mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2007251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND-HEBRARD |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 5 octobre 2021, le tribunal a sursis à statuer sur la requête, enregistrée le 13 octobre 2020, présentée par M. et Mme B et A C, représentés par Me Bertrand-Hébrard, tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2020 par lequel le maire de la commune d'Andrézieux-Bouthéon a délivré un permis de construire à la société Bessenay pour la division d'un terrain en deux lots et la construction d'un immeuble de treize logements sur l'un des deux lots, de la décision du 31 juillet 2020 rejetant leur recours gracieux formé à l'encontre de l'arrêté du 16 mars 2020 et de l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire de commune d'Andrézieux-Bouthéon a accordé un permis de construire modificatif à la société Bessenay, et il a imparti à la société Bessenay et à la commune d'Andrézieux-Bouthéon un délai de six mois à compter de la notification du jugement pour justifier auprès du tribunal de la délivrance d'une mesure de régularisation.
Le 10 juin 2022, la société Bessenay a transmis au tribunal la copie de l'arrêté n° PC04200519A0075M02 du 9 juin 2022 par lequel le premier adjoint au maire de la commune d'Andrézieux-Bouthéon a, pour le maire et au nom de la commune, délivré à cette société un permis de construire modificatif ayant pour objet une démolition partielle de la maison existante sur le terrain, une diminution corrélative de l'emprise au sol du projet et une réduction du nombre de places de stationnement sur l'un des lots.
Par un mémoire, enregistré le 21 juin 2022, M. et Mme C maintiennent leurs conclusions initiales et concluent en outre à l'annulation de l'arrêté du 9 juin 2022 portant permis de construire modificatif.
Ils soutiennent que :
- le jugement du 5 octobre 2021 n'est pas respecté, l'emprise au sol du bâtiment à construire n'ayant pas été réduite ;
- le permis de construire est remis en cause, dès lors que le projet modifié consiste à démolir partiellement le bâtiment existant, que le projet initial prévoyait pourtant de " conserver en l'état " ;
- le projet de démolition partielle, alors que la maison concernée présente un caractère remarquable, est entaché d'illégalité au regard de l'article Uc 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le permis modificatif a été obtenu au-delà du délai de six mois accordé par le tribunal.
Un mémoire produit par la commune d'Andrézieux-Bouthéon, enregistré le 24 juin 2022, n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Maubon, première conseillère,
- les conclusions de Mme Reniez, rapporteure publique,
- les observations de M. C,
- les observations de Me Salen, représentant la commune d'Andrézieux-Bouthéon,
- et les observations de Me Mallon, représentant la société Bessenay.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 mars 2020, le maire de la commune de Andrézieux-Bouthéon (Loire) a délivré au nom de la commune à la société Bessenay un permis de construire valant division d'une parcelle cadastrée située , aux fins de division en deux lots, de conservation d'un bâtiment existant sur l'un des lots et d'édification d'un immeuble collectif de treize logements sur l'autre lot après destruction des bâtiments existants. M. et Mme C ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, qui a été rejeté par une décision du maire du 31 juillet 2020. Par un arrêté du 22 mars 2021, le maire a accordé à la société Bessenay un permis modificatif portant augmentation de la bande de rétrocession en limite sud et création d'une pergola entre les deux bâtis. Par un jugement du 5 octobre 2021, le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés par les requérants, à l'exception du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du point 9.1. de l'article AUc 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, a sursis à statuer sur la requête de M. et Mme C, en invitant la société Bessenay et la commune d'Andrézieux-Bouthéon à justifier de la délivrance d'un permis de construire de régularisation dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement. Par un arrêté du 9 juin 2022, le maire a accordé à la société Bessenay un permis modificatif portant sur une démolition partielle de la maison existante sur le terrain, une diminution corrélative de l'emprise au sol du projet et une réduction du nombre de places de stationnement sur l'un des lots. Dans le dernier état de leurs écritures, M. et Mme C demandent l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2020, de la décision du 31 juillet 2020, de l'arrêté du 22 mars 2021 et de l'arrêté du 9 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ". Aux termes de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré () et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance. "
3. La société Bessenay a déposé, le 21 décembre 2021 et le 7 avril 2022, une demande de permis de construire modificatif portant démolition partielle de la maison existante sur le terrain d'assiette du projet, diminution corrélative de l'emprise au sol du projet et réduction du nombre de places de stationnement sur l'un des lots.
