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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2006095

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2006095

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2006095
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP CARNOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 août 2020, M. AC V, Mme K W et M. AE P, Mmes T et Françoise et M. S F, M. AF AB, M. U Z et M. et Mme J E, M. A Cardinal, M. B AD, Mme D AD, M. et Mme L O, M. et Mme H X, M. Y AA, M. et Mme N G, M. et Mme R M et M. I C, le premier nommé ayant la qualité de représentant unique pour l'application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, représentés par la SCP d'avocats Deygas Perrachon et Associés, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mai 2020 par lequel la préfète de l'Ardèche a approuvé la révision du plan de prévention des risques d'inondation sur la commune de Labégude ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que la décision de dispense d'évaluation environnementale est emprunte de partialité, la préfète étant intervenue en qualité d'autorité environnementale ;

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que, compte tenu des incidences sur l'environnement, la décision de dispense d'évaluation environnementale est entachée d'erreur d'appréciation ;

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que l'information du public a été incomplète, en l'absence notamment d'élément au dossier sur la procédure juridictionnelle concernant la zone de Chamboulas ; en outre, les incidences générées sur le territoire de Labégude par la situation sur l'autre rive, en lien avec la zone d'activités sur la commune d'Ucel, ont été délibérément occultées ; les études complémentaires menées auraient dû conduire à une nouvelle enquête publique ;

- le zonage qui exclut de la zone à risque d'inondation la ZA de Chamboulas est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- le détournement de procédure est caractérisé.

Par un mémoire enregistré le 28 juin 2021, le préfet de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Par ordonnance du 10 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 janvier 2022 à 16 h 30.

Par une lettre du 25 août 2022, le tribunal a, en application de l'article L. 191-1 du code de l'environnement, informé les parties de ce qu'il était susceptible de retenir les moyens tirés des vices de procédure résultant, d'une part, de l'absence d'autonomie de l'autorité environnementale ayant décidé de dispenser la révision du plan de prévention du risque d'inondation d'évaluation environnementale, d'autre part, de l'erreur d'appréciation entachant cette décision de dispense, de juger que ces illégalités sont susceptibles d'être régularisées, et en conséquence de sursoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai qu'il aura fixé pour cette régularisation.

Des observations, enregistrées le 31 août 2022, ont été produites par le préfet de l'Ardèche en réponse à cette lettre et n'ont pas été communiquées.

Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement ;

- la directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le décret n° 2009-235 du 27 février 2009 relatif à l'organisation et aux missions des directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement ;

- le décret n° 2012-616 du 2 mai 2012 relatif à l'évaluation de certains plans et documents ayant une incidence sur l'environnement ;

- le décret n° 2016-519 du 28 avril 2016 portant réforme de l'autorité environnementale ;

- l'arrêt C-474/10 de la Cour de justice de l'Union européenne du 20 octobre 2011 ;

- les décisions n° 360212 du Conseil d'Etat des 26 juin 2015 et 3 novembre 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Q,

