jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2007959 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | JAKOB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 novembre 2020 et 26 mai 2021, M. B D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 octobre 2020 par lequel le maire de Fontaine-sur-Saône (Rhône) l'a, au nom de l'Etat, mis en demeure d'interrompre les travaux entrepris sur un terrain situé Montée Roy.
Le requérant soutient que :
- l'arrêté attaqué n'est pas motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a jamais eu communication du procès-verbal d'infraction établi le 6 août 2020 ;
- il est entaché d'erreur de fait dès lors qu'il s'est borné à évacuer les arbres ayant chuté naturellement et n'a procédé à aucun abattage, ni à aucun affouillement ou exhaussement de sol.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 22 janvier 2021.
Par un mémoire enregistré le 10 mai 2021, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte aucun moyen ni aucune conclusion ;
- les conclusions tendant à permettre au requérant de consulter le procès-verbal d'infraction sont irrecevables.
Par ordonnance du 27 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 septembre 2022 à 16 h 30.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A C,
- et les conclusions de Mme Marie Monteiro, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 6 octobre 2020 dont M. D demande l'annulation, le maire de Fontaines-sur-Saône (Rhône) l'a, au nom de l'Etat, mis en demeure d'interrompre les travaux entrepris sur son terrain situé Montée Roy.
2. Aux termes de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme : " () / Dès qu'un procès-verbal relevant l'une des infractions prévues à l'article L. 480-4 du présent code a été dressé, le maire peut également, si l'autorité judiciaire ne s'est pas encore prononcée, ordonner par arrêté motivé l'interruption des travaux. Copie de cet arrêté est transmise sans délai au ministère public. () ". En vertu de l'article L. 480-4 du même code : " Le fait d'exécuter des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable est puni d'une amende comprise entre 1 200 euros et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d'une surface de plancher, une somme égale à 6 000 euros par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable au sens de l'article L. 430-2, soit, dans les autres cas, un montant de 300 000 euros. () ". En application de ces dispositions, le maire, agissant au nom de l'Etat en sa qualité d'auxiliaire de l'autorité judiciaire, peut, en vertu des dispositions du troisième alinéa de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, interrompre les travaux pour lesquels a été relevée, par procès-verbal dressé en application de l'article L. 480-1 du même code, une infraction mentionnée à l'article L. 480-4 de ce code, résultant notamment de l'exécution de travaux sans les autorisations prescrites par le livre IV du code de l'urbanisme.
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les articles L. 480-2, L. 421-1, R. 421-1 et R. 421-14 du code de l'urbanisme, le procès-verbal du 6 août 2020 ainsi que la lettre du 15 septembre 2020 invitant M. D à présenter des observations et expose que les travaux de coupe et d'abattage d'arbres, ainsi que d'affouillements et exhaussements de sol en zone naturelle dite " N " et en zone de prévention des risques liés aux mouvements de terrain, portent gravement atteinte au voisinage et à l'environnement et ont été réalisés sans autorisation d'urbanisme, de sorte qu'il convient de les interrompre. Dès lors, l'acte attaqué comporte les motifs de droit et de fait sur lesquels il se fonde et est, en conséquence, suffisamment motivé. Le moyen tiré du défaut de motivation doit ainsi être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui ne remet pas en cause l'existence du procès-verbal d'infraction dressé le 6 octobre 2020, a été informé, par lettre du 15 septembre 2020, de la nature des infractions reprochées, constituées par des travaux réalisés sans autorisation d'urbanisme de coupe et d'abattage d'arbres au sein d'un espace boisé classé, ainsi que d'affouillements et exhaussements de sol sur une surface supérieure à 100 m² et sur une hauteur de plus de 2 mètres en zones naturelle et de prévention des risques liés aux mouvements de terrain. Par ce même courrier, l'intéressé a été invité à produire des observations dans le délai de huit jours. Dans ces conditions, la circonstance que le requérant n'ait pas eu communication du procès-verbal d'infraction dressé le 6 août 2020, que le maire n'était pas tenu de lui notifier, est sans incidence sur la régularité de la procédure. Le moyen tiré de l'absence de communication du procès-verbal d'infraction doit, par suite, être écarté.
5. En dernier lieu, le requérant, qui ne conteste pas que les infractions mentionnées au sein de la lettre du 15 septembre 2020 correspondent à celles constatées par procès-verbal du 6 août 2020, n'établit par aucune pièce les allégations selon lesquelles il s'est borné à réaliser sur son terrain des travaux de débitage d'arbres tombés à la suite d'intempéries. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, qui relève sur le terrain des travaux sans autorisation d'urbanisme de coupe et d'abattage d'arbres, d'une part, d'affouillements et exhaussements de sol en zones naturelle et de prévention des risques liés aux mouvements de terrain, d'autre part, serait entaché d'inexactitude matérielle des faits.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 6 octobre 2020 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par le préfet du Rhône.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au préfet du Rhône.
Copie en sera adressée à la commune de Fontaines-sur-Saône.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026