4. En premier lieu, ainsi qu'il a été indiqué par le jugement du 5 octobre 2021, le point 9.1 de l'article AUc 9 du règlement du plan local d'urbanisme indique que, dans le secteur AUcp, le coefficient d'emprise au sol est égal à 0,15. Cette règle doit être appréciée à l'échelle de l'ensemble du projet, qui doit être considéré comme consistant en la construction sur une unité foncière de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété au sens du dernier alinéa de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme.
5. Il ressort des pièces du dossier que la superficie du terrain assiette du projet est de 3 731,61 m², y compris la bande en rétrocession à la commune de 175,32 m². Il ressort des pièces du dossier de demande de permis modificatif, notamment des mentions figurant sur le plan de division, que l'emprise au sol résultant de la construction de l'immeuble principal est de 434,30 m², inchangée par rapport au permis initial, et que l'emprise au sol du bâtiment existant implanté sur le lot secondaire, d'une superficie d'environ 189,6 m², sera réduite par démolition du bâtiment au nord et au sud pour aboutir à une emprise au sol résiduelle de 124,82 m².
6. D'une part, il ne résulte pas des termes du jugement du 5 octobre 2021 que la réduction de l'emprise au sol du projet devait être nécessairement réalisée par réduction de l'emprise au sol du bâtiment à construire. En outre, l'objet même du permis de construire modificatif était de modifier le projet afin de réduire son emprise au sol. Ainsi, les requérants ne peuvent pas utilement soutenir que les prévisions du permis initial seraient remises en cause du fait du permis de construire modificatif.
7. D'autre part, la somme des emprises au sol des deux bâtiments, égale à 559,12 m², conduit à un coefficient d'emprise au sol de 0,15 pour l'ensemble de la parcelle, égal au coefficient d'emprise au sol de 0,15 autorisé dans le secteur AUcp.
8. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article AUc 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit donc être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article Uc 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, intitulé " Aspect extérieur " : " 11.1 : Insertion des constructions dans le site et le paysage / Les constructions nouvelles doivent être en harmonie avec le site et le paysage naturel ou bâti existant, notamment dans leur implantation, leurs abords, leur volume, leur sens de faîtage, leur aspect général ou certains détails de façades. () / Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / Il sera fait référence à la notice exigée pour toute demande de permis de construire (volet paysager). / () ".
10. Si les requérants se prévalent du caractère remarquable de la construction dont la démolition est prévue, il ne ressort pas des pièces du dossier que la démolition partielle de ce bâtiment, dont il n'est pas démontré qu'il ferait l'objet d'une protection particulière dans les documents d'urbanisme applicables au projet ni qu'il revêtirait un caractère remarquable, porterait atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
11. En dernier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme que si, à l'issue du délai qu'il a fixé dans sa décision avant dire droit pour que lui soient adressées la ou les mesures de régularisation du permis de construire attaqué, le juge peut à tout moment statuer sur la demande d'annulation de ce permis et, le cas échéant, y faire droit si aucune mesure de régularisation ne lui a été notifiée, il ne saurait se fonder sur la circonstance que ces mesures lui ont été adressées alors que le délai qu'il avait fixé dans sa décision avant dire droit était échu pour ne pas en tenir compte dans son appréciation de la légalité du permis attaqué. Il en résulte que les seules circonstances que l'arrêté portant permis de construire modificatif ait été adopté le 9 juin 2022 et qu'il ait été notifié aux requérants le 13 suivant, soit postérieurement à l'expiration du délai de six mois à compter de la notification du jugement du 5 octobre 2021 octroyé par le tribunal pour justifier de la délivrance d'un permis de construire de régularisation, ne sont pas suffisantes pour entacher d'illégalité le permis de construire accordé.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
14. Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Andrézieux-Bouthéon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et A C, à la commune d'Andrézieux-Bouthéon et à la société Bessenay.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La rapporteure,
G. Maubon
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026