- les conclusions de Mme Monteiro, rapporteure publique,

- les observations de Me Arnaud, représentant M. V et autres requérants.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 14 mai 2002, le préfet de l'Ardèche a autorisé, au titre de l'article L. 214-3 du code de l'environnement, la réalisation de la zone d'activités de Chamboulas à Ucel, qui comportait la mise en place d'un remblai de 66 700 mètres cubes, dont 34 700 dans le lit majeur de l'Ardèche. Cette autorisation a été annulée par un arrêt n° 05LY00953 de la cour administrative d'appel de Lyon du 25 septembre 2007, confirmé par une décision nos 311443-311539 du Conseil d'Etat du 17 mars 2010, les mesures compensatoires prévues ne permettant pas d'assurer la compatibilité du projet aux dispositions du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux Rhône-Méditerranée applicable. Par un arrêté du 21 juin 2017, le préfet de l'Ardèche a de nouveau autorisé la création de la zone de Chamboulas. Par un jugement nos 1707647 et 1708238 du 28 mars 2019, le tribunal a rejeté les recours tendant à l'annulation de cet arrêté, jugement confirmé par deux arrêts n° 19LY02002 et n° 19LY2034 du 3 novembre 2021 de la cour administrative d'appel de Lyon. En parallèle, par un jugement n° 1105622 du 10 octobre 2013, le tribunal administratif de Lyon a rejeté la demande de la FRAPNA Ardèche tendant à l'annulation de la décision implicite du 28 juillet 2011 du préfet de l'Ardèche rejetant sa demande tendant à ce qu'il engage la révision du plan de prévention des risques d'inondation de la commune d'Ucel, en tant qu'il classe les parcelles accueillant la partie de la zone d'activités de Chamboulas située à l'ouest de la route départementale en zone anciennement inondable. Par un arrêt n° 13LY03280 du 7 avril 2015, la cour a annulé ce jugement, ainsi que cette décision implicite du 28 juillet 2011, et enjoint au préfet de l'Ardèche de procéder au réexamen de la demande de révision du plan de prévention des risques d'inondation de la commune d'Ucel, en tant qu'il classe lesdites parcelles en zone anciennement inondable, dans le délai de deux mois. Par la présente requête, M. V et autres demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 mai 2020 par lequel la préfète de l'Ardèche a approuvé la révision du plan de prévention des risques d'inondation sur la commune de Labégude.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 562-1 du code de l'environnement : " I. L'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles tels que les inondations, () / II. Ces plans ont pour objet, en tant que de besoin : / 1° De délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de la nature et de l'intensité du risque encouru, d'y interdire tout type de construction, d'ouvrage, d'aménagement ou d'exploitation agricole, forestière, artisanale, commerciale ou industrielle, notamment afin de ne pas aggraver le risque pour les vies humaines ou, dans le cas où des constructions, ouvrages, aménagements ou exploitations agricoles, forestières, artisanales, commerciales ou industrielles, pourraient y être autorisés, prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités ; / 2° De délimiter les zones qui ne sont pas directement exposées aux risques mais où des constructions, des ouvrages, des aménagements ou des exploitations agricoles, forestières, artisanales, commerciales ou industrielles pourraient aggraver des risques ou en provoquer de nouveaux et y prévoir des mesures d'interdiction ou des prescriptions telles que prévues au 1° ; / 3° De définir les mesures de prévention, de protection et de sauvegarde qui doivent être prises, dans les zones mentionnées au 1° et au 2°, par les collectivités publiques dans le cadre de leurs compétences, ainsi que celles qui peuvent incomber aux particuliers ; / 4° De définir, dans les zones mentionnées au 1° et au 2°, les mesures relatives à l'aménagement, l'utilisation ou l'exploitation des constructions, des ouvrages, des espaces mis en culture ou plantés existants à la date de l'approbation du plan qui doivent être prises par les propriétaires, exploitants ou utilisateurs. / III. La réalisation des mesures prévues aux 3° et 4° du II peut être rendue obligatoire en fonction de la nature et de l'intensité du risque dans un délai de cinq ans, pouvant être réduit en cas d'urgence. A défaut de mise en conformité dans le délai prescrit, le préfet peut, après mise en demeure non suivie d'effet, ordonner la réalisation de ces mesures aux frais du propriétaire, de l'exploitant ou de l'utilisateur. / () / V. Les travaux de prévention imposés en application du 4° du II à des biens construits ou aménagés conformément aux dispositions du code de l'urbanisme avant l'approbation du plan et mis à la charge des propriétaires, exploitants ou utilisateurs ne peuvent porter que sur des aménagements limités. () ". Aux termes de l'article R. 562-3 du même code, dans sa version alors applicable : " Le dossier de projet de plan comprend : 1° Une note de présentation indiquant le secteur géographique concerné, la nature des phénomènes naturels pris en compte et leurs conséquences possibles, compte tenu de l'état des connaissances ; 2° Un ou plusieurs documents graphiques délimitant les zones mentionnées aux 1° et 2° du II de l'article L. 562-1 ; 3° Un règlement précisant, en tant que de besoin : a) Les mesures d'interdiction et les prescriptions applicables dans chacune de ces zones en vertu des 1° et 2° du II de l'article L. 562-1 ; b) Les mesures de prévention, de protection et de sauvegarde mentionnées au 3° du II de l'article L. 562-1 et les mesures relatives à l'aménagement, l'utilisation ou l'exploitation des constructions, des ouvrages, des espaces mis en culture ou plantés existant à la date de l'approbation du plan, mentionnées au 4° de ce même II. Le règlement mentionne, le cas échéant, celles de ces mesures dont la mise en oeuvre est obligatoire et le délai fixé pour celle-ci. ".

3. D'abord, les plans de prévention des risques naturels prévisibles ainsi définis par le législateur ont pour finalité d'assurer la protection civile des populations contre les risques naturels.

4. Ensuite, il résulte des articles L. 562-1 et R. 562-3 du code de l'environnement que le classement de terrains par un plan de prévention des risques d'inondation a pour objet de déterminer, en fonction de la nature et de l'intensité du risque auquel ces terrains sont exposés, les interdictions et prescriptions nécessaires, à titre préventif, notamment pour ne pas aggraver le risque pour les vies humaines.

