéficié de consignes conformes à la note de cadrage ;
- la décision est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation, la note attribuée ne reflétant pas ses compétences ;
- le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin n’apporte pas d’éléments sur les témoignages qu’il a produits et qui attestent de la véracité de ses allégations ;
- le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin n’est pas de bonne foi et n’a pas donné suite à la proposition de règlement amiable qu’il avait initiée.


Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2025, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
- le requérant n’établit pas que la condition d’urgence est satisfaite ;
- le requérant ne justifie pas qu’il existe un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 mai 2025 sous le numéro 2503605 demandant l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Haas, greffière d’audience, Mme B... a lu son rapport et soulevé un moyen d’ordre public tiré de l’irrecevabilité des conclusions indemnitaires présentées devant le juge des référés.

Aucune des parties n’était présente ou représentée.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».

Il résulte de ces dispositions que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

En l’espèce, M. C... a introduit le présent recours plus de six mois après la réception de ses résultats à l’examen professionnel d’agent de maîtrise et l’édiction de la décision litigieuse. Par ailleurs, s’il fait valoir que la décision litigieuse le prive de toute perspective d’avancement de grade pour l’année 2025, et, plus généralement, de toute perspective professionnelle, que la prochaine session de cet examen n’aura lieu qu’en 2027, et que cette situation retarde sa progression de carrière, entraîne une perte de traitement et lui cause un préjudice moral, ces éléments ne permettent pas de considérer que les effets de la décision litigieuse sur la situation de l’intéressé sont de nature à caractériser une urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, alors notamment qu’il n’apporte aucun élément relatif à sa situation professionnelle et financière actuelle. Par suite, la condition tenant à l’urgence ne peut être regardée comme remplie en l’espèce.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de l’exécution de la décision attaquée ne peuvent qu’être rejetées, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence d’un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Il y a également lieu, par voie de conséquence et en tout état de cause, de rejeter les conclusions à fin d’injonction et les conclusions indemnitaires présentées par le requérant, ainsi que ses conclusions tendant à ce que les frais de procédure soient mis à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin.


Fait à Strasbourg, le 19 novembre 2025.


La juge des référés,




G. B...


La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,






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