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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2600954

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2600954

lundi 23 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2600954
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAARPI ELEOS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. A..., ressortissant guinéen, d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral du 27 janvier 2026 l’assignant à résidence dans le Bas-Rhin pour 45 jours. En cours d’instance, le préfet a retiré cet arrêté, ce qui a conduit M. A... à se désister de ses conclusions en annulation. Le tribunal a donné acte de ce désistement et a rejeté les demandes de frais d’instance, tout en admettant provisoirement le requérant à l’aide juridictionnelle. La décision se fonde sur le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 février 2026, M. B... A..., représenté par Me Badoc, demande au tribunal :

1°) de l’admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’annuler l’arrêté du 27 janvier 2026 par lequel le préfet du Bas-Rhin l’a assigné à résidence dans le département du Bas-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou la somme de 1 440 euros à verser à lui-même en cas de rejet de sa demande d’aide juridictionnelle.

Il soutient que :
- l’arrêté contesté est dépourvu de base légale, faute de notification régulière de l’obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 février 2026, le préfet du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir que l’arrêté contesté a été retiré par un arrêté du 9 février 2026.

Par un mémoire, enregistré le 9 février 2026, M. A... déclare se désister de ses conclusions tendant à l’annulation de l’arrêté du 27 janvier 2026 et maintenir ses conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Poittevin en application de l’article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Poittevin, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Badoc, avocate de M. A..., qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

Le préfet du Bas-Rhin n’était ni présent, ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant guinéen né en 2002, demande l’annulation de l’arrêté du 27 janvier 2026 par lequel le préfet du Bas-Rhin l’a assigné à résidence dans le département du Bas-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, (…) l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente (…) ».

En raison de l’urgence, il y a lieu d’admettre, à titre provisoire, M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Par un mémoire, enregistré le 9 février 2026, M. A... déclare se désister de ses conclusions à fin d’annulation. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.

Sur les frais d’instance :

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A... présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.



D E C I D E :


Article 1er : M. A... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. A... à fin d’annulation de l’arrêté du 27 janvier 2026.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à Me Badoc et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2026.

La magistrate désignée,

L. Poittevin
La greffière,

C. Lamoot

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



C. Lamoot

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