5. Enfin, la nature et l'intensité du risque doivent être appréciés de manière concrète au regard notamment de la réalité et de l'effectivité des ouvrages de protection ainsi que des niveaux altimétriques des terrains en cause à la date à laquelle le plan est établi. Il n'en va différemment que dans les cas particuliers où il est établi qu'un ouvrage n'offre pas les garanties d'une protection effective ou est voué à disparaître à brève échéance. Par suite, l'autorité en charge de l'élaboration d'un plan de prévention des risques d'inondation ne peut s'abstenir de tenir compte, lors de l'élaboration de ce document, de la modification de l'altimétrie de terrains résultant d'une opération de remblaiement au seul motif que celle-ci avait eu lieu dans des conditions estimées irrégulières et présentait, à ce seul titre, un caractère précaire dans l'attente d'une éventuelle régularisation.

En ce qui concerne la décision dispensant le plan d'une évaluation environnementale :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement : " 1. Une évaluation environnementale est effectuée, conformément aux articles 4 à 9, pour les plans et programmes visés aux paragraphes 2, 3 et 4 susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement. / 2. Sous réserve du paragraphe 3, une évaluation environnementale est effectuée pour tous les plans et programmes : a) qui sont élaborés pour les secteurs de l'agriculture, de la sylviculture, de la pêche, de l'énergie, de l'industrie, des transports, de la gestion des déchets, de la gestion de l'eau, des télécommunications, du tourisme, de l'aménagement du territoire urbain et rural ou de l'affectation des sols et qui définissent le cadre dans lequel la mise en œuvre des projets énumérés aux annexes I et II de la directive 85/337/CEE pourra être autorisée à l'avenir ; ou b) pour lesquels, étant donné les incidences qu'ils sont susceptibles d'avoir sur des sites, une évaluation est requise en vertu des articles 6 et 7 de la directive 92/43/CEE. () ". Il résulte toutefois du paragraphe 8 du même article que ne sont pas couverts par la directive, notamment, " les plans et programmes destinés uniquement à des fins de défense nationale et de protection civile ".

7. Il résulte clairement de ces dispositions, ainsi que de celles de l'article L. 562-1 du code de l'environnement citées au point 2, que les plans ou programmes dont la finalité est d'assurer la protection des populations contre les risques naturels n'entrent pas dans le champ d'application de la directive du 27 juin 2001, alors même qu'ils seraient par ailleurs susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement. Par suite, comme le soutient le préfet de l'Ardèche en défense, le plan de prévention des risques d'inondation d'Ucel n'avait pas à être soumis à évaluation environnementale au regard des exigences de la directive du 27 juin 2001.

8. Néanmoins, si le V de l'article L. 122-4 du code de l'environnement, qui assure la transposition du 8° de l'article 3 de la directive du 27 juin 2001, dispose que : " Les plans et documents établis uniquement à des fins de défense nationale ou de protection civile ne sont pas soumis à une évaluation environnementale ", le IV de l'article L. 122-4 prévoit qu'un décret en Conseil d'Etat définit les plans, schémas, programmes et documents qui font l'objet d'une évaluation environnementale " après un examen au cas par cas effectué par l'autorité administrative de l'Etat compétente en matière d'environnement ". En vertu du II de l'article R. 122-17 du code de l'environnement, dans sa version alors applicable : " Les plans, schémas, programmes et autres documents de planification susceptibles de faire l'objet d'une évaluation environnementale après un examen au cas par cas et, sous réserve du III, l'autorité de l'Etat compétente en matière d'environnement devant être consultée sont définis dans le tableau ci-dessous ". Le tableau annexé à cet article, dans sa version issue de l'article 1er du décret du 2 mai 2012, prévoyait à son 2° que les plans de prévention des risques naturels prévisibles prévus par l'article L. 562-1 du code de l'environnement relèvent de l'examen au cas par cas et que l'autorité administrative de l'Etat chargée de cet examen est le préfet de département.

9. Ainsi, si le V de l'article L. 122-4 du code de l'environnement, cité au point précédent, n'exige pas que les plans de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation dont la finalité est d'assurer la protection des populations contre les risques naturels, fassent l'objet d'une évaluation de leurs incidences sur l'environnement, les dispositions du II de l'article R. 122-17 du code de l'environnement imposent en revanche qu'ils fassent l'objet d'un examen au cas par cas, destiné à déterminer s'ils doivent faire l'objet d'une telle évaluation. A cet égard, la directive du 27 juin 2001 ne fait pas obstacle à ce qu'un Etat membre applique le dispositif d'évaluation mise en place pour la transposition de la directive à des plans ou programmes non couverts par elle. Dès lors, le préfet de l'Ardèche ne peut utilement faire valoir en défense que les requérants ne sont pas fondés à invoquer le manque d'autonomie de l'autorité environnementale au motif que le document en litige n'est pas couvert par la directive du 27 juin 2001.

