mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2007821 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CHAMPAUZAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 octobre 2020, 22 février et 8 avril 2021, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme C, représentée par Me François, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 janvier 2020 par laquelle le maire des Vans (07140) a opposé un sursis à statuer à sa demande de permis de construire une maison individuelle, ainsi que sa décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de procéder à une nouvelle instruction de sa demande déposée le 4 décembre 2019 ;
3°) de mettre à la charge de la commune des Vans la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- sa requête, déposée dans les délais de recours prorogés par l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020, est recevable ;
- la décision contestée a été édictée par le maire, autorité incompétente dès lors que la commune n'était pas dotée d'un plan local d'urbanisme ; à tout le moins, il aurait dû rendre la décision au nom de l'État ;
- elle n'est pas suffisamment motivée, faute de préciser les dispositions du futur plan susceptibles d'être remises en cause par son projet de construction, ainsi que les raisons justifiant qu'il en compromettrait l'exécution ;
- elle est illégale, en raison de l'illégalité, par voie d'exception, des dispositions du futur plan local d'urbanisme ; le classement du terrain d'assiette en zone naturelle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le projet ne compromet pas l'exécution du futur plan local d'urbanisme, le classement en zone N de sa parcelle ne faisant pas nécessairement obstacle à toute construction ; il convient de tenir compte de la modestie et des caractéristiques environnementales de la construction projetée ;
- il est conforme aux orientations du projet d'aménagement et de développement durables.
Par des mémoires enregistrés les 21 janvier et 8 mars 2021, la commune des Vans, représentée par la SELARL Cabinet Champauzac, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens invoqués par Mme B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Monteiro, rapporteure publique,
- les observations de Me François, avocat de Mme B, requérante ;
- et les observations de Me Lavisse, substituant Me Champauzac, pour la commune des Vans.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a saisi le maire des Vans le 4 septembre 2019 d'une demande de permis de construire en vue de l'édification d'une maison individuelle sur une parcelle située chemin de Granzon, sur le Plateau des Gras. Par arrêté du 20 janvier 2020, celui-ci lui a opposé un sursis à statuer en raison de la procédure alors en cours d'élaboration du nouveau plan local d'urbanisme de la commune qui a finalement été approuvé le 18 février 2020. Mme B demande l'annulation de cet arrêté ainsi que du rejet implicite de son recours gracieux du 15 mars 2020.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, (). / Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; / b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. ". Aux termes de son article L. 422-5 : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; () ".
3. En application des dispositions de l'article L. 174-1 du code de l'urbanisme relatives à la caducité des plans d'occupation des sols qui n'ont pas été mis en la forme d'un plan local d'urbanisme au 26 mars 2017, le règlement national d'urbanisme s'appliquait sur le territoire des Vans à la date d'instruction de la demande du permis de construire déposée par Mme B, impliquant la saisine obligatoire du préfet de l'Ardèche en vertu de l'article L. 422-5 précité. Toutefois, alors que l'adoption antérieure d'un plan d'occupation des sols a eu pour effet de transférer définitivement au maire de la commune la compétence pour délivrer les autorisations d'urbanisme, celui-ci avait, contrairement à ce que soutient la requérante, compétence pour signer, au nom de la commune, la décision de sursis à statuer contestée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. ". Aux termes de l'article L. 424-1 du même code : " () Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus () aux articles L. 153-11 () du présent code () ".
5. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'urbanisme, applicable au litige dès lors que la prescription de la révision du plan d'occupation des sols valant élaboration du plan local d'urbanisme des Vans a été actée par délibération du 16 décembre 2008, sans qu'il n'apparaisse que le conseil municipal ait opté pour que soit applicable au futur plan l'ensemble des articles R. 151-1 à R. 151-55 du code de l'urbanisme dans leur rédaction en vigueur à compter du 1er janvier 2016 : " Les zones naturelles et forestières sont dites "zones N". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison soit de la qualité des sites, des milieux naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique, soit de l'existence d'une exploitation forestière, soit de leur caractère d'espaces naturels. () "
6. Un sursis à statuer ne peut être opposé à une demande de permis de construire qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir, et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution.
