mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2001089 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | DANDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrés les 4 février et 12 mars 2020 et le 17 janvier 2023, l'Association tutélaire des majeurs protégés (ATMP) du Rhône en qualité de curatrice de Mme D B E, représentée par Me Dandan, demande au tribunal d'annuler la décision du 6 juin 2018 par laquelle le président de la métropole de Lyon a refusé d'accorder l'allocation personnalisée d'autonomie à Mme B.
Elle soutient que :
- Mme B n'a pas les ressources financières pour assumer seule la charge de sa résidence dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes ;
- Mme B n'a pas de relation avec son obligé alimentaire auquel elle ne peut pas demander d'aide.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2020, la métropole de Lyon conclut au rejet de la requête.
La métropole de Lyon soutient que :
- sa décision est fondée, dès lors que les débiteurs de l'obligation alimentaire ont les moyens financiers d'assumer la participation aux frais de séjour en établissement d'hébergement de Mme B ;
- l'allocation personnalisée d'autonomie n'est qu'une aide subsidiaire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Soubié, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soubié, première conseillère ;
- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public ;
- et les observations de Me Dandan, représentant Mme B et l'ATMP du Rhône, ainsi que celles de Mme C, représentant la métropole de Lyon.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. L'Association tutélaire des majeurs protégés du Rhône, curatrice de Mme B, demande au tribunal d'annuler la décision du 6 juin 2018 par laquelle le président de la métropole de Lyon a refusé d'accorder l'allocation personnalisée d'autonomie à Mme B.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. Aux termes de l'article L. 232-2 du code de l'action sociale et des familles : " L'allocation personnalisée d'autonomie, qui a le caractère d'une prestation en nature, est accordée, sur sa demande, dans les limites de tarifs fixés par voie réglementaire, à toute personne attestant d'une résidence stable et régulière et remplissant les conditions d'âge et de perte d'autonomie, évaluée à l'aide d'une grille nationale, également définies par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 132-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les personnes tenues à l'obligation alimentaire instituée par les articles 205 et suivants du code civil sont, à l'occasion de toute demande d'aide sociale, invitées à indiquer l'aide qu'elles peuvent allouer aux postulants et à apporter, le cas échéant, la preuve de leur impossibilité de couvrir la totalité des frais. ().". Aux termes de l'article L. 132-7 du même code : " En cas de carence de l'intéressé, le représentant de l'Etat ou le président du conseil départemental peut demander en son lieu et place à l'autorité judiciaire la fixation de la dette alimentaire et le versement de son montant, selon le cas, à l'Etat ou au département qui le reverse au bénéficiaire, augmenté le cas échéant de la quote-part de l'aide sociale. ".
4. Par une décision du 6 juin 2018, le président de la métropole de Lyon a rejeté la demande d'allocation personnalisée d'autonomie présentée pour Mme D B à compter du 25 octobre 2017 au motif que son état de besoin n'était pas avéré puisque ses ressources, additionnées de la participation de son obligé alimentaire, sont suffisantes pour régler ses frais d'hébergement.
5. Il résulte de l'instruction qu'à la date de sa demande d'admission à l'aide sociale, Mme B percevait mensuellement des pensions de retraite d'un montant total cumulé de 1 937 euros, duquel est déduit une somme minimale réservée aux dépenses courantes de Mme B et que ses dépenses de frais d'hébergement à la résidence " La Villette d'Or " à Lyon s'élevaient à 1 922,61 euros. L'ATMP fait valoir, sans être sérieusement contredite, avoir vainement sollicité le fils de A B pour compléter ses ressources.
6. Il résulte également de l'instruction que la métropole de Lyon a recherché les obligés alimentaires de Mme B et leurs ressources et a pu en déduire qu'ils étaient en mesure de financer le complément nécessaire à l'hébergement de Mme B. Dès lors, et compte tenu des démarches vaines de l'ATMP, en application des dispositions suscitées de l'article L. 132-6 du code de l'action sociale et des familles, il appartenait à la métropole de Lyon de fixer la contribution des obligés alimentaires aux frais d'hébergement de Mme B.
7. Enfin, en application des dispositions de l'article L. 132-7 du code de l'action sociale et des familles, il appartenait également à la métropole de Lyon, en cas de carence de l'intéressée à saisir l'autorité judiciaire malgré la défaillance de ses obligés alimentaires, de saisir elle-même l'autorité judiciaire en son lieu et place, pour obtenir la fixation de leur dette alimentaire et l'obligation au versement de son montant. En effet, la métropole de Lyon, à la différence du postulant à l'aide alimentaire, est en mesure de s'assurer qu'elle récupèrera les sommes qu'elle avancerait, le cas échéant, à tout ou partie d'éventuels obligés alimentaires défaillants, par le biais de la prise en charge provisoire de sommes dues par eux à compter de la date d'effet de la décision de l'autorité judiciaire leur enjoignant de procéder au paiement de la dette alimentaire, en émettant au besoin un titre exécutoire à leur encontre sous le contrôle du juge judiciaire.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 6 juin 2018 lui refusant l'allocation personnalisée d'autonomie et qu'elle doit être admise au bénéfice de l'allocation personnalisée d'autonomie.
9. L'état de l'instruction ne permet pas au tribunal de déterminer les droits de Mme B au bénéfice de l'allocation personnalisée d'autonomie. Il y a lieu en conséquence de la renvoyer devant la métropole de Lyon afin que cette dernière procède à la détermination et à la liquidation de son droit à l'allocation. La métropole de Lyon procèdera à la détermination du droit de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du président de la métropole de Lyon du 6 juin 2018 refusant d'accorder à Mme B le bénéfice de l'allocation personnalisée d'autonomie est annulée.
Article 2 : Mme B est admise au bénéfice de l'allocation personnalisée d'autonomie.
Article 3 : Mme B est renvoyée devant la métropole de Lyon pour qu'il soit procédé à la détermination du montant de son droit à l'allocation personnalisée d'autonomie. La métropole de Lyon informera Mme B sur le montant de ses droits dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'Association tutélaire des majeurs protégés du Rhône représentant Mme D B et à la métropole de Lyon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
La magistrate désignée,
A-S. Soubié
La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026