10. Il résulte de la combinaison de l'article L. 562-3 du code de l'environnement, selon lequel le plan de prévention des risques naturels est approuvé par arrêté préfectoral, et du tableau annexé à l'article R. 122-17 du même code, dans sa version issue de l'article 1er du décret du 2 mai 2012, que le préfet de département, par ailleurs compétent pour approuver le plan de prévention des risques naturels, était chargé d'effectuer l'examen au cas par cas propre à ce type de plans, destiné à déterminer s'ils devaient faire l'objet d'une évaluation de leurs incidences sur l'environnement. Si, par ses décisions n° 360212 des 26 juin 2015 et 3 novembre 2016, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé les dispositions du 2° du II de l'article R. 122-17 du code de l'environnement en tant qu'elles désignent l'autorité administrative de l'Etat compétente, il appartient aux juridictions administratives devant lesquelles il serait soutenu à bon droit qu'un plan ou programme pris en application du décret du 2 mai 2012 ou qu'un acte pris sur le fondement d'un de ces plans ou programmes est illégal au motif qu'il a été pris sur le fondement des dispositions en cause du décret du 2 mai 2012, d'apprécier s'il y a lieu de maintenir provisoirement en vigueur l'acte attaqué et de vérifier, à ce titre, si la condition d'impartialité est remplie. Sur ce point, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obstacle à ce que l'autorité chargée de procéder à l'examen au cas par cas soit également l'autorité compétente pour se prononcer sur le plan ou programme, sous la réserve que cette autorité accomplisse les missions qui lui incombent de façon objective et ne se trouve pas dans une position donnant lieu à un conflit d'intérêts, notamment si l'autorité compétente est chargée de l'élaboration du plan ou du programme soumis à autorisation.

11. L'article 1er du décret visé ci-dessus du 27 février 2009 prévoit quant à lui que : " () La direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement exerce les missions définies à l'article 2, sous l'autorité du préfet de région et sous l'autorité fonctionnelle du préfet de département pour les missions relevant de sa compétence. () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Dans la région, sous l'autorité du préfet de région, et sous réserve des compétences du préfet de département et des compétences attribuées à d'autres services ou établissements publics de l'Etat, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement assure les missions suivantes : () 4° Elle veille au respect des principes et à l'intégration des objectifs du développement durable et réalise ou fait réaliser l'évaluation environnementale de ces actions et assiste les autorités administratives compétentes en matière d'environnement sur les plans, programmes et projets ; () ".

12. Le plan de prévention des risques d'inondation de la commune de Labégude a été prescrit, élaboré et approuvé par la préfète de l'Ardèche. La décision du 21 mars 2016 dispensant le projet de plan d'évaluation environnementale, qui est visée par l'arrêté en date du 14 mai 2020 portant approbation de ce plan, a été signée par la cheffe adjointe du service " connaissances, autorité environnementale, développement durable " de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de Rhône-Alpes. De sa lecture même, il ressort que cette décision a été prise dans le cadre d'une subdélégation de signature de la directrice de l'environnement, de l'aménagement et du logement de la région Rhône-Alpes, pour les compétences générales et techniques pour le département de l'Ardèche, et que cette dernière, comme en fait état la page de garde accompagnant cette décision, qui mentionne tout à la fois " préfet de l'Ardèche ", " autorité environnementale / préfet de département " et " DREAL Rhone-Alpes / Service CAEDD ", bénéficiait elle-même d'une délégation de signature du préfet de l'Ardèche. Rien au dossier ne permet d'affirmer que, en dépit de ce qui vient d'être dit, la cheffe adjointe du service " connaissances, autorité environnementale, développement durable " qui, en vertu des dispositions précitées du décret du 27 février 2009, était sous l'autorité fonctionnelle du préfet de l'Ardèche, aurait disposé, pour exercer sa compétence en matière environnementale au sein de la direction régionale, de moyens propres de nature à lui assurer une réelle autonomie à l'égard du préfet de département, auteur de l'arrêté contesté, et que, concrètement, elle aurait ainsi pu donner un avis objectif sur le projet de plan en cause, en particulier sur l'opportunité de le dispenser d'une évaluation environnementale. Par suite, et alors que l'appellation du service dont émane la décision du 21 mars 2016, rendue en application des dispositions antérieures au décret du 28 avril 2016 portant réforme de l'autorité environnementale, est insuffisante, au regard de ce qui précède, à établir son autonomie par rapport au préfet de l'Ardèche, l'arrêté contesté est intervenu au terme d'une procédure irrégulière.

