jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2008686 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP JAKUBOWICZ & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er décembre 2020 et 31 mars 2022, Mme et M. F, M. et Mme D, M. et Mmes B, M. E et Mme A, la première nommée ayant qualité de représentant unique pour l'application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, représentés par la SCP Jakubowicz, Mallet-Guy et associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Vaulx-en-Velin du 26 juin 2020 portant non-opposition à la déclaration préalable de travaux de clôtures déposée par Mme C, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vaulx-en-Velin la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt pour agir, eu égard à la desserte de leurs propriétés ; les travaux impactent leurs conditions de circulation et ne permettent plus l'accès des véhicules de gros gabarit, notamment pour la collecte des ordures ménagères, ainsi qu'en atteste la métropole de Lyon ; la propriété de M. et Mme D jouxte le terrain d'assiette ;
- la décision de non-opposition à déclaration préalable méconnaît l'article 4.3.2 du règlement de la zone URi2 du plan local d'urbanisme et de l'habitat, au regard de la définition de la limite de référence dans la partie 1 du règlement ; la clôture autorisée empiète sur une partie importante du chemin du Pot Carron, prolongement de la voie publique, et ne marque pas la continuité de la rue ;
- elle contrevient à l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, la réduction de la voie au niveau du carrefour faisant obstacle à tout croisement de véhicules et à l'accès des véhicules de secours et de collecte des ordures ménagères ; elle induit une réduction de la visibilité sur la rue Georges Salendre, entraînant un risque pour la sécurité publique ; l'autorisation aurait dû, à minima, prévoir une prescription pour assurer un passage d'une largeur d'au moins 4,50 mètres.
Par des mémoires enregistrés les 18 février 2021 et 29 août 2022, Mme C, représentée par Me Depenau, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, les requérants ne justifiant pas d'un intérêt pour agir ; aucun n'est voisin immédiat du terrain d'assiette à l'exception de M. et Mme D, dont la propriété est desservie par l'impasse Frédéric Chopin ; le projet n'a aucune incidence sur les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens, alors que le chemin du Pot Carron ne constitue pas l'accès du lotissement où leurs maisons d'habitation se situent ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés les 31 mars et 12 septembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Vaulx-en-Velin, représentée par la SELAS Adaltys Affaires Publiques, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérants, dont les propriétés sont éloignées du projet ; eu égard à la nature limitée des travaux autorisés, celui-ci ne porte pas atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens ; l'accès au lotissement se fait par l'impasse Frédéric Chopin, suffisamment dimensionnée pour permettre l'accès des poids-lourds et des véhicules de lutte contre l'incendie ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 28 avril 2022, M. E et Mme A se désistent de l'instance et demandent au tribunal d'en donner acte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G,
- les conclusions de Mme Monteiro, rapporteure publique,
- les observations de Me Grisel, pour les requérants,
- les observations de Me Saint-Lager, pour la commune de Vaulx-en-Velin,
- et les observations de Me Depenau, pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a déposé le 20 février 2020 en mairie de Vaulx-en-Velin une déclaration préalable en vue de réaliser des travaux de clôture sur les limites de sa propriété située chemin du Pot Carron. Par arrêté du 26 juin 2020, le maire de la commune ne s'y est pas opposé. M. et Mme F, M. et Mme D, M. et Mmes B, M. E et Mme A en demandent l'annulation, ainsi que de la décision implicite ayant rejeté leur recours gracieux notifié le 31 juillet 2020.
Sur le désistement partiel :
2. Par un mémoire enregistré le 28 avril 2022, M. E et Mme A déclarent se désister de leurs conclusions à fin d'annulation et présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la fin de non-recevoir opposée par les parties en défense :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Les requérants font valoir que les travaux modifient les conditions de circulation sur le chemin du Pot Carron qui dessert leurs habitations en raison de l'impossibilité de circuler, notamment pour les véhicules longs et larges, sur l'impasse Frédéric Chopin du fait de sa configuration, avec un passage étroit et un virage à angle droit. Il ressort des pièces du dossier que les propriétés des requérants sont implantées dans le lotissement B, autorisé en 1979, qui borde l'impasse Frédéric Chopin sur laquelle se situent leurs accès, y compris s'agissant des époux D, dont le jardin jouxte le terrain d'assiette du projet en litige. Toutefois, contrairement à ce qu'ils soutiennent, il n'apparaît pas, eu égard aux photographies versées aux débats par les parties, que cette impasse ferait obstacle à la circulation des véhicules de lutte contre l'incendie et de secours, alors que la borne à incendie dédiée au lotissement se trouve le long de cette voie, à quelques mètres des maisons d'habitation des requérants, ni à celle des véhicules de gros gabarit, en particulier des véhicules utilitaires. S'ils soutiennent que le camion de collecte des ordures ménagères ne peut emprunter cette impasse, ni le chemin du Pot Carron depuis la réalisation des travaux contestés, en se référant à un courriel de la métropole de Lyon du 25 mai 2021, il n'est pas contesté que le ramassage des bacs à ordures ménagères du lotissement s'effectue au terme de l'impasse Frédéric Chopin. D'ailleurs, le Chemin du Pot Carron, également signalé comme voie en impasse, a été fermé à toute circulation pendant plusieurs mois afin de lutter contre le stationnement sauvage, ainsi qu'en atteste un constat d'huissier réalisé le 6 juillet 2020 montrant un chemin obstrué par une chaîne et non entretenu. En outre, le passage entre les deux impasses, également marqué par un virage à angle droit, a été clos d'un portail. Dans ces conditions, les requérants ne démontrent pas que les travaux de clôtures autorisés, réalisés sur les limites de la propriété de Mme C, affecteraient les conditions d'utilisation ou de jouissance de leurs biens. Ils ne justifient pas ainsi d'un intérêt pour agir à l'encontre de la décision de non opposition à déclaration préalable du 26 juin 2020. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par les parties en défense doit être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme et M. F, M. et Mme D ainsi que M. et Mmes B ne sont pas recevables à demander l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2020 du maire de Vaulx-en-Velin. Leurs conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Vaulx-en-Velin, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par les requérants. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de Mme et M. F, M. et Mme D et M. et Mmes B, la somme globale de 1 400 euros à chacune des parties en défense en application de ces mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions à fin d'annulation et présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par M. E et Mme A.
Article 2 : La requête de Mme F et autres est rejetée.
Article 3 : Mme et M. F, M. et Mme D et M. et Mmes B verseront à la commune de Vaulx-en-Velin et à Mme C la somme globale de 1 400 euros chacune, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F, en qualité de représentante unique, à Mme C et à la commune de Vaulx-en-Velin.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
La rapporteure,
K. G
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026