jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2008606 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 30 novembre 2020 et 9 mai 2022, M. A D, Mme F B, M. I H, et Mme E G demandent au tribunal d'annuler la délibération du 28 septembre 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune de Tarare a approuvé la mise en copropriété d'un bâtiment situé 5 rue Vauzelle, la résiliation du bail à construction conclu sur cet immeuble et le principe de la conclusion d'un bail emphytéotique sur ce bien avec la société Immobilière Rhône-Alpes et autorisé le maire à signer les actes correspondants.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable et présentée devant un ordre de juridiction compétent pour en connaître ;
- la délibération attaquée n'a pas été précédée de l'avis du service des domaines prévu à l'article L. 2241-1 du code général des collectivités territoriales ;
- elle a été adoptée en méconnaissance du droit à l'information des élus ;
- elle autorise le maire à conclure un bail emphytéotique illicite qui relève d'une cession à titre gracieux contraire aux intérêts de la commune et peut être assimilé à une aide économique indirecte ;
- elle autorise un montage contractuel contraire au principe à valeur constitutionnelle d'universalité budgétaire ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la délibération du 18 novembre 2019 sur laquelle elle est fondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2021, la commune de Tarare, représentée par Me Saban, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de chaque requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la juridiction administrative n'est pas compétente pour se prononcer sur la légalité de la délibération du 28 septembre 2020 ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre un acte préparatoire ne faisant pas grief ;
- les moyens invoqués par les requérants sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public,
- les observations de M. I H, requérant,
- et les observations de Me Debaty pour la commune de Tarare.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Tarare souhaite acquérir un bâtiment situé 5 rue Vauzelle appartenant à la SCI Thivel, donné en location à la société Immobilière Rhône-Alpes (IRA) par un contrat de bail à construction conclu le 28 juillet 1993 pour une durée de quarante-cinq ans et dans lequel sont aménagés des logements sociaux et des salles utilisées par des associations. Par une délibération du 28 septembre 2020, le conseil municipal de la commune de Tarare a approuvé la résiliation du bail à construction ainsi que la création d'une copropriété et le principe de la conclusion d'un bail emphytéotique avec l'IRA sur ce même bâtiment. Les requérants, dont M. D est le représentant unique, demandent l'annulation de cette délibération.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :
2. Si la contestation par une personne privée de l'acte, délibération ou décision du maire, par lequel une commune ou son représentant, gestionnaire du domaine privé, initie avec cette personne, conduit ou termine une relation contractuelle dont l'objet est la valorisation ou la protection de ce domaine et qui n'affecte ni son périmètre ni sa consistance relève de la compétence du juge judiciaire, la juridiction administrative est compétente pour connaître de la demande formée par un tiers tendant à l'annulation de la délibération d'un conseil municipal autorisant la conclusion d'une convention ayant pour objet la mise à disposition d'une dépendance du domaine privé communal et de la décision du maire de la signer.
3. Il est constant que la commune de Tarare entend acquérir le bâtiment situé 5 rue Vauzelle en vue de l'intégrer à son domaine privé. La requête est présentée par des élus du conseil municipal de Tarare qui sont tiers aux relations contractuelles établies entre, d'une part, la commune de Tarare et, d'autre part, la SCI Thivel, vendeur, et l'IRA, titulaire du bail à construction et à terme d'un bail emphytéotique. Par suite et contrairement à ce qui est soutenu en défense, la juridiction administrative est compétente pour se prononcer sur la requête de M. D et autres.
Sur la fin de non-recevoir tirée du caractère préparatoire de la délibération attaquée :
4. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 18 novembre 2019, le conseil municipal de la commune de Tarare s'est prononcé sur le projet d'acquisition du bâtiment situé 5 rue Vauzelle pour un montant de 150 000 euros. Par la délibération attaquée du 28 septembre 2020, le conseil municipal s'est prononcé sur l'état d'avancement de la négociation, en particulier le remplacement du bail à construction par un bail emphytéotique et la création d'une copropriété. Enfin, par une délibération du 12 juillet 2021, le conseil municipal a approuvé l'état final du montage contractuel et le coût total de l'opération. Ainsi, la délibération du 28 septembre 2020, comme B du 18 novembre 2019, ne constitue qu'un acte préparatoire à l'opération immobilière adoptée par la délibération du 12 juillet 2021 et ne fait pas grief par elle-même. Seule la délibération du 12 juillet 2021, qui n'a pas eu pour effet de retirer les deux délibérations précédentes, a le caractère d'un acte faisant grief susceptible de recours. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont assisté à la séance du conseil municipal du 12 juillet 2021 au cours de laquelle cette dernière délibération a été adoptée si bien qu'il leur était loisible d'en demander l'annulation en cours d'instance afin de régulariser leur requête. Ne l'ayant pas fait en dépit de la fin de non-recevoir opposée en défense, leurs conclusions, qui sont uniquement présentées contre la délibération du 28 septembre 2020, sont irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens invoqués, que la requête doit être rejetée comme irrecevable.
Sur les frais du litige :
6. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune de Tarare au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Tarare sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, représentant unique des requérants, et à la commune de Tarare.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
Mme Conte, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La rapporteure,
C. C
La présidente,
C. Michel
La greffière
K. Schult
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026