13. Toutefois, une telle irrégularité n'est de nature à vicier la procédure, et donc à entraîner l'illégalité du plan de prévention des risques d'inondation, que si, dans les circonstances de l'espèce, elle a privé les intéressés d'une garantie, ou si elle a été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.

14. L'évaluation environnementale a pour objet d'assurer un niveau élevé de protection de l'environnement, l'intervention d'une autorité autonome pour apprécier la nécessité de procéder à une telle évaluation et, le cas échéant, la réaliser, étant constitutive d'une garantie pour atteindre l'objectif qui lui est assigné. Il n'apparaît pas, en l'espèce, qu'une procédure offrant des garanties comparables à celles d'un examen du plan de prévention des risques par une entité effectivement autonome au sein de l'administration aurait été suivie. Rien ne permet de dire, à cet égard, que dans le dossier soumis à enquête publique, auraient figuré des informations pertinentes qui, malgré l'absence d'avis motivé d'une autorité environnementale autonome, auraient toutefois permis aux personnes intéressées par la révision de ce plan, compte tenu en particulier du dispositif règlementaire mis en place pour encadrer, prévenir ou atténuer ces risques, et de ses effets en termes d'aménagement des sols, d'en mesurer les conséquences sur l'environnement. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le plan révisé en litige aurait, a priori, été dénué d'effets notables sur l'environnement. Par suite, le vice relevé précédemment, qui affecte les conditions dans lesquelles a été décidée la dispense d'évaluation environnementale, a, en l'espèce, privé la population intéressée, ainsi que les personnes publiques et les organismes associés, d'une prise de position impartiale et motivée sur l'existence d'incidences éventuelles de la révision du plan de prévention des risques d'inondation sur l'environnement, et donc d'une garantie liée à l'utilité et l'effectivité de l'intervention de l'autorité compétente en matière d'environnement et, par voie de conséquence, à l'intérêt de l'enquête publique. La préfète ayant elle-même été privée d'éléments qui lui auraient permis de se prononcer en toute connaissance de cause, ledit vice a également été de nature à exercer une influence sur le contenu du plan approuvé et la portée de ses prescriptions. Le moyen de tiré de l'absence d'autonomie de l'autorité environnementale doit dès lors être accueilli.

15. En second lieu, en se bornant à soutenir que les zones concernées par les modifications du plan de prévention du risque d'inondation en litige accueillent des espèces protégées et couvrent des secteurs identifiés en zones humides, ainsi que des espaces relevant du site d'intérêt communautaire Natura 2000 " Moyenne vallée de l'Ardèche - pelouses du Plateau des Gras " et de la zone naturelle d'intérêts écologique, faunistique et floristique " ripisylves et lit majeur de l'Ardèche ", qui seront nécessairement impactés en raison de la nature même du document révisé et de ses conséquences en termes d'aménagement et d'urbanisation, les requérants n'apportent pas d'éléments suffisamment précis pour établir que les modifications du plan en cause seraient susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement, appréciées en tenant compte des critères mentionnés à l'annexe II de la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement. Par suite, le moyen tiré l'erreur d'appréciation entachant la décision de dispense d'évaluation environnementale doit, en l'état du dossier, être écarté.

En ce qui concerne la composition du dossier soumis à enquête publique :

16. En vertu de l'article L. 123-1 du code de l'environnement : " L'enquête publique a pour objet d'assurer l'information et la participation du public ainsi que la prise en compte des intérêts des tiers lors de l'élaboration des décisions susceptibles d'affecter l'environnement mentionnées à l'article L. 123-2. Les observations et propositions parvenues pendant le délai de l'enquête sont prises en considération par le maître d'ouvrage et par l'autorité compétente pour prendre la décision ". L'article R. 123-8 du code de l'environnement dans sa version alors applicable précise que : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. Le dossier comprend au moins : 1° Lorsqu'ils sont requis, l'étude d'impact et son résumé non technique, le rapport sur les incidences environnementales et son résumé non technique, et, le cas échéant, la décision prise après un examen au cas par cas par l'autorité environnementale mentionnée au IV de l'article L. 122-1 ou à l'article L. 122-4, ainsi que l'avis de l'autorité environnementale mentionné au III de l'article L. 122-1 et à l'article L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme ; 2° En l'absence d'évaluation environnementale le cas échéant, la décision prise après un d'examen au cas par cas par l'autorité environnementale ne soumettant pas le projet, plan ou programme à évaluation environnementale et, lorsqu'elle est requise, l'étude d'incidence environnementale mentionnée à l'article L. 181-8 et son résumé non technique, une note de présentation précisant les coordonnées du maître d'ouvrage ou de la personne publique responsable du projet, plan ou programme, l'objet de l'enquête, les caractéristiques les plus importantes du projet, plan ou programme et présentant un résumé des principales raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de l'environnement, le projet, plan ou programme soumis à enquête a été retenu ; 3° La mention des textes qui régissent l'enquête publique en cause et l'indication de la façon dont cette enquête s'insère dans la procédure administrative relative au projet, plan ou programme considéré, ainsi que la ou les décisions pouvant être adoptées au terme de l'enquête et les autorités compétentes pour prendre la décision d'autorisation ou d'approbation ; 4° Lorsqu'ils sont rendus obligatoires par un texte législatif ou réglementaire préalablement à l'ouverture de l'enquête, les avis émis sur le projet plan, ou programme ; 5° Le bilan de la procédure de débat public organisée dans les conditions définies aux articles L. 121-8 à L. 121-15, de la concertation préalable définie à l'article L. 121-16 ou de toute autre procédure prévue par les textes en vigueur permettant au public de participer effectivement au processus de décision. Il comprend également l'acte prévu à l'article L. 121-13. Lorsque aucun débat public ou lorsque aucune concertation préalable n'a eu lieu, le dossier le mentionne ; 6° La mention des autres autorisations nécessaires pour réaliser le projet dont le ou les maîtres d'ouvrage ont connaissance. / L'autorité administrative compétente disjoint du dossier soumis à l'enquête et aux consultations prévues ci-après les informations dont la divulgation est susceptible de porter atteinte aux intérêts mentionnés au I de l'article L. 124-4 et au II de l'article L. 124-5. ".

17. Aux termes de l'article L. 562-4 du code de l'environnement : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme, conformément à l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme. / () ". L'article R. 562-8 de ce code dans sa version applicable dispose que : " Le projet de plan est soumis par le préfet à une enquête publique dans les formes prévues par les articles R. 123-7 à R. 123-23, sous réserve des dispositions des deux alinéas qui suivent. / Les avis recueillis en application des trois premiers alinéas de l'article R. 562-7 sont consignés ou annexés aux registres d'enquête dans les conditions prévues par l'article R. 123-13. / () ". Il résulte des dispositions précitées, combinées à celles des articles L. 562-1 et R. 562-3 du code de l'environnement citées au point 2, que les documents graphiques joints au projet de plan de prévention soumis à enquête publique doivent permettre au public concerné d'identifier sans ambiguïté la nature et l'ampleur des servitudes qui lui sont opposables.

18. S'il appartient à l'autorité administrative de mettre à la disposition du public, pendant toute la durée de l'enquête, un dossier d'enquête publique comportant l'ensemble des documents mentionnés par les dispositions précitées, la méconnaissance de ces dispositions n'est toutefois de nature à vicier la procédure, et donc à entraîner l'illégalité de la décision prise à l'issue de l'enquête publique, que si elle a pu avoir pour effet de nuire à l'information de l'ensemble des personnes intéressées ou si elle a été de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête et, par suite, sur la décision de l'autorité administrative.

19. En premier lieu, les requérants soutiennent que le dossier d'enquête publique était incomplet, en l'absence de mention des procédures juridictionnelles passées et en cours concernant la zone d'activités de Chamboulas. Toutefois, les contentieux relatifs à la légalité, d'une part, de cette zone d'activités existante, d'autre part, du zonage fixé par le plan de prévention des risques d'inondation d'Ucel sur ce secteur, sont sans incidence sur la nature et l'intensité du risque d'inondation sur le territoire de Labégude, lequel doit être apprécié de manière concrète, au regard notamment de la réalité des niveaux altimétriques des terrains en cause à la date d'établissement du plan. D'ailleurs, il ressort du rapport de présentation joint au dossier d'enquête que la révision attaquée a été prescrite, non pas en raison du contexte particulier lié à la procédure juridictionnelle relative à la zone d'activités de Chamboulas à Ucel, mais afin de tenir compte d'une connaissance plus précise et actualisée du risque d'inondation sur Labégude, acquise dans le cadre de la réalisation du schéma d'aménagement et de gestion des eaux de l'Ardèche, grâce à l'étude menée par le groupe Artélia en 2014 et précisée par le bureau d'études BRL Ingénierie en 2016. Il ressort au demeurant des conclusions du commissaire enquêteur que l'absence au dossier d'enquête publique de mention de ces contentieux n'a été relevée, dans le cadre d'une recommandation assortissant l'avis favorable, qu'en raison de la sensibilité de la question pour certains participants à l'enquête publique. Dans ces conditions, l'absence de ces éléments dans le dossier d'enquête publique n'a pas été de nature à nuire à l'information complète du public quant au risque d'inondation pris en compte pour la révision du PPRI de Labégude.

