Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi en référé suspension par M. C..., ressortissant colombien, contestant le refus de renouvellement de son titre de séjour pris par le préfet du Bas-Rhin le 29 septembre 2025. En cours d'instance, le préfet a retiré cette décision et délivré le titre sollicité le 21 novembre 2025. Le juge des référés a constaté un non-lieu à statuer sur les demandes de suspension et d'injonction, devenues sans objet. L'Etat a été condamné à verser 600 euros à M. C... au titre des frais de justice, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2025, M. B... C..., représenté par Me Rapoport, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 29 septembre 2025 par laquelle le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin ou au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa situation administrative « dans un délai de deux mois à compter d’un mois à la date de la décision à intervenir », sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin ou au préfet territorialement compétent de lui délivrer dans un délai de quinze jours une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à occuper un emploi, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 21 novembre 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer.
Il expose qu’il a décidé de délivrer à M. C... le titre de séjour sollicité, par décision du 21 novembre 2025.
Par un mémoire, enregistré le 24 novembre 2025, M. C... conclut au non-lieu à statuer s’agissant des conclusions aux fins de suspension et d’injonction, et maintient ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». 2. Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
Lorsque le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête, auquel cas le juge peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d’audience.
M. C... est un ressortissant colombien né en 1989. Il indique être entré sur le territoire français en 2016. Il est constant qu’il a bénéficié de titres de séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile de 2021 à 2025. Par arrêté du 29 septembre 2025, le préfet du Bas-Rhin a refusé de renouveler ce titre de séjour, et a assorti ce refus de séjour d’une obligation de quitter le territoire français. M. C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision portant refus de séjour et de réexaminer sa situation. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, par décision du 21 novembre 2025, le préfet du Bas-Rhin a décidé de retirer l’arrêté du 29 septembre 2025 et de lui délivrer un titre de séjour en qualité de membre de famille d’un ressortissant de l’Union européenne. Par suite, les conclusions de M. C... tendant à la suspension du refus de titre de séjour et celles tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour sont devenues sans objet. Il n’y a pas lieu d’y statuer.
Sur les frais liés au litige :
Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre une somme de 600 euros à la charge de l’Etat en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er :
Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de la requête de M. C....
Article 2 :
L’Etat versera à M. C... la somme de 600 (six cents) euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. C... et au ministre de l’intérieur. Copie en sera adressée pour information au préfet du Bas-Rhin.
Fait à Strasbourg, le 1 décembre 2025.
La vice-présidente,
A...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,