7. Mme B conteste, par voie d'exception, la légalité du futur plan d'urbanisme en tant qu'il classe sa parcelle en zone naturelle. Le rapport de présentation de ce document relève le développement récent d'un habitat diffus sur le Plateau des Gras dont l'occupation traditionnelle était agricole et l'habitat se limitait à quelques fermes isolées. Il expose que le développement urbain futur du plateau devra désormais éviter une consommation excessive de terrains naturels et se recentrer sur le potentiel offert par le comblement des " dents creuses ", définies comme des espaces résiduels situés entre les maisons déjà bâties et présentant un niveau d'équipement acceptable, qui sont précisément identifiées par des schémas sur l'ensemble du territoire communal. Le projet d'aménagement et de développement durables, qui reprend ces objectifs, précise qu'il conviendra de compléter ces zones résidentielles en priorité et de stopper le mitage urbain du Plateau des Gras par ailleurs soumis à des risques d'inondations par ruissellement aggravés par la multiplication des constructions. La parcelle appartenant à Mme B, terrain végétalisé de plus de 5 100 m² essentiellement composé d'arbustes, est localisée au sein de la ZNIEFF de type I Bois de Païolive, Gorges du Chassezac, à l'est de la Réserve naturelle régionale des Grads de Naves. Si elle jouxte une zone d'habitat au sud et à l'est, et deux maisons éparses à l'ouest, elle s'ouvre au nord sur de vastes espaces naturels et agricoles, de sorte qu'elle ne peut être qualifiée de dent creuse, les auteurs du plan ne l'ayant d'ailleurs pas identifiée comme telle dans les schémas précités du rapport de présentation. Ainsi, quand bien même elle ne se trouverait pas dans un réservoir de biodiversité, ni dans un secteur à risques d'inondation par ruissellement identifiés sur le Plateau des Gras et si elle est desservie par les réseaux, son caractère d'espaces naturels et sa configuration suffisent, compte tenu des conditions fixées par l'article R. 123-8 du code de l'urbanisme, à justifier son classement en zone naturelle qui répond au surplus au parti pris d'urbanisme recherché par les auteurs du futur plan. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à faire valoir que le classement de sa parcelle en zone naturelle serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et à se prévaloir de l'illégalité du futur document d'urbanisme.
8. En dernier lieu, le maire des Vans était tenu, en vertu des dispositions de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme, de se conformer à l'avis négatif émis le 10 janvier 2020 par le préfet de l'Ardèche qui a relevé que le projet de construction d'une maison individuelle sur un terrain d'assiette localisé en zone naturelle du futur plan était de nature à en compromettre l'exécution, eu égard aux orientations du projet d'aménagement et de développement durables, déjà débattues, visant à modérer la consommation de l'espace naturel, agricole et forestier et à stopper le mitage urbain de la plaine du Chassezac, du Plateau des Gras et des zones à vocation agricole. Alors que Mme B ne conteste pas la légalité de cet avis, elle ne peut utilement soutenir que l'arrêté en litige ne serait pas suffisamment motivé, ni qu'il contreviendrait aux dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme en ce que son projet ne compromettrait pas l'exécution du futur plan local d'urbanisme et serait conforme aux orientations du projet d'aménagement et de développement durables.
9. Au demeurant, l'arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui le fondent, conformément aux exigences fixées par l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme. En outre, alors que le projet de règlement de la zone N y interdit toute construction nouvelle à usage d'habitation, l'implantation du projet, bien que de taille modeste et conçu dans un souci de préservation de l'environnement, au milieu de la parcelle, s'analyse comme du mitage, proscrit par le projet d'aménagement et de développement durables, et apparaît ainsi susceptible de compromettre l'exécution du futur plan.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées. Sa requête doit dès lors être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de Mme B le versement à la commune des Vans d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune des Vans tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et à la commune des Vans.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vincent-Marie Picard, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
K. D
Le président,
V.-M. Picard
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026