20. En deuxième lieu, la révision attaquée concernant le plan de prévention du risque d'inondation circonscrit au territoire communal de Labégude, le dossier d'enquête publique n'avait pas à faire état de la problématique des risques d'inondation sur la zone d'activités de Chamboulas, implantée sur le territoire d'Ucel. En outre, il n'est pas allégué que les informations transmises au cours de l'enquête publique auraient été insuffisantes s'agissant de la nature et de l'intensité du risque d'inondation sur le territoire de Labégude, apprécié de manière concrète au regard des niveaux altimétriques existants, c'est-à-dire avec prise en compte de l'éventuelle modification des flux résultant du remblai apporté sur la rive opposée de l'Ardèche pour la création de la plateforme support de la zone d'activités de Chamboulas. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la description de l'aléa d'inondation à la seule échelle communale aurait nui à l'information du public.

21. En dernier lieu, si, par arrêté du 12 décembre 2019, la préfète de l'Ardèche a décidé la prorogation des délais pour l'approbation de la révision du PPRI de Labégude au motif que des études complémentaires impactant la qualification du risque sur ce territoire étaient nécessaires, il ressort des pièces du dossier que ces études ont été intégrées au rapport de présentation et les résultats présentés lors d'une réunion publique tenue le 2 juillet 2019, soit avant la fin de l'enquête publique, le 17 janvier 2020. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces études complémentaires n'auraient pas été portées à la connaissance du public.

22. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisante information du public doit être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne le zonage retenu pour le secteur de la Basse Bégude :

23. Les requérants critiquent l'extension de la zone à risque d'inondation sur le secteur de la Basse Bégude, due selon eux à la construction de la zone d'activités de Chamboulas dans le lit majeur de l'Ardèche, qui est illégale. Toutefois, il résulte de ce qui a été exposé au point 5 du présent jugement que l'éventuelle illégalité de la zone d'activités est sans incidence sur l'appréciation du risque d'inondation, qui doit être opérée en prenant en compte l'écoulement des crues en termes de ligne d'eau et de débit tel qu'il existe après modification de l'altimétrie de terrains résultant d'une opération de remblaiement, alors même que celle-ci aurait eu lieu dans des conditions estimées irrégulières. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la mise en évidence du risque d'inondation auquel est désormais soumis le secteur concerné de Labégude tient, non pas à l'augmentation de ce risque en lien avec la création de la plateforme par remblaiement de la rive opposée de l'Ardèche, mais à l'insuffisance des méthodes antérieures d'évaluation de ce risque, basées sur des relevés topographiques peu précis, ayant conduit à sous-estimer l'ampleur de l'aléa sur la Basse Bégude. Par suite, en se bornant à faire valoir que le risque d'inondation n'était pas caractérisé sur une zone aussi vaste antérieurement à la révision, sans établir que l'étude menée par le groupe Artélia entre 2011 et 2014, affinée par le cabinet BRL Ingénierie en 2016, pour actualiser et préciser le risque d'inondation sur le bassin de l'Ardèche, serait erronée s'agissant du secteur de la Basse Bégude, les requérants ne démontrent pas qu'une erreur manifeste d'appréciation aurait été commise dans la détermination des zones à risque d'inondation sur ce secteur.

24. En dernier lieu, en se bornant à soutenir que l'extension de la zone inondable et l'aggravation du niveau d'aléa sur le secteur de la Basse Bégude approuvée par la révision attaquée a seulement pour objet de soustraire au risque d'inondation le secteur de Chamboulas, en vue d'une régularisation de la zone d'activités, les requérants n'établissent pas la réalité d'un détournement de procédure.

Sur la régularisation du vice entachant le plan litigieux :

25. Aux termes de l'article L. 191-1 du code de l'environnement : " Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre un plan ou programme mentionné au 1° de l'article L. 122-5, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant l'élaboration, la modification ou la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le plan ou programme reste applicable. / Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. ". Aux termes de l'article L. 122-5 du même code : " Un décret en Conseil d'Etat précise notamment : / 1° La liste des plans et programmes soumis à évaluation environnementale de manière systématique ou à un examen au cas par cas, en application des II et III de l'article L. 122-4 et les conditions de son actualisation annuelle ; () ".

