jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2007473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARTEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires complémentaires enregistrés les 20 octobre 2020, 22 janvier et 24 février 2021 et 5 mai 2022, M. B J, Mme D J, M. F J, Mme C J, veuve G, Mme H J et Mme I J, le premier nommé ayant qualité de représentant unique pour l'application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, représentés par Me Martel, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de Darbres (Ardèche) sur leur recours administratif formé à l'encontre de l'arrêté du 17 novembre 2018 par lequel ce maire a accordé à M. A un permis de construire pour des travaux de restauration et surélévation d'un bâtiment à usage de grange ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Dardres la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- leur désistement ne peut être constaté, la lettre de notification de l'ordonnance du juge des référés ne comportant pas la mention visée par le deuxième alinéa de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative ;
- leur requête est recevable dès lors qu'ils justifient d'un intérêt pour agir et qu'elle n'est pas tardive, en l'absence d'une publicité suffisante du permis de construire en litige ;
- l'autorisation d'urbanisme en litige est entachée d'erreur d'appréciation, les travaux autorisés emportant nécessairement un changement de destination de la construction existante ;
- l'autorisation d'urbanisme méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par deux mémoires enregistrés les 23 novembre 2020 et 22 janvier 2021, la commune de Darbres, représentée par Me Bourillon, conclut, à titre principal, au constat du désistement d'office des requérants, à titre subsidiaire, au rejet de la requête à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le désistement des requérants doit être constaté en application de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive et que les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Monteiro, rapporteure publique,
- les observations de Me Martel, représentant M. J et autres requérants,
- les observations de Me Drouin, représentant la commune de Darbres,
M. A présent, n'a pas été invité à présenter des observations, n'ayant produit aucune écriture.
Considérant ce qui suit :
1. M. J et autres requérants doivent être regardés comme demandant l'annulation de l'arrêté du 17 novembre 2018 par lequel le maire de Darbres a accordé à M. A un permis de construire pour des travaux de restauration et surélévation d'un bâtiment à usage de grange, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours administratif.
Sur l'application de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. / Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté. ".
3. La commune de Darbres fait valoir que les requérants sont réputés s'être désistés de l'instance, faute d'avoir confirmé, dans le délai d'un mois, le maintien de leur requête au fond à la suite de la notification de l'ordonnance du juge des référés en date du 18 novembre 2020 rejetant leur demande de suspension de l'exécution du permis de construire en litige. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le courrier de notification de cette ordonnance aux requérants ne mentionne pas qu'à défaut de confirmation du maintien de leur requête en excès de pouvoir dans le délai d'un mois, ils seraient réputés s'être désistés. Dès lors, la commune n'est pas fondée à demander qu'il soit donné acte du désistement d'office des requérants en application des dispositions précitées de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci.
5. Il ressort des pièces du dossier que les travaux en litige ont pour objet la surélévation d'une grange avec création d'une fenêtre sur la façade nord et remplacement sur la façade est d'une porte de garage en bois par une baie vitrée avec volets roulants. La notice descriptive réceptionnée par le service instructeur le 22 octobre 2018 précise que le bâtiment existant restera un local de stockage de petit matériel et ne subira aucun changement de destination. D'ailleurs, l'arrêté attaqué, qui délivre un permis de construire pour des travaux ayant pour objet la " restauration et surélévation d'un bâtiment à usage de grange gardant la même destination ", n'a pas pour effet d'autoriser un changement de destination. Par suite, les requérants, qui au surplus ne se prévalent explicitement d'aucune fraude, n'établissent pas, en se bornant à souligner la mise en place de la baie vitrée avec volets roulants et la création d'une fenêtre, que le pétitionnaire aurait en réalité pour projet de destiner la grange en cause à l'habitation. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise sur l'objet de la demande de permis de construire ne peut ainsi qu'être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment objet des travaux en litige se situe au sein du hameau de Vendras se caractérisant par des bâtiments majoritairement habillés de pierres noires basaltiques propres au plateau du Coiron. Si l'environnement bâti du terrain d'assiette présente ainsi un intérêt particulier, il comporte néanmoins quelques bâtisses enduites d'apparence similaire au projet litigieux, prévoyant un crépis de type " tyrolienne " et de couleur " gris pierre " sur les parties rehaussées du bâtiment objet des travaux, dont les façades existantes en pierres apparentes seront conservées. Par suite, il n'apparaît pas que le maire aurait porté une appréciation manifestement erronée quant à l'insertion du projet dans son environnement. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit dès lors être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du permis de construire délivré le 17 novembre 2018 à M. A et de la décision de rejet du recours gracieux formé par les requérants doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais liés au litige :
9. Les conclusions présentées par M. J et autres requérants, partie perdante, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ces derniers la somme globale de 1 400 euros au titre des frais exposés par la commune de Darbres et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. J et autres requérants est rejetée.
Article 2 : M. J et autres requérants verseront à la commune de Darbres la somme globale de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B J, en sa qualité de représentant unique, à la commune de Darbres et à M. A.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026