26. Les dispositions précitées de l'article L. 191-1 du code de l'environnement, qui instituent des règles de procédure concernant exclusivement les pouvoirs du juge administratif en matière de contentieux des plans ou programmes mentionnés au 1° de l'article L. 122-5 du code de l'environnement, sont, en l'absence de dispositions expresses contraires, d'application immédiate aux instances en cours. Ces dispositions permettent au juge, lorsqu'il constate un vice qui entache la légalité d'un plan de prévention des risques naturels prévisibles, mais qui peut être régularisé par un arrêté d'approbation modificatif, de rendre un jugement avant dire droit par lequel il fixe un délai pour cette régularisation et sursoit à statuer sur le recours dont il est saisi. Le juge peut préciser, par son jugement avant dire droit, les modalités de cette régularisation, qui implique l'intervention d'une décision corrigeant le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Un vice de procédure, dont l'existence et la consistance sont appréciées au regard des règles applicables à la date de l'arrêté attaqué, doit en principe être réparé selon les modalités prévues à cette même date. Si ces modalités ne sont pas légalement applicables, notamment du fait de l'illégalité des dispositions qui les définissent, il appartient au juge de rechercher si la régularisation peut être effectuée selon d'autres modalités, qu'il lui revient de définir en prenant en compte les finalités poursuivies par les règles qui les ont instituées et en se référant, le cas échéant, aux dispositions en vigueur à la date à laquelle il statue.

27. En l'espèce, le vice affectant la dispense du plan en litige d'une évaluation environnementale peut être régularisé par la consultation d'une autorité présentant les garanties d'objectivité requises.

28. Aux termes du 2° du II de l'article R. 122-17 du code de l'environnement dans sa version en vigueur à la date de l'arrêté attaqué, les plans de prévention des risques naturels prévisibles prévus par l'article L. 562-1 du code de l'environnement sont au nombre des plans et programmes susceptibles de faire l'objet d'une évaluation environnementale après un examen au cas par cas. Selon le 1° du IV du même article, pour les plans et programmes soumis à évaluation environnementale en application du II, l'autorité environnementale est la formation d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable pour les plans et programmes mentionnés au 2° du II.

29. Il résulte des dispositions énoncées au point 28 que l'autorité administrative de l'Etat compétente pour procéder à l'examen au cas par cas des plans de prévention des risques naturels prévisibles est donc désormais la formation d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable. Cette formation constitue une entité administrative de l'Etat, séparée de l'autorité compétente pour approuver les plans de prévention des risques naturels prévisibles, disposant d'une autonomie réelle la mettant en mesure de décider objectivement si une évaluation environnementale des incidences de ces plans doit être réalisée. Le vice de procédure peut ainsi être régularisé par une décision de la formation d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable sur la nécessité d'une telle évaluation.

30. Si, au regard des informations fournies par le préfet de l'Ardèche et des critères de l'annexe II de la directive n° 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, la formation d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable décide que le plan en litige doit faire l'objet d'une évaluation environnementale, celle-ci devra être réalisée et portée à la connaissance du public et faire l'objet d'une enquête publique en application de l'article L. 562-3 du code de l'environnement, ainsi que d'une consultation du conseil municipal et des organismes intéressés.

31. Si la formation d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable décide de dispenser d'évaluation environnementale le plan en litige, l'information du public et des organismes précédemment cités sur la nouvelle décision de l'autorité environnementale prendra la forme d'une mise en ligne sur le site internet de la préfecture de l'Ardèche ou, à défaut, sur celui de l'autorité environnementale saisie à cet effet.

32. Dans tous les cas, le vice de procédure relevé par le présent jugement, pour être régularisé, devra donner lieu à l'édiction d'un arrêté modificatif permettant de prendre acte de la décision de la formation d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable. Le préfet pourra également décider de prendre un arrêté modificatif pour tenir compte de nouvelles circonstances, résultant notamment de la nouvelle enquête publique.

33. Eu égard aux modalités de régularisation ainsi fixées, les mesures de régularisation devront être notifiées au tribunal dans un délai de quatre mois, ou de dix mois en cas de nouvelles enquête publique et consultations, à compter de la date de notification du présent jugement.

DÉCIDE :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de M. V et autres requérants jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois ou de dix mois à compter de la date de notification du présent jugement pour permettre au préfet de l'Ardèche de notifier au tribunal une mesure de régularisation de l'illégalité mentionnée au point 12 du présent jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. V, représentant unique des requérants, et au préfet de l'Ardèche.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,

Mme Marine Flechet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.

La rapporteure,

M